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  • Intelligence et Amour de Pierre Leroux

    9782351220542.jpgPierre Leroux, Penseur de l'humanité

    Bruno Viard

    Sulliver, 2009

    (par Frédéric Saenen)

     

    Dans une étude consacrée en 1973 aux précurseurs de Marx, Jacqueline Russ expédiait en moins de quatre pages le cas de Pierre Leroux (1797-1871), qu’elle classait parmi les dissidents du saint-simonisme et, plus généralement, dans le panthéon sans visiteurs du « socialisme romantique ». Elle s’attelait surtout à montrer que les composantes essentielles de la réflexion de Leroux étaient un mélange de « messianisme de l’humanité souffrante et de pensée néo-sociale chrétienne ». Bruno Viard, professeur de littérature à l’Université de Provence, estime quant à lui que l’auteur de Malthus et les économistes (1846) mérite une pleine réhabilitation intellectuelle, et n’hésite pas à le hisser au rang des penseurs français majeurs du XIXe siècle.

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  • Entretien avec Thierry Galibert sur Artaud

    bestialite.jpgLa Bestialité

    Thierry Galibert

    Sulliver, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    Thierry Galibert a signé en juin 2008 un essai aussi vaste qu’exigeant sur le thème de la bestialité tel qu’on le rencontre dans la modernité occidentale, et ce à travers le prisme de l’œuvre d’Antonin Artaud. La majorité de la critique, découragée sans doute par les quelque 500 pages serrées de cet ouvrage, semble avoir préféré le passer sous silence. Or, le travail de ce professeur de littérature française à l’université d’Aix-Marseille mérite considération. Il offre en effet des perspectives étonnamment fécondes à propos de sujets que l’on croyait entendus depuis longtemps, des plus particuliers (l’évolution personnelle d’Artaud) aux plus généraux (l’histoire du surréalisme, les idéologies totalitaires, les rapports entre aliénation et création, etc.)

     

    À aucun moment pourtant, l’érudition n’apparaît forcée, car Thierry Galibert possède un atout précieux, garant de son crédit : il maîtrise à fond sa matière. Rares sans doute sont les spécialistes patentés d’Artaud qui excellent à citer l’épistolier, le dramaturge, le poète ou l’essayiste avec autant d’aisance, et prouvent de la sorte qu’ils ne méconnaissent aucun recoin de cet esprit tourmenté et déroutant. La démonstration, si ardue soit-elle, finit donc par emporter la conviction. Artaud disait « Définir une vérité, c’est la tuer. ». Nous n’aurons ni cette prétention ni cette cruauté. Voilà pourquoi, plutôt que de résumer pesamment – ou pire : dénaturer – le propos de l’auteur, nous avons préféré lui laisser la parole, dans le cadre de l’entretien qu’on va lire…

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  • Déshumain, trop déshumain…

    ortega.jpgLa Déshumanisation de l'art

    José Ortega y Gasset

    Traduit de l’espagnol par Paul Aubert et Ève Giustiniani

    Sulliver, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    En 1925, José Ortega y Gasset n’est pas encore l’auteur de l’ouvrage qui fera de lui une figure majeure de la pensée européenne, La Révolte des masses. Il a cependant signé des articles nombreux et variés, publiés principalement dans la Revista de Occidente qu’il a fondée deux ans plus tôt. Cette revue de critique, qui ne répugnait pas à ouvrir ses pages aux avant-gardes, eut un rayonnement et une influence durables sur la génération des années 20-30. Elle accueillera les plus éminents intellectuels de l’époque, en matière de poésie, de littérature, de science ou d’esthétique.

     

    C’est de ce dernier sujet que traite d’ailleurs l’essai La Déshumanisation de l’art. Un texte qui interroge, aujourd’hui encore, les tenants et les aboutissants de l’art moderne et dans lequel Ortega tente d’ébaucher quelques pistes de compréhension claires quant à l’évolution des formes patente depuis la fin du XIXe siècle.

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