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shakespeare

  • Shakespeare exhaustif

    Cymbeline.jpgCymbeline
    William Shakespeare
    Mise en scène de Bernard Sobel et Sophie Vignaux
    ENSATT, 68ème promotion
    Du 16 au 27 février 2009

    (par Nicolas Cavaillès)


    C’est sur une longue scène étroite aux teintes d’or et de terre, divisant le public, que s’étend la longue trame rocambolesque, de long texte tissue, de Cymbeline dans la mise en scène de Bernard Sobel et de Sophie Vignaux. À rebondissements, la trame sait s’amuser de son exubérance dramatique, et s’offrir de joyeux coups d’accélérateur (à défaut d’autres astuces de mise en scène) : il faut parfois que les têtes tombent vite, ou que les dénouements heureux hâtent leurs vertigineux délires trop beaux pour être vrais (G.B. Shaw réécrivit ainsi la curieuse fin de la pièce dans Cymbeline refinished, en 1936, pour en corriger le « burlesque assez ridicule »).

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  • Notre chaos politique

    coriolan.jpgCoriolan
    William Shakespeare
    Mise en scène de Christian Schiaretti

    Créée en novembre 2006 au TNP, Villeurbanne

    Reprise de la pièce en novembre-décembre 2008 au Théâtre Nanterre-Amandiers.
    Cycle de débats, conférences, projections et lecture : “La fin de la démocratie ?” Autour de Coriolan (Shakespeare/Schiaretti) - Un contrechamp conçu et animé par Gérald Garutti ; les lundi 8 et mercredi 10 décembre 2008 de 14h à 19h30 à la Cité Internationale Universitaire de Paris (Collège Franco-Britannique), le samedi 13 décembre de 13h à 18h au Théâtre Nanterre-Amandiers.

    (par Nicolas Cavaillès)

    Drame politique d’une stimulante complexité, Coriolan montre l’ascension puis les revers d’un guerrier invincible et inflexible, Caïus Martius Coriolan, héros trouble que Shakespeare oppose à un peuple et à une classe politique et aristocratique non moins troubles. C’est Wladimir Yurdanoff, égal dans l’excellence, qui profère la rage de Coriolan, au centre d’une impressionnante distribution, Christian Schiaretti rassemblant 30 comédiens, et non des moins connus (on retrouve ainsi Roland Bertin, Nada Strancar), pour son Coriolan résolument grand spectacle. Mise en scène épique et souple de la lutte des classes, dans un vif souci du texte, baigné de pénombres colorées comme les affectionne Schiaretti, ce Coriolan a le rare mérite de détourner le théâtre de lui-même et de son nombril de vendu, pour le diriger vers le public et vers le monde réel ; et la pièce de Shakespeare, tableau vertigineux, chaotique, de l’organisation politique du monde, épouse à merveille cette cause, tant la portée de ce drame latin dépasse largement le cadre de la décadence romaine, et s’offre de plain-pied avec la décadence contemporaine.

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  • Henry Stein et Gertrude James

    gstein.jpgHenry James

    de Gertrude Stein

    précédé de Shakespeare par Henry James

    traduit de l’anglais par Jean Pavans

    Phébus, Libretto, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

    Ceux qui restent convaincus que la littérature demeure le territoire des rencontres improbables recevront avec bonheur ce Libretto où se mêlent les voix des rhapsodes Henry James et Gertrude Stein. Étonnante percussion en effet que celle résonnant entre l’introduction à La Tempête de Shakespeare rédigée par James en 1907 et l’essai halluciné que, en 1933, l’avant-gardiste américaine consacra à l’auteur du Tour d’écrou. La sinueuse limpidité d’une part ; un art consommé de la digression et de la transgression de l’autre se répondent finalement en un hymne dual à la création. Il serait déshonnête de prétendre que le propos est accessible au commun des lecteurs, car ces pages sont d’une densité rare, qui confine parfois à l’hermétisme. La présentation de Jean Pavans (le traducteur de l’ensemble) en livre cependant une clef essentielle, quand il explique en quoi Stein voyait en James « le plus ancien écrivain du monde »…

  • Biographie et génie

    v_book_49.jpgShakespeare. La biographie
    Peter Ackroyd
    Traduit de l’anglais par Bernard Turle
    Philippe Rey, 2006

    (par Anne-Marie Mercier)

    Bien plus qu’une biographie, ce livre propose à la fois les données les plus récentes de la recherche shakespearienne, un portrait précis et documenté sur la vie à Stratford et à Londres sous Elisabeth 1e et Jacques II, une description de la vie théâtrale du temps et enfin une analyse des conditions de création de ses pièces et de l’origine de ce qu’on nomme le « génie » d’un grand artiste. Ce pari déjà ambitieux est accompagné par un grand souci de lisibilité. Des chapitres très courts organisent le texte d’une façon qui n’est pas totalement chronologique et proposent des éclairages sur des points précis, qui peuvent être sociologiques, littéraires, purement historiques, psychologiques, etc. La traduction est belle et précise (seul reproche : que les vers de Shakespeare cités en français ne soient pas toujours donnés aussi dans la langue originale).

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