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picquier

  • Le petit livre noir de la Chine

    fbobin3.jpgVoyage au centre de la Chine
    Frédéric Bobin
    Picquier, poche, 2008

    (par Myriam Gallot)

    A l’écart des fastes du nid d’oiseau et des jeux olympiques, ce livre-reportage, écrit par l’ancien correspondant du journal Le Monde à Pékin (de 1998 à 2004), brosse les portraits de Chinois «ordinaires », rencontrés dans des classes sociales et régions très diverses.

    Frédéric Bobin raconte ainsi par petites touches une population en souffrance, soumise à des potentats locaux corrompus. Les injustices faites aux citoyens sont criantes, des expropriations de paysans ou de citadins des quartiers pauvres – dont les compensations sont dérisoires – aux licenciement des anciens héros du travail de Mandchourie, qui ne touchent parfois même pas une retraite, après avoir été donnés en exemple pendant les années Mao. Les abus de pouvoir peuvent atteindre des sommets : ainsi en a-t-il été pour cette veuve dont la tombe du défunt mari a été labourée à la pelleteuse sans qu’elle soit prévenue, afin de construire sur le terrain une menuiserie et une distillerie.

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  • Deux femmes, deux histoires

    izumi5.jpgUne femme fidèle
    L'histoire de Biwa

    Izumi Kyôka
    nouvelles traduites du Japonais par Elizabeth Suetsugu (Titres originaux : Bake ichô, Biwa den, 1896) - Philippe Picquier, 1998

    (par B. Longre)

     

    Dans ces deux nouvelles, Izumi Kyôka développe un thème cher à quelques écrivains japonais : le rôle subalterne des femmes dans la société, des femmes dont les sentiments ont peu d’importance lors de mariages arrangés. Tei (Une femme fidèle) et Tsu (Lhistoire de Biwa) sont toutes deux dépeintes comme des victimes, subissant les caprices ou les violences des hommes, des victimes qui refusent un temps de se résigner.
    Tei confie à Yochi, un adolescent, l'histoire de sa vie : mariée à quatorze ans à un homme maladif et jaloux, son existence lui est devenue insupportable, et bientôt, elle est obsédée par l'idée que sa libération ne peut passer que par la mort de son mari. Tsu, quant à elle, épouse un officier pour obéir à son père, mais elle aime son cousin Kenzaburô ; aussi, son époux la cloître afin qu'elle ne puisse rejoindre son amant. Apparaît en filigrane la critique amère d'un monde aux règles cruelles, qui poussera deux jeunes femmes à commettre l'irréparable. "Je ne pourrai jamais être plus forte que la société" déclare Tei, âgée de vingt et un ans, qui paraît parler déjà comme une vieille femme. L'écriture, harmonieuse et raffinée, est teintée d'une poésie liée à la nature, une nature immuable et parfois porteuse de présages. Ces deux contes tragiques élèvent Izumi Kyôka au rang des grands auteurs du sentiment.

     

    http://www.editions-picquier.fr/