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  • De la poisse considérée comme un des Beaux-Arts

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    La Vie meurtrière
    Félix Vallotton
    Phébus, Collection "Libretto", 2009

    (par Frédéric Saenen)

    Félix Vallotton (1865-1925) est passé à la postérité comme peintre et surtout comme caricaturiste. Il compta notamment parmi les illustrateurs de feuilles anarchistes telles que L’Assiette au beurre ou Le Canard sauvage. Son trait, tout en féroce noirceur, n’est pas sans évoquer un précurseur Belle Époque de Jacques Tardi. C’était au temps où les keufs s’appelaient des « cognes » et les racailles des « apaches ». La critique sociale surinait le bourgeois d’un coup de plume ou de pinceau et la Loi dressait plus qu’à son tour ses bois de justice pour raccourcir les fortes têtes de la pègre parisienne, qui ne connaissaient pas encore l’ivresse de la traction avant.

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  • Henry Stein et Gertrude James

    gstein.jpgHenry James

    de Gertrude Stein

    précédé de Shakespeare par Henry James

    traduit de l’anglais par Jean Pavans

    Phébus, Libretto, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

    Ceux qui restent convaincus que la littérature demeure le territoire des rencontres improbables recevront avec bonheur ce Libretto où se mêlent les voix des rhapsodes Henry James et Gertrude Stein. Étonnante percussion en effet que celle résonnant entre l’introduction à La Tempête de Shakespeare rédigée par James en 1907 et l’essai halluciné que, en 1933, l’avant-gardiste américaine consacra à l’auteur du Tour d’écrou. La sinueuse limpidité d’une part ; un art consommé de la digression et de la transgression de l’autre se répondent finalement en un hymne dual à la création. Il serait déshonnête de prétendre que le propos est accessible au commun des lecteurs, car ces pages sont d’une densité rare, qui confine parfois à l’hermétisme. La présentation de Jean Pavans (le traducteur de l’ensemble) en livre cependant une clef essentielle, quand il explique en quoi Stein voyait en James « le plus ancien écrivain du monde »…