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02/12/2008

Un autre tout petit monde

affaire.jpgL’Affaire Karen

Mañas José Angel

traduction de l’espagnol par Jean-François Carcelen et Jean Vila - Éditions Métailié, 2008

 

(par Samia Hammami)

 

Karen del Korad est une belle trentenaire très dynamique au charme de qui les représentants de la gent masculine succombent automatiquement. Avec un premier roman à succès, cette séductrice à l’esprit vif a rapidement trouvé son public et gagné les lauriers de la critique. Il ne lui reste qu’à finaliser son deuxième opus s’inscrivant dans une veine plus autobiographique et qui, de l’avis général, rencontrera aussi un engouement immédiat. Dans l’espoir de se ressourcer un peu, la récente coqueluche du Tout Madrid a pris la décision de s’exiler quelque temps à Miami. La veille de son départ, elle organise alors une petite sauterie chez elle, où elle convie tous ceux qui la courtisent : prétendants, éditeurs, agents, créateurs, amis… Amis ?

En effet, dans ce microcosme fourmillant de littéreux pétris d’envie, de frustration et de soif de reconnaissance, les « amis » existent-ils ? Et lorsque l’hôtesse souriante du soir se révèle être une croqueuse d’hommes ne s’embarrassant d’aucune considération morale et foulant de ses talons pointus la fidélité et l’honnêteté envers ses proches, les « amis » sont-ils sincères ? Enfin, quand l’ambition est telle que la propriété intellectuelle et l’inspiration personnelle vous deviennent des concepts étrangers, les « amis » vous veulent-ils vraiment du bien ?

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25/11/2008

Miracle de l'écriture

remington.jpgRemington
Joseph Incardona
Fayard Noir, 2008

 

(par B. Longre)

« On a beau dire, on écrit pour se raconter soi-même, le plus souvent, les autres ne sont qu’un prétexte. Meubler le vide est une imposture. »

On s’attend parfois à lire un polar (et tout l’indique – ne serait-ce que le titre de la collection ou le titre tout court), et on se trouve littéralement pris de court, plongé dès les premières pages dans une chronique désenchantée où la froideur de ton le dispute à la désespérance, où le quotidien du narrateur, cadré, organisé, ne suffit pas à nous duper sur le mal-être qui l’habite, ni sur les émotions qui le malmènent. Matteo Greco n’est ni flic, ni voyou. Il mène au contraire une vie réglée, disciplinée, même, et sans drames (si l’on omet les faits divers qu’il découpe dans les journaux) et parvient à cumuler plusieurs activités, alternant brèves missions pour une agence de sécurité (par nécessité financière), entraînements de boxe et séances d’écriture, qui se déroulent à sa table de cuisine, sur laquelle séjourne une vieille Remington portative. Il écrit des nouvelles (inspirées, justement, des petites coupures qu’il collectionne) et, bientôt, un roman, sur lequel il reste malgré tout très discret.

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22/08/2008

Contact Direct avec les morts

cprice3.jpgCe qu’ils savent

Charlie Price

traduit de l’anglais (US) par Pierre Charras

éditions Thierry Magnier, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

La disparition d’une adolescente à la sortie du gymnase où elle s’entraîne en tant que pom-pom girl est le point de départ de ce roman noir, qui se distingue par sa subtilité.

 

L’inspecteur Gates mène l’enquête, et il est bien forcé de constater que la réalité n’est pas nécessairement réduite à sa stricte rationalité : pour résoudre cette tragique énigme, il lui faudra aussi tenir compte de récits a priori invérifiables, au risque d’être moqué par sa hiérarchie. Celui d’un jeune homme souffrant d’amnésie, d’abord, mais aussi les voix qu’entend Murray, adolescent ombrageux qui aime fréquenter la nécropole et s’entretenir avec ses morts, qu’il considère comme des amis.

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