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quidam

  • Désirée, née posthume

    DesireG.jpgDésirée
    Marie Frering
    Quidam éditeur, 2008

     

    (par Romain Verger)

     

    Collaboratrice de longue date de la revue La Main de singe où elle a fait paraître ses premiers textes, Marie Frering signe son premier roman chez Quidam. Un récit bref et dense, composé de fragments, comme autant d’ébauches de cette enfant éponyme, saisies du dedans comme du dehors. Orpheline de père et de mère, Désirée est élevée par Nami et Pelam, ses tante et oncle. Une écriture qui épouse les replis intérieurs, zones de retrait et de compensations oniriques que s’est inventée la petite fille pour dire l’absence et la surmonter.

    Désirée, marquée au fer blanc de la coupure, de la séparation, liée presque ombilicalement à ce centre absent, à ce manque d’assise et de fondement, qu’elle entretient et questionne intérieurement et quotidiennement en assistant Nami, marchande en coutellerie et taillanderie sur les marchés. Petite bonimenteuse chantant les mérites des lames familiales et de leur tranchant sans égal. Née sous le signe de la blessure (son « visage écarlate du nouveau-né » labouré de « coups de griffes acérés »), elle trouve dans le mal son remède, par le besoin de se frotter à ce qui coupe et taille pour rapiécer les morceaux de son roman familial, n’hésitant pas à broder, ravaudant trous et lacunes, les mailles manquantes de son histoire et de sa préhistoire. « On peut coudre ensemble des pans de montagne mais si la couture est mal faite, il y aura un jour une avalanche. »

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