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23/10/2008

Métamorphoses poétiques

L59240.jpgFleur bleue
Flynn Maria Bergmann
Navarino Editions, 2008

(par Jean-Pierre Longre)

Si l’écriture est une recherche, il semble que pour Flynn Maria Bergmann, comme pour Novalis dans Heinrich von Ofterdingen ou pour Raymond Queneau dans plusieurs de ses romans, ce soit la recherche d’un idéal que tous trois (et accessoirement quelques autres) nomment « fleur bleue ». Et si écrire veut dire quelque chose (car « avant le verbe », le signe, le singe et l’herbe il y avait « l’eau » qui « ne voulait rien dire »), il semble que ce soit ce que les poètes ont toujours voulu exprimer, mais avec des mots, des vers, des phrases, des strophes bien à eux.

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18/07/2008

Kaléidoscope

ptesta3.jpgFar West / Extrême-Orient
Philippe Testa

éditions Navarino

 

(par B. Longre)

 

« Les aéroports sont des sas d’accès au monde, les points de départ des routes aériennes. C’est là que le voyage commence et que l’attention s’éveille. »

Ces quelques mots ouvrent un carnet de voyage atypique et fragmenté, des USA au Vietnam en passant par le Japon, mais les saynètes à la fois dépaysantes et triviales qui le composent pourraient se dérouler, semble-t-il, dans une multitude d’endroits différents. L’auteur s’empare ici d’un matériau vivant (on rencontre en effet peu de passages sans présence humaine en leur centre) mais la plupart du temps, il s’efface devant les scènes décrites sur un ton laconique, minutieusement, cédant la place aux personnages, à des parcelles d’humanité qui, accumulées, forment un kaléidoscope déroutant et d’une grande justesse, des instantanés de la banalité ordinaire qui ne durent parfois que quelques secondes et possèdent une qualité quasiment cinématographique.

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28/09/2004

Une écriture du vrai

kristof3.jpgL’analphabète

Agota Kristof - récit autobiographique
Editions Zoé, 2004

 

(par Jean-Pierre Longre)

Dans Le grand cahier, premier volume de sa trilogie romanesque composée aussi de La preuve et Le troisième mensonge, Agota Kristof fait écrire aux deux jumeaux, narrateurs et protagonistes se donnant à eux-mêmes des leçons de « composition » : « Pour décider si c’est "Bien" ou "Pas bien", nous avons une règle très simple : la composition doit être vraie. Nous devons décrire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous faisons ». Et quelques lignes plus loin : « Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues, il vaut mieux éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c’est-à-dire à la description fidèle des faits ».

Dans L’analphabète, Agota Kristof semble appliquer à son écriture autobiographique les règles qu’elle a imposées à ses personnages fictifs : tout y est « vrai », c’est-à-dire, à coup sûr, conforme à la réalité telle que la mémoire peut la restituer, mais aussi indemne de toutes les déformations que l’expression de la sensibilité personnelle et de l’autoanalyse provoquent généralement dans le jeu des souvenirs.

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