Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

verdier

  • De voix de maître

    Riboulet amant morts.jpgL’Amant des morts
    Mathieu Riboulet

    Verdier, 2008

    (par Joannic Arnoi)

    Mathieu Riboulet est un écrivain frugal. Ses récits se tiennent souvent à la centaine de pages. À rebours d’une littérature romanesque composant de vastes tableaux, leur trame évoque un voile que l’on relève sur un infime fragment du monde.
    L’Amant des morts ne déroge pas à la règle, même si davantage qu’auparavant l’auteur élargit la focale pour embrasser un sentiment nouveau : l’Histoire — qu’il côtoie ou qu’il accompagne plutôt qu’il ne l’embrasse.

    Au centre, un personnage, Jérôme Alleyrat, que la narration suit avec une fidélité à peu près chronologique, mais en se tenant en léger retrait, de telle sorte que persistera toujours une certaine opacité.

    Lire la suite

  • Brûlante commande

    fhernandez3.jpgLa partition
    Felipe Hernandez
    Traduit de l’espagnol par Dominique Blanc
    Verdier, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

    « Si quelqu’un avait assez de clairvoyance et de talent pour appréhender le rythme d’un être et le transformer en harmonie, il transformerait cet être en musique, de telle sorte que si un aveugle entendait cette musique il pourrait voir parfaitement l’image de cet être réel devant lui».

    Pour Nubla, homme étrange et personnalité du monde musical local, cette hypothèse est devenue un but obsessionnel. Il engage donc José Medir, jeune compositeur plein d’avenir mais vivant chichement de leçons de piano, pour donner corps à cette utopie censée défier la mort.

    Lire la suite

  • Quand l'Histoire se fait roman avorté

    claudeperez3.jpgConservateur des Dangalys
    Claude Pérez
    Verdier, 2004

    (par B. Longre)

     

    Véritable récit-valise, Conservateur des Dangalys rassemble, sous la houlette d’Etienne, narrateur de son état, des histoires emboîtées dont le déroulement, les allers-retours et les petits « excursus » jouent sur la patience du lecteur, paradoxalement séduit. « Ça vous déplaît ? Je ne vous retiens pas. » lâche Etienne. Est-ce vraiment un roman qu’il écrit (le sous-titre se veut neutre, annonçant « récit ») ? A cette question, posée en toute innocence par Héloïse, l’une de ses conquêtes, il réplique : « Ah ! mais pas du tout ! rien que du véridique ! des faits avérés ! une enquête ! » Double, voire triple enquête, qui nous mène des Dangalys à Londres, en passant par Courçon, Cachette ou Episcopi… Mais pour comprendre ce qui se cache sous ces noms de lieux, le lecteur doit d’abord accepter d’entrer dans les souvenirs – rafistolés ou non – dans le quotidien – raconté avec drôlerie - et dans les recherches historiques – embellies, imaginées ou non - d’Etienne, conservateur d’un petit musée dédié à la mémoire de Charles-Aimé : qui est véritablement ce Charles-Aimé qui fascine Etienne ? Son statut de personnage historique est-il réel ou bien lui est-il uniquement octroyé par ce conservateur original ? Héritier-imposteur d’un petit domaine de province (il y a environ cent cinquante ans, nous dit-on), pris dans la tourmente d’événements politiques qu’il n’a jamais maîtrisés, il a peu vécu aux Dangalys, « berceau d’une dynastie » qu'Etienne à maintenant la mission de sauvegarder et de faire visiter ; mais sous la plume élégante et très imagée d’Etienne, la demeure et ses anciens occupants semblent plutôt refléter la décadence d’une noblesse à jamais disparue.

    Lire la suite

  • Projet anti-littéraire

    chalamov1.gifVichéra, antiroman
    Traduit du russe par Sophie Benech
    Verdier
    , septembre 2000 (Collection  Slovo)

    (par Mireille Hilsum)

    Le livre que viennent de publier les éditions Verdier se compose de dix-neuf récits, rédigés entre 1961 et 1970. Varlam Chalamov (1907-1982) y raconte les neuf années qui ont suivi sa première arrestation pour avoir, alors qu'il était étudiant, diffusé le testament de Lénine.
    Le recueil s'ouvre sur un premier texte, " La prison des Boutyrki (1929) " et se clôt sur un dernier dont change seulement la date : " la prison des Boutyrki (1937)". Sobriété des titres, sobriété du style. Entre les deux, l'homme a changé. Le livre nous mène d'une arrestation en 1929 à l'autre en 1937, d'une déportation (à Vichéra, elle fait l'objet de ce livre) à l'autre (à la Kolyma dont les récits ont paru pour la première fois en français, chez Maspero en 1982).

    Lire la suite