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philosophie

  • Philosophie en noir et blanc

    9782841569632.jpgLe Maître de tout
    De Bart Moeyaert et Katrien Matthys
    Le Rouergue, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Un chien attaché attend son maître qui ne vient pas. Un chat, perplexe, le regarde, lui parle, guette ses pleurs et gémissements, questionne sur ce maître et ce qui les lie, prêche la révolte, la fuite, en vain, au fur et à mesure que les jours passent. « Un jour sans maître, je sens un manque », dit le chien ; « un jour sans maître, je me sens saltimbanque », dit le chat. L’incompréhension du chat quant au comportement du chien évoque l’une des Histoire comme ça de Kipling, « Le chat qui s’en va tout seul » : « je ne sais pas, je suis le chat » dit le chat. Le thème de la liberté et de l’attachement est au cœur de ces dialogues très elliptiques et pleins d’implicite.

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  • Plus qu’une musique métissée : une musique de l’altérité

    jazzoccident.jpgLe jazz et l’Occident. Culture afro-américaine et philosophie

    Christian Béthune

    Klincksieck, 2008 (collection d’esthétique)

     

    Entretien avec l’auteur

     

    (Par Christophe Rubin)

     

    Je commençais une thèse de linguistique sur les textes de rap, lorsqu’un ami m’a appelé pour me dire à peu près ceci : « J’étais à un salon du livre et il y avait une conférence d’un philosophe sur le rap… j’y suis allé par curiosité. Tu as sûrement dû t’inspirer de son bouquin car ce que tu m’as expliqué, c’est exactement ce qu’il a dit. Mais, sans vouloir te vexer, ça allait plus loin, c’était formidable. J’ai pensé à toi : j’ai été lui demandé son adresse à la fin, si tu veux lui écrire...»

     

    Non, je ne connaissais ni le philosophe, ni le livre en question : Le rap, une esthétique hors la loi (éditions Autrement, collection « Mutations », 1999, réédité en 2003 avec beaucoup d’enrichissements)… Mais je me suis dépêché de le lire, avec un certain scepticisme : j’avais lu quelques rares ouvrages instructifs sur la question, mais rien qui ait pu me permettre d’avancer vraiment. Plongé dans le détail de mes analyses stylistiques et rythmiques, j’observais des phénomènes qui dépassaient largement ce que je m’attendais à trouver : une organisation très élaborée mais dont la logique m’échappait et que j’étais incapable de mettre en relation avec ce que je ressentais à l’écoute de certains enregistrements. Je pouvais certes poursuivre mes analyses mais je m’impatientais de ne pouvoir établir de liens entre mes divers résultats : de donner du sens à mes observations… Je pouvais concevoir une interprétation très générale – psychologique ou anthropologique – à certains aspects rythmiques et vocaux mis en place par l’écriture de ces textes, mais je ne parvenais pas à cerner leur spécificité.

     

    Dès les premières pages de l’ouvrage de Christian Béthune, ce fut une série de surprises, qui me faisaient passer de la dénégation à l’enthousiasme de trouver enfin un sens humain aux phénomènes qui m’avaient été révélés en partie par l’analyse stylistique. J’avais l’habitude d’imaginer un lien lointain entre le rap et certaines pratiques culturelles d’Afrique de l’ouest, de la Jamaïque voire le gospel ; mais, au delà de la pure actualité afro-américaine de ce mouvement, je n’avais jamais vraiment songé à y voir un lien très fort avec le blues ou le jazz. Or c’était bien une conscience ontologique particulière née de l’esclavage que Béthune décrivait de façon cohérente et très documentée dans les divers aspects vocaux, textuels, musicaux et sociologiques du rap, en montrant que celui-ci était finalement un parent direct de toutes les autres formes d’expression afro-américaine, à commencer par le jazz.

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  • Un hymne intime à l’échange

    tubes.jpgTubes. La philosophie dans le juke-box

    Peter Szendy

    Les Editions de Minuit, 2008

     

    (par Christophe Rubin)

     

    Comment expliquer la persistance auditive de certains tubes, un peu comme certaines images lumineuses provoquent une persistance rétinienne ? Ces chansons qui, en dépit de leur « mélodie obsédante », semblent confiner à la plus extrême banalité peuvent-elles prétendre à la dignité d’un objet philosophique ?

    L’écrivain Peter Handke avait écrit un Essai sur  le juke-box ; Peter Szendy en a d’ailleurs placé un extrait en exergue de son livre, avant d’explorer le phénomène des « tubes ». C’est Boris Vian qui aurait popularisé ce terme dans ce sens, notamment dans une chanson de 1957 qui portait ce titre et qui révélait « les accessoires pour faire un succès » : une rencontre banale racontée sur un air non moins banal : rien, donc, qui puisse nous empêcher de nous identifier...

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  • Penser la responsabilité des hommes à l’égard des animaux

    ethiqueanimale3.jpgEthique animale

    Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

    PUF, collection éthique et philosophie morale, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    L’éthique animale est la branche de la philosophie morale qui cherche à penser la relation entre l’homme et l’animal. Très développée dans les pays anglo-saxons, elle est encore embryonnaire en France, pour des raisons essentiellement culturelles (une tradition culinaire et un humanisme fortement ancrés). Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, chercheur à l’EHESS et enseignant, propose dans cet ouvrage une introduction aux différents courants de pensée en éthique animale, dans une synthèse assez complète qui s’adresse à ceux qui ne connaissent pas bien cette question fondamentale, et de plus en plus présente dans les débats contemporains.

     

    Oubliez tout de suite Brigitte Bardot et ses bébés phoques. Ce n’est pas du tout ce dont il s’agit. Pour l’auteur, ce type d’intervention pour le bien-être des animaux a durablement discrédité leur cause aux yeux de l’opinion, l’assimilant à un sentimentalisme larmoyant dénué de fondement rationnel. Si connaître les différentes formes de maltraitance de l’animal par l’homme constitue bien un point de départ à la réflexion (un exposé exhaustif des problèmes constitue la deuxième partie de l’ouvrage), elle ne saurait suffire pour comprendre les enjeux de la relation entre l’homme et l’animal.

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