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  • Abrutissement généralisé

    debris.jpgDébris

    Dennis Kelly

    traduit de l’anglais par  Philippe Le Moine et Pauline Sales

    Editions théâtrales, Culturesfrance, collection Traits d'union, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    « Pauvre maman. Elle n’avait pas compris que les gens dans le poste ne sont pas réels, ce n’est qu’un écran magique, les mots ne sont plus qu’une collection chaque jour plus abstraite de sons dans les airs. La réalité était bel et bien dans son ventre, la réalité grandissait là, c’était moi la réalité. Une enfant-plante suçant la mort par sa langue-pomme de terre – c’était ça la réalité. »

     

    Texte saisissant, Débris traite de la déliquescence familiale, sociale et humaine et examine avec acuité la manière dont les rapports (de force ou d'amour) entre les générations évoluent, corrompus par l’incommunicabilité, elle-même engendrée par la télévision, omniprésente : un mal déréalisant qui provoque une perte des repères, du sens et pire encore. Il s’agit là d’un théâtre essentiellement allégorique, où l’horreur des situations exposées sert avant tout à mettre l’accent sur les dysfonctionnements qui agitent les rapports humains, en particulier la relation parent-enfant.

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  • Neuf regards

    regards9.jpgRegards-9
    Lansman éditeur, 2008

     

    (par Jean-Pierre Tusseau)

     

    A l’occasion des fêtes du 400e anniversaire de la fondation de Québec, neuf auteurs ont été invités à s’imprégner de la ville et à s’en inspirer pour écrire une courte pièce de théâtre, représentée en mars 2008 dans un spectacle créé pour la circonstance par le Théâtre Niveau Parking en collaboration avec le Théâtre de la Bordée.[1]

    Si la majorité des auteurs sont québécois, Marc Prescott vient des grandes plaines du Manitoba et Koffi Kwahulé de Côte d’Ivoire. Le résultat est surprenant tant les pièces sont différentes par le sujet comme par le ton.

    La première, « L’encre bleue », signée Marie Brassard, proche du monologue un peu nostalgique, évoque la transformation d’un quartier populaire en quartier de restaurants exotiques « qui ressemblent à tous les nouveaux restaurants de toutes les villes du monde ». D’autres auteurs comme Jean-Marc Dalpé et Koffi Kwahulé, dans des dialogues très vifs, abordent des problèmes relationnels de couples. Le dernier texte, époustouflant, de Marc Prescott, fait vivre sur un rythme endiablé ces « rencontres rapides », orchestrées par un meneur de jeu, et au cours desquelles un célibataire dispose de trois minutes pour tenter de séduire sa partenaire et réciproquement.

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  • Songes d’une nuit d’été

    peca.jpgThe sunshine play

    Peca Stefan

    Traduit du roumain par Fanny Chartres
    Editions Théâtrales, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Sur un toit brûlant de Bucarest, par une belle nuit de juillet, trois jeunes gens confrontent leurs désirs, leurs doutes, leurs colères, leurs déceptions, leurs espoirs… Il y a là Iza la Roumaine, Trifon le Bulgare et Dan le Roumain, de retour de Colombie après un mariage raté. L’amour et la séparation sont au cœur de leurs dialogues, qui se déroulent tantôt en roumain (et en traduction française pour la présente édition) tantôt en anglais (lorsque Roumains et Bulgare veulent s’entendre mutuellement…) : stéréotype de l’internationalisme linguistique ? En tout cas, on sent bien que ces trentenaires venus d’horizons différents ont des élans similaires, soutenus par les mêmes rêves d’autres choses et d’autres lieux.

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  • Une histoire à la Prévert

    scotton.jpgLe Ventre de la baleine.

    Stanislas Cotton

    Théâtre, Lansman éditeur, 2008

     

    (par Annie Forest Abou-Mansour)

     

    Le Ventre de la Baleine de Stanilas Cotton est un soliloque de trente neuf pages, privé de ponctuation, hésitant entre le théâtre et la poésie. Ce texte débordant  de modernité et de fantaisie linguistique donne à entendre une histoire à la Prévert, celle d’Aphrodite, une femme banale, malgré son prénom : « Oui je suis une idiote Une imbécile Une souillon Bonne à rien », une déesse de l’amour paradoxalement mal aimée : « Pourquoi un si gentil Un ami Un amant Pourquoi mutent ses mains douces en mains dures ».

    Cette histoire ordinaire n’exclut cependant pas la poésie de l’écriture, la hardiesse des jeux de langage, les clins d’œil complices.  Le narrateur transforme le langage, opère des substitutions surprenantes en inversant les expressions : « Moi l’envolée au volant de ma vie l’embardement hors de l’alignement des jours ».

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  • Père et fils

    dkeene.jpgL’apprenti
    Daniel Keene
    Editions Théâtrales jeunesse, 2008

     

    (par Madeline Roth)

     

    Julien aborde Pascal à la terrasse d’un café. L’homme est d’abord étonné de ce petit garçon qui semble le connaître. Julien habite en face, et il observe Pascal depuis longtemps. Aujourd’hui il l’aborde et il a une drôle d’idée en tête. Pour Julien, chacun devrait avoir la possibilité de choisir son père.
    La pièce se déroule en treize scènes, sur une année. D’un mois d’avril à l’autre, la relation étrange qui se noue entre l’adulte et l’enfant bouge, se tord, et dans leurs discussions, Pascal et Julien questionnent le monde. L’apprenti est une pièce très courte qui convoque énormément de choses. Dans ses « Notes pour la mise en scène » (L’apprenti a notamment été joué lors du festival Off d’Avignon 2008), Daniel Keene précise qu’on « ne devra en aucun cas essayer de créer un environnement réaliste ». Il y a des choses universelles – la famille, le lien, l’amour – qui ne se donnent peut-être que dans le dénuement ou le vide autour. Devant l’amour de Julien, Pascal est forcé d’interroger ce qui le lie lui à son père. Non, on ne choisit pas sa famille, mais l’amour peut changer des choses, celles-là même qu’on croyait figées l’instant d’avant.

     

    L'éditeur

  • Dire non à la guerre

    lysis.jpgLysistrata, d'Aristophane
    Traduit du grec par Raphaël Meltz et Laetitia Bianchi
    Arléa, 2003

    (par B. Longre)

    Une traduction vivifiante, au service d'un texte résolument moderne et populaire.

    La pièce est de circonstance (justement, le 3 mars dernier, une lecture universelle s'est déroulée dans tous les coins du monde, 1031 lectures dans 59 pays...) et l'on sait que la préoccupation essentielle d'Aristophane concernait la guerre et la paix ; cette comédie est jouée pour la première fois en 411, durant la guerre du Péloponnèse (les Athéniens et les Spartiates s'affrontaient depuis vingt ans) et peut être considérée, au-delà du genre comique, comme une tentative d'enfin vivre en paix.

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  • Mère Courage en Espagne

    chava1.gifChava
    François Martinez
    L'Harmattan, 2002
    (Théâtre des 5 continents

    (par B. Longre)

    La guerre d'Espagne vient de s'achever, les républicains sont vaincus ; Chava la Sèche est chassée de son village pour avoir hébergé son gendre républicain, le père de Petit-fils. Sa fille est en prison, ou a été fusillée, et Chava erre sur les routes avec l'orphelin, un garçon obstiné, qui refuse de croire à la mort de ses parents. Mais sa grand-mère a les pieds sur terre et estime que l'on n'a pas le droit de s'appesantir sur le passé lorsqu'il faut survivre, et toujours, elle va de l'avant, mendiant ou volant, parfois ; selon elle, "L'Espagne n'est plus qu'un pays de mendigots" et il faut se battre pour ne pas se faire traiter de bohémiens...

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