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17/04/2009

Intelligence et Amour de Pierre Leroux

9782351220542.jpgPierre Leroux, Penseur de l'humanité

Bruno Viard

Sulliver, 2009

(par Frédéric Saenen)

 

Dans une étude consacrée en 1973 aux précurseurs de Marx, Jacqueline Russ expédiait en moins de quatre pages le cas de Pierre Leroux (1797-1871), qu’elle classait parmi les dissidents du saint-simonisme et, plus généralement, dans le panthéon sans visiteurs du « socialisme romantique ». Elle s’attelait surtout à montrer que les composantes essentielles de la réflexion de Leroux étaient un mélange de « messianisme de l’humanité souffrante et de pensée néo-sociale chrétienne ». Bruno Viard, professeur de littérature à l’Université de Provence, estime quant à lui que l’auteur de Malthus et les économistes (1846) mérite une pleine réhabilitation intellectuelle, et n’hésite pas à le hisser au rang des penseurs français majeurs du XIXe siècle.

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05/03/2009

Du terrorisme en dissertation

rubon9064.jpgLes Justes
Albert Camus
Mise en scène de Guy Pierre Couleau

Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon
Du 4 au 13 mars 2009
(Suivi des Mains sales de Sartre, du 18 au 27 mars)

(par Nicolas Cavaillès)

On connaît les défauts du texte de Camus, écolier disserteur enthousiaste, au goût prononcé pour la formule journalistique (question d’époque), encadrant ses débats dans une trame particulièrement efficace : cinq « socialistes révolutionnaires » russes organisent au nom de la Justice sociale la mort d’un nanti, grand-duc de son état. Ces cinq Justes dépourvus d’ambiguïté, hélas, «  disent tout ce qu’ils pensent, et pensent tout ce qu’ils disent » (pour paraphraser Lessing), ce qui, chez le spectateur, laisse peu de place pour l’incertitude et pour sa précarité, autrement féconde. On ne connaît que trop le sérieux philosophique de l’auteur de La Chute, aussi généreux que laborieux, et ses bonnes intentions cousues de morale blanche. Demeurent de belles images littéraires, un lyrisme qui ne vieillit pas si mal, une réelle vivacité des ébats, et (pour en venir enfin au théâtre) les efforts des comédiens pour éviter que le tout ne tourne au clash artificiel de lycéens apprentis révolutionnaires. Efforts généralement récompensés, du reste, tant le succès de l’œuvre de Camus résiste bien aux années – quand il ne se continue pas dans le succès d’un Wajdi Mouawad, par exemple.

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07/04/2008

Une vie pour la démocratie

benazir bhutto autobio.jpgFille de l’orient

Benazir Bhutto

Autobiographie traduite de l’anglais par Simone Lamblin et Isabelle Taudière

Editions Héloïse d’Ormesson, janvier 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

L’autobiographie de Benazir Bhutto devait à l’origine être sous-titrée « Demain la liberté ! », le sort en a décidé autrement puisque son auteur est tuée dans un attentat quelques semaines à peine avant la date de sortie prévue, en décembre 2007, et l’éditeur a substitué à la mention initiale le sous-titre « une vie pour la démocratie ».

 

Cette volumineuse réédition est très détaillée jusqu’en 1988, date de première édition (avant que l’auteur ne soit premier ministre). Elle propose quelques ajouts : le prologue et le dernier chapitre, qui résument les années 1988-2007, dont on peut regretter qu’elles ne soient par conséquent que peu développées par rapport à ce qui précède.

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