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02/06/2009

Harmonies méditerranéennes

jpg_pdm28.jpgLa pensée de midi n° 28

Les chants d’Orphée, musique et poésie
Actes Sud, mai 2009

 

(par Jean-Pierre Longre)

Les liens qu’entretiennent les mots et les sons, surtout quand ils se rencontrent dans le chant, sont indissolubles, et cette rencontre est à l’origine des deux formes esthétiques que constituent la musique et la poésie. Dès l’antiquité grecque (et la « poésie lyrique » en est le parfait raccourci), elles se combinent harmonieusement, se complètent, se situant toutes deux au cœur de la mémoire et de l’imaginaire, sacrés ou profanes. Le n° 28 de La pensée de midi, « Les chants d’Orphée », est le bienvenu dans ce monde méditerranéen où les conflits, les combats, les violences de toutes sortes font partie du quotidien. « Il demeure une fraternité humaine, une fraternité inspirée par la musique et le chant, une fraternité mise en mots par la poésie qui n’est pas une incantation illusoire. Elle donne sens et inspire un possible élan pour demain », écrit à juste titre Thierry Fabre dans son éditorial.

Les textes qui composent cette belle publication sont représentatifs de l’exceptionnelle diversité qui, autour de l’axe commun musique / poésie / Méditerranée, révèle la richesse du patrimoine culturel ancien et actuel. Des mondes arabo-musulman et judéo-arabe à l’occident païen et chrétien, du savant au populaire, du religieux au divertissant, le périple artistique est, sinon complet, du moins instructif, surprenant parfois, émouvant souvent.

Pour illustrer le tout, un très beau CD d’accompagnement offre des échantillons musicaux et poétiques, de L’Iliade au « Slam » d’aujourd’hui, des rivages de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud. On y revient : les mots et les sons se complètent, concrètement, dans une profonde harmonie.

www.lapenseedemidi.org

www.lapenseedemidi.over-blog.com

www.cairn.info

23/11/2008

Amour partagé

stjean.jpgL’amant de Saint-Jean
Vedrana Donić

Vedrana éditions, 2007

 

(par B. Longre)

 

En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.

 

http://www.vedranaeditions.com/

08/10/2008

Avec Philippe Jaccottet

jaccocepeudebruits.GIFCe peu de bruits de Philippe Jaccottet - Gallimard
(Par Jean-Baptiste Monat)

Philippe Jaccottet a aujourd'hui quatre-vingt trois ans. C'est avec L'Effraie, paru en 1953 chez Gallimard qu'il commenca une oeuvre essentielle de la seconde moitié de ce siècle. Une oeuvre qui trouvait un écho et des appuis dans une génération exceptionnelle de poètes : Du Bouchet, Bonnefoy, Dupin et d'autres auteurs ayant gravité notamment autour de la revue L'Ephémère.

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07/07/2008

Miradors de l’abîme

hbadescu3.jpgMiradors de l’abîme
de Horia Badescu

L’Arbre à paroles, collection Résidences, 2007

 (par Jean-Pierre Longre)

Pour Horia Badescu, personnalité du monde culturel et diplomatique franco-roumain, le français est une « langue bien aimée », « fascinante », « pas plus poétique que la mienne mais magnifiquement autre ». C’est ainsi, dit-il dans la revue Arpa, en juin 2007, qu’il veut « voir si l’imaginaire poétique roumain, mon imaginaire peut s’exprimer pleinement par les outils du français, tout en restant lui-même ou, parfois, en forçant la structure du français à s’y adapter, comme l’a si bien fait, par exemple, Cioran. »

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26/01/2008

« Le droit à la beauté et à la poésie »

mercure3.jpgMercure liquide, revue littéraire et graphique

Numéro 8 (janvier 2008)

 

(par Myriam Gallot)

 

« Mercure liquide construit, depuis huit numéros maintenant, une esthétique de la diversité et de la sensibilité. Son moteur est toujours le sentiment d’une urgence : celle d’un dialogue créatif entre les arts.»

 

Petite promenade subjective dans ce dernier numéro.

 

Tout de suite explose à la figure la déflagration des mots de « Party incendiaire »,  qui vomit la société française et sa reproduction de la caste dominante. FP. Meny, « à la rue », exclu d’un système absurde et violent, le dénonce avec l’énergie de celui qui ne veut pas crever : « Je n’ai demandé qu’une chose. Elle m’a toujours été refusée. J’ai lutté pour l’obtenir, vraiment. Cette chose, mes semblables l’ont sans la chercher. Cette chose n’est ni l’argent, ni l’amitié, ni la gloire. C’est une place parmi les hommes, une place à moi, une place qu’ils reconnaîtraient comme mienne sans l’envier, puisqu’elle n’aurait rien d’enviable. »

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05/02/2007

L'art & la technique du chaos

venaille3.jpgChaos

Franck Venaille

Mercure de France, 2006

 

(par Tieri Briet)

 

Franck Venaille publie Chaos au Mercure de France, un livre brut de mots et de visions pour élargir, d’un cran supplémentaire, encore, ce que la langue peut nous rendre possible. Un livre traversé de questions pour éprouver, au dernier cran, ce que mots et visions peuvent édifier encore de poésie nue.

 

Au total, on dénombre 124 questions dans Chaos, et cet avertissement adressé au lecteur : “Je n’écris pas pour la canaille qui ne demande qu’à être émue.” Alors autant prévenir, Franck Venaille n’écrit pas non plus pour “se lancer dans une danse frénétique devant le totem de la poésie.” Le monde existe et pour l’écrire, il faudra entreprendre de l’arpenter comme il faut (1), le penser et pour cela lancer les questions acharnées une à une.

 

Question N° 20 : “La mer du Nord peut-elle se tromper ?”

Question N° 57 : “Mais qui se soucie d’un empêcheur de forniquer ?”

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