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sade

  • Contre Dieu, tout contre...

    sade.jpgLa Religion de Sade

    Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

    Éditions de l'atelier, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    Dans le sillage de Sade moraliste, publié chez Droz en 2005, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer poursuit son exploration de l’œuvre de Sade et la déconstruction du mythe dont elle s’est nimbée au fil des temps.

    Que n’a-t-on déjà écrit à propos de l’athéisme forcené dont fit étalage le Divin Marquis tout au long de son existence ? Ses romans constituent sans doute l’un des plus longs blasphèmes jamais proféré dans l’histoire de la littérature. Jeangène Vilmer a examiné de plus près cette image d’Épinal du libertin injuriant, poing au ciel et bave aux lèvres, son soi-disant Créateur. Et sa conclusion réserve une surprise : Sade s’oppose finalement moins à la religion qu’il ne s’y arc-boute, afin d’en livrer une critique certes puissante, mais informée et, à certains égards même, tolérante !

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  • Sade et dieu

    sadedieu.jpgDiscours contre Dieu
    Sade
    préface d'Aymeric Monville

    Ed. Aden 2008

     

     

    (par B. Longre)

     

    Cette compilation d’extraits de l’œuvre sadienne regroupe les textes athées de l’auteur, tirés des romans - en particulier de La Nouvelle Justine - où la « chimère d’un dieu », dont l’existence est impossible à prouver, revient sans cesse, comme l’un des fondamentaux de la pensée de l’auteur : une philosophie rationnelle (l’athéisme étant un «combat pour la rationalité », comme le rappelle le préfacier) et matérialiste (la nature étant « matière en action », Discours de Dolmancé, dans La Philosophie dans le boudoir) que Sade construit avec cohérence au fil de ses écrits argumentés, de réfutations en virulentes démonstrations qui n’ont rien perdu de leur impact, comme en témoigne cette exhortation à la raison : « Faibles et absurdes mortels qu’aveuglent l’erreur et le fanatisme, revenez des dangereuses illusions où vous plongent la superstition tonsurée, réfléchissez au puissant intérêt qu’elle a de vous offrir un Dieu, au crédit puissant que de tels mensonges lui donnent sur vos biens et vos esprits, et vous verrez que de tels fripons ne devaient annoncer qu’une chimère… » (Fantômes).

     

    Dans la même collection, vient de paraître Jean Meslier, curé et fondateur de l’athéisme révolutionnaire, Introduction au mesliérisme - extraits de son œuvre présentés par Serge Deruette.

     

    http://atheles.org/aden/

  • Une pédagogie de l’effroi

    sademoraliste3.jpgSade moraliste
    Le dévoilement de la pensée sadienne à la lumière de la réforme pénale au XVIIIe siècle
    Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
    Éditions Droz, Collection « Bibliothèque des Lumières », Volume 66, Genève, 2005

     

    (par Frédéric Saenen)

     


    Depuis plus d’un demi siècle, les études sadiennes psalmodiaient la même litanie au sujet du Divin Marquis : l’indiscutable vérité de cette œuvre était à chercher du côté du Mal absolu, incarné aussi bien par une vaste galerie de figures incorrigiblement licencieuses et blasphématrices, que par leur créateur lui-même, qui fut emprisonné ou interné près des deux tiers de son existence pour délits de mœurs. De Sollers à Barthes, de Klossowski à Pauvert (premier éditeur de Sade digne de ce nom), de Blanchot à une kyrielle d’universitaires en mal de frissons et de références sulfureuses, un véritable « mythe Sade » s’est forgé, basé sur une approche uniquement littéraire de critiques jaloux des prérogatives de leur interprétation.

    Et voici qu’un essai, réécriture d’une thèse soutenue il y a quelques années en Sorbonne devant Maurice Lever (une autorité en la matière), vient bouleverser les perspectives et démultiplier les pistes de lecture de l’interdit et de « l’inter-dit » sadiens. En effet, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer relève le défi de décrypter toute la production de Sade, en se fondant aussi bien sur ses proses les plus scandaleuses (les versions successives de Justine et de Juliette, les 120 journées, etc.) que sur sa très abondante correspondance, ses textes les moins lus, ses brouillons et enfin son théâtre, tenu pour ennuyeux.

     

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