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28/06/2009

"Tout en haut du ciel"

tonneau volant.jpgLe tonneau volant
de Roland Fuentès, illustrations de Pauline Duhamel

Editions Rageot (collection Petit roman), 2009
A partir de 6 ans

(par Myriam Gallot)

Quel est le point commun entre une fille de tonnelier, une barrique qui ne supporte pas la mer, un petit garçon à la voix de sauterelle, une pierre de lune et une tulipe géante ? Réponse : un tonneau volant. Et oui, on est chez Roland Fuentès, qui nous emmène loin très loin là-haut, au paradis de l’imagination et du merveilleux.
Quand en plus les illustrations sont à la hauteur, gracieuses et poétiques, on n’a décidément pas envie de redescendre. Un petit roman enchanteur, pour les tout jeunes lecteurs.

http://www.rageotediteur.fr/

24/06/2009

Entretien avec Sébastien Doubinsky, créateur du Zaporogue

LE ZAPOROGUE 6 couve.jpg(par Myriam Gallot)

Sébastien Doubinsky est écrivain et enseignant à l’université d’Aarhus, au Danemark. Français de naissance, il a passé une partie de son enfance aux Etats-Unis, et écrit aussi bien en français qu’en anglais.

Pour Sitartmag, il présente son nouveau bébé littéraire : la revue Le Zaporogue, dont le numéro 6 vient de paraître.

Qu’est-ce que le Zaporogue en quelques mots ?

C’est la prolongation naturelle, après 15 d’éclipse (!) d’un fanzine littéraire gratuit que j’avais créé à Tours au début des années 90. J’avais sorti quatre numéros à l’époque – donc la revue sous sa nouvelle forme a débuté l’hiver dernier avec le numéro cinq.

Pourquoi avoir créé cette revue ?

J’avais envie de créer un espace libre, où les écrivains, poètes, artistes et autres fainéants aient tout l’espace nécessaire pour leurs créations. Un magazine sans thèmes particuliers, sans bla-bla intellectuel ou snobinard – mais où entreraient en collision une variété de styles, de voix, de langues, pour montrer que la culture est une mosaïque, qui s’enrichit de toutes ses sources.

Je voulais aussi absolument qu’elle fût gratuite, pour montrer que la culture n’était pas une valeur marchande. À l’époque des « hits », « best-sellers » et autres arnaques, il me semblait essentiel de créer un pacte de respect fondamental avec  les écrivains et les artistes – et ce pacte ne pouvait, bien entendu, fonctionner que sans argent. Comme je le dis dans la présentation de la revue et de la maison d’édition du même nom sur sa page d’accueil Myspace (www.myspace.com/zaporogue) : « Avec moi, vous ne deviendrez pas riches, mais vous deviendrez peut-être célèbres »

Quand je vois ce qui est arrivé à mes auteurs Jerry Wilson et D. James Eldon, aujourd’hui publiés par les toutes nouvelles éditions Zanzibar, je me dis que ce n’était peut-être pas tout à fait faux…

D’où vient ce nom  « Zaporogue » ?

D’Apollinaire, tout d’abord – à cause de La Chanson du Mal-Aimé, dans laquelle se trouve reproduite la fameuse lettre où ils envoient paître le sultan de Constantinople.

Des cosaques Zaporogues eux-mêmes, pour plusieurs raisons : la lettre d’insulte au Sultan, qui symbolise pour moi la liberté et l’humour, deux valeurs absolument essentielles à mes yeux. Ensuite, parce qu’un détachement des Zaporogues a rejoint les troupes anarchistes de Makhno pendant la guerre civile russe – et que mon grand-père était anarchiste et le meilleur ami de Voline, le lieutenant de Makhno.

Tu l’animes seul ?

Comme un grand.

Tu as choisi un mode de diffusion assez original, en téléchargement gratuit ou en version imprimée payante : pourquoi ?

Parce que je pense que si on veut gagner cette guerre culturelle dans laquelle nous nageons en ce moment, il faut se servir des outils que le système capitaliste nous donne pour s’en servir contre lui. C’est ce qui s’est passé avec Myspace, c’est ce qui est en train de se passer avec Facebook -  sans parler de la crétinerie criminelle d’Hadopi.  Le téléchargement gratuit est, comme je l’ai expliqué plus haut, le moyen le plus adéquat de faire connaître des inconnus. Qui va payer, ne serait-ce qu’un euro, pour quelqu’un dont il n’a jamais entendu parler ? Vous, peut-être. Moi, peut-être – mais pas beaucoup. Au moment où j’écris ces lignes, la revue a déjà été téléchargée 121 fois…

Quant à la possibilité papier, c’est un plus – pour ceux qui, comme moi, adorent les « vrais » livres.

C’est une revue internationale, écrite en plusieurs langues, à l’image de ton propre parcours entre la France, les Etats-Unis et le Danemark ?

Oui, je suis un cosmopolite pur et je le revendique. Je crois aux mélanges étonnants, aux diasporas fertiles et aux chocs étincelants des cultures.

Quels sont tes critères pour retenir un texte ou une image ? Suis-tu une ligne éditoriale ou te fies-tu à ta subjectivité ?

Subjectivité totale. Ce qui m’attire, dans un texte ou une image, c’est soit la reconnaissable proximité avec d’autres œuvres qui me sont familières, soit la surprise totale. J’aime autant être bousculé que rassuré. Par contre, il est vrai que je veux tout de même donner une certaine image du Zaporogue, qui est celle de la qualité ou du potentiel. Je veux faire découvrir.

Sais-tu qui sont les lecteurs du Zaporogue ?

Oui et non. Je connais mes ami(e)s et les ami(e)s de mes ami(e)s, mais je ne connais pas tous les lecteurs. Mais je crois que ce sont des gens curieux, qui ont envie de découvrir autre chose, de soutenir un projet un peu fou, mais sincère. Je suis très touché par le soutien de nombreux libraires, même si quelques uns me reprochent mon choix de diffusion – ce que je comprends très bien.

Des souhaits ou des projets pour les futurs numéros du Zaporogue ?

Oui, j’ai surtout un regret : que le Zaporogue soit si blanc. Certes, il est d’un beau blanc, plein de talent, mais j’aimerais vraiment qu’il se bariole et que des écrivains ou des artistes d’autres origines que le Grand Occident me rejoignent. Dans le dernier numéro, j’ai deux écrivains du continent Indien. C’est un début, mais vraiment un tout petit début. Le Zaporogue est un métèque, ne l’oublions pas. Il aime, par conséquent, la métèquerie culturelle.

 

Site du Zaporogue: http://lezaporogue.hautetfort.com/

Au sommaire du numéro 6, poésie, nouvelles, illustrations, créations, etc.

JERRY WILSON – THIBAULT DE VIVIES – ANDRÉ ROBÈR – CATHY YTAK TABISH KHAIR – MÉTIE NAVAJO – DÉBORAH REVERDY VS ENTORTILLÉE STEPAN UEDING – LIONEL OSZTEAN – LUC BARANGER – DANIEL LABEDAN – JEFF SYLVA – ALEX SCHREIBER – JONAS LAUTROP – JEAN-FRANÇOIS MARIOTTI ANNE-SYLVIE SALZMAN MARC BRUNIER MESTAS – JOHANNES HØIE –YANNIS LIVADAS – BLANDINE LONGRE – ERIC BEAUNIE – CELINA OSUNA – FRANÇOIS BONNEAU – SOFIUL AZAM – MYRIAM GALLOT – OLE WESENBERG NIELSEN – CHRIS ROBERTS – OLGA ZERI.

Le Visage Vert en cause ici http://www.zulma.fr/visagevert/?p=170

 

 

05/06/2009

Hélium, une nouvelle maison d'édition gonflée

Mini maxi.jpgMini-maxi, le livre des contraires, De Didier Cornille

L’oiseau patate, Jeu de Delphine Chedru

Les méli-molos, Jeu de Serge Bloch

Editions Hélium, 2009

A partir de 3 ans

  

(par Myriam Gallot)

 

Toute jeune (petite) maison d’indépendante créée par Sophie Giraud, une ancienne d’Albin-Michel jeunesse, Hélium sort ses premiers ouvrages. Son ambition ? Concevoir ses livres en artisan, choisissant « en relation étroite avec auteurs et illustrateurs le format, la fabrication, le traitement graphique »  pour « régaler » les lecteurs, jeunes et adultes, « exciter leur œil et leur curiosité ».

Le pari est plutôt réussi pour ces premières parutions dont la qualité de facture saute aux yeux.

Parmi les titres tout frais, un curieux petit livre rouge jusqu’à la tranche, pour apprendre les contraires, « Mini-maxi ». Il est conçu par Didier Cornille, professeur de design et inventeur de lampes. Dessins épurés et rigolos, mais aussi pleins de sens – il suffit de passer de rayures horizontales à verticales pour qu’un voleur se transforme en banquier (l’esprit de Mao soufflerait-il encore ?) Ou qu’un ivrogne rond se transforme en carré pour devenir gendarme. Quand la tignasse descend sur la moustache, le jeune devient vieux. Quand les fleurs montent pour étoiler le ciel, le jour devient nuit. Et voici que par un coup de crayon magique, les contraires se rapprochent. Quant aux rabats surprises, ils transforment la mini en limousine, et la maison en immeuble. Instructif, ludique et de surcroît beau, voici un petit ouvrage qui pourrait devenir grand.

 Méli molos2.jpg

oiseau patate.jpgDe petits coffrets jeux sont également disponibles. Si leurs principes sont bien connus – des stickers repositionnables, un bonhomme constitué de trois languettes interchangeables – en revanche leur réalisation est originale et graphiquement très réussie, l’humour en prime.

 

Une petite maison qui mérite d’aller loin. Souhaitons-lui bon vent !

 

http://www.helium-editions.fr/

04/06/2009

Pauvres contemporains

Culicchia été mer.jpgUn été à la mer
de Giuseppe Culicchia

traduit de l’italien par Françoise Brun
Editions Albin Michel, 2009

(par Myriam Gallot)

On aurait tort de passer à côté des romans de Giuseppe Culicchia, contempteur amusé et désespéré de ses contemporains. Son dernier roman traduit en français ne fait pas exception, en racontant les vacances siciliennes d’un couple d’Italiens en lune de miel, pendant que l’équipe de foot nationale remporte la coupe du monde.
 Les personnages sont banals. Banalement détestables.
Elle: superficielle, envieuse, et obsédée par la conception d’un enfant
Lui : défaitiste, rabat-joie et lâche.

« Un été à la mer », c’est l’occasion pour Culicchia de décocher ses traits favoris contre le consumérisme, la misère sexuelle, le conformisme mal assumé, le fiasco amoureux. Tout cela sans jamais se départir de ce rire noir, qui excelle dans le comique de répétition et le grotesque – sa marque de fabrique. On referme son roman avec une lucidité navrée, entre amertume et jubilation.
A lire aussi, du même auteur : Paso Doble (Rivages poche), Patatras (Rivages poche) et Le pays des merveilles (Albin-Michel)

http://www.albin-michel.fr/

06/05/2009

Cyrano de Bergerac raconté aux enfants

cyrano.jpgCyrano

Texte Taï-Marc Le Thanh, illustrations Rebecca Dautremer

Editions Gautier-Languereau
réédition dans les collections « petits bonheurs », 2008 et « les petits Gautier », 2009

à partir de 6 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

Excellente surprise que cette adaptation en album de la célébrissime histoire de Cyrano De Bergerac, soupirant malheureux et épistolier exceptionnel. La qualité du texte, d’abord, un conte poétique et fantaisiste, volontiers désuet dans le ton, avec de vraies-fausses définitions des mots compliqués ou anciens. « Un air inspiré est le contraire d’un air expiré. Un air expiré est déjà passé dans les poumons et il donne une teinte rougeaude au visage (ce qui n’est pas très joli pour dire de la poésie). »
Les illustrations ensuite, dans un style médiéval japonisant fleuri, à dominante de rouges et de verts du plus bel effet. Exotiques, douces, évocatrices. On rit. On a le cœur serré. Une interprétation libre et pourtant fidèle à l'esprit de l'original. Et surtout une belle manière de découvrir un classique que ce petit album parfait, à prix très doux (réédité dans deux collections, respectivement à 7,50 et 5,20€).

 

http://www.rebeccadautremer.com/

27/04/2009

Intrusion familiale

type vautour.jpgCe type est un vautour
Texte de Sara et illustrations de Bruno Heitz
Editions Casterman (collection « les albums Casterman »), 2009

(par Myriam Gallot)

Voici un singulier album qui risque d’embarrasser libraires et bibliothécaires. En apparence, c’est un album jeunesse à la réalisation cartonnée d’ailleurs très soignée (à partir de 8 ans, dixit l’éditeur). Pourquoi pas, vu le thème abordé : l’intrusion d’un homme dans une famille monoparentale. Le traitement, pourtant, n’est guère enfantin.

Un trait appuyé, épais, presque grossier. Pas de visages, à part celui du chien et de la petite fille, comme si les adultes étaient finalement interchangeables (ils semblent d’ailleurs découpés dans du papier et collés). Une femme. Un homme. Chabadabada. Sauf que l’homme est un séducteur égoïste, observé avec lucidité et dégoût par le chien narrateur, qui flaire le danger. Une vraie bonne idée, pour témoigner de manière médiate du vécu de la petite fille, sans larmoiement mais avec une émotion réelle.

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25/04/2009

Le monde merveilleux de Walt Disney

roi amérique.jpgLe roi de l’Amérique

de Peter Stephan Jungk

traduit de l’allemand par Johannes Honigmann

Editions Jacqueline Chambon, 2009

 

 (par Myriam Gallot)

 

Son nom est « familier à plus de monde que celui de Jésus-Christ ». C’est lui qui le dit. Aux Etats-Unis, quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende. Et Walt Disney ne s’est pas privé de fabriquer la sienne, lui, la parfaite incarnation du rêve américain, aimant se présenter jusqu’à la fin de sa vie comme un « garçon de la campagne, qui se cache derrière une souris et un canard ».

 

Le roman-biographie de Peter Stephan Jungk, consacré au personnage, a beau jeu de mesurer, non sans une inévitable cruauté, l’écart entre l’homme et le mythe. On y découvre un Walt Disney vieillissant, presque anachronique dans les années 60, aussi raciste que généreux, réac et visionnaire, tour à tour Peter Pan et grand méchant loup. Un roi de l’ambivalence, père de Mickey, qu’il n’a jamais dessiné, et qui eut surtout le génie d’exploiter celui des autres. Un mégalomane qui rêvait d’immortalité, jusqu’à former des projets de cryogénie, dans l’espoir d’être ramené à la vie un jour. Mais n’est pas Jésus-Christ qui veut. Walt Disney échoua en son ultime projet.

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06/04/2009

« Un sang d’encre » ou les tourments du nègre littéraire

enfinnue.jpgEnfin nue ! Confessions d’un nègre littéraire

de Catherine Siguret

Editions Intervista, collection « Les mues », 2008

 

 (par Myriam Gallot)

 

Les nègres, par définition, sont discrets. Catherine Siguret, 35 ans, a écrit pas moins de 35 livres, la plupart signés d’un autre nom que le sien. « Schizophrène de profession », elle s’est glissée dans la vie de dizaines de personnes, anonymes ou célébrités, pour raconter à leur place. Et à en juger par ce récit autobiographique par lequel elle fait son coming-out, ce ne fut pas une sinécure.

 

Car le nègre entre en négritude comme d’autres en religion, en commençant par sacrifier sa vie sociale, pour laisser cours à sa passion exclusive de l’écriture. Nègre, c’est plus qu’une profession. Un état. Une vocation. On s’en serait douté : écrire à la place de l’autre exige de se fondre dans le décor. Et même – plus difficile à croire : faire don intégral de soi, jusqu’à l’hystérie. Quand Catherine Siguret « négrise » les accidentés de la vie, des cas sociaux dont le public est friand, elle devient elle-même alcoolique par un mimétisme incontrôlé. Quand elle « négrise » un top model, elle arrête non seulement de boire, mais même de manger. Elle devient celui dont elle écrit la vie. Le livre terminé, elle oublie tout, et se glisse immédiatement dans la peau d’un autre, angoissée de n’être plus le nègre de personne, ne serait-ce que pour un jour.

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02/04/2009

Roland Fuentès : « je n’ai qu’un seul rêve : raconter des histoires »

rfuentes.jpg(Par Myriam Gallot)

Roland Fuentès a une actualité littéraire chargée. Remarqué l’an dernier, son excellent Tonton zéro a été suivi de plusieurs romans jeunesse : Les voleurs de vent, Tics olympiques) et adulte (Le mur et l’arpenteur). Entretien avec un auteur polygraphe à l’imaginaire puissant.

 

Vous êtes né à Oran, et avez grandi en Algérie : que reste-t-il de cette enfance dans votre imaginaire et votre écriture ?

Mon enfance à Oran, et les liens qui m’unissent aujourd’hui encore à l’Algérie, conditionnent ma façon de voir le monde. De façon plus ou moins consciente, certaines impressions accumulées là-bas, dans l’enfance ou lors de plus récents séjours, influencent mon écriture. Je pense notamment aux ambiances, à l’évocation de certaines sensations, et aussi de certains personnages.

L’imaginaire, justement est très présent dans vos textes. Est-ce un parti-pris d’éviter souvent le strict réalisme ?

C’est vrai, je suis plutôt porté sur l’imaginaire. Avoir vécu à différents endroits, et cotoyé des gens très différents, m’a habitué à la diversité du monde, et des possibles. A maintenir toujours en alerte cette petite veilleuse qui nous dit : « Et si les choses étaient autrement… » et si… C’est pourquoi je suis très attiré par l’insolite, l’étrange ou le cocasse, ainsi qu’on les rencontre chez Kafka, Buzzati, Calvino. J’aime ce qui permet de prendre du recul, de remettre en question certaines évidences. Ceci dit, je ne m’interdis aucune direction, pas même celle du réalisme… L’échange, malgré quelques passages loufoques, est un roman réaliste. Tics olympiques aussi.

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12/03/2009

"Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, était fort amoureux d'une fée..."

ogre moscovie.jpgL’ogre de Moscovie

Textes de Victor Hugo, illustrations de Sacha Poliakova

Editions Gautier-Languereau, 2008

A partir de 6 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

On le sait peu, mais Victor Hugo, quand il ne fait pas dans le grandiloquent et le sublime, sait aussi manier le second degré. « L’ogre de Moscovie » est une délicieuse fable comique racontant l’histoire d’un ogre maladroit « fort amoureux d’une fée », qui, sans penser à mal, croque le « marmot » de sa dulcinée… Morale de l’histoire : « aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d’astuce ; N’allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien. » Illustrée par une dessinatrice russe dans un album très grand format, la fable s’incarne en personnages marionnettes, où les ficelles et les manipulateurs apparaissent… et où l’ogre n’est pas forcément celui qu’on croit. Une interprétation astucieuse bien dans le ton de la fable, qui s'adresse peut-être plus aux adultes, capables de percevoir le décalage ludique.

06/03/2009

60 recettes ludiques et chamarrées

cuisine des week-ends.gifLa cuisine des week-ends en famille – 60 recettes faciles et festives

Nathaly Nicolas-Ianniello, photographies de Laurence Mouton

Nathan, collection faire ensemble, 2008

A partir de 5 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

Surtout ne pas se fier à l’apparence de ce livre de cuisine familiale : la couverture ni le titre ne laisseraient présager des recettes dans un esprit très cuisine nouvelle (steak à la chantilly de tomate, crêpes vertes au thé matcha, tarte tatin pamplemousse-réglisse), avec une nette préférence pour le sucré-salé (sandwichs de pommes aux bleus, rôti de porc aux trois glaces, et même un osé coulis de poivrons rouges et fraises). Tout le monde n’est pas amateur !

 

Les recettes sont à faire avec les enfants, mais certaines manipulations risquent de se révéler difficiles, même pour les parents, à moins qu’ils ne soient cordons bleus. Il est plutôt technique d’ouvrir un œuf cru comme un œuf coque, le vider de son blanc en conservant le jaune et le faire cuire en équilibre sur l’eau chaude pendant 6 minutes à 60°C. A l’inverse, est-il vraiment nécessaire d’utiliser un livre de recettes pour placer un disque de jambon dans une tranche de pain de mie à faire gratiner au four parsemée de fromage râpé ? Pour fourrer des pruneaux au foie gras ?

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04/03/2009

Voyage au pays des mages

puybaret.jpgLes îlots de Piédestal – voyage au pays des mages

Textes et illustrations d’Eric Puybaret

Editions Gauthier-Languereau, 2008

A partir de 7 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

A bord de leur roulotte scientifique amphibie, le professeur Azarias et ses deux assistants partent explorer le pays des mages. Il paraît que ces êtres mystérieux ont des pouvoirs fascinants. Sur les îlots de Piédestal, de hautes tours comme des « clous de pierre », les mages ne sont pas très disciplinés et mènent la vie dure à nos explorateurs…avant de choir de leurs tours, renversés par un poisson géant. Que d’aventures !

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20/02/2009

Attention, humour !

mon père en slip.jpgMon père en slip

Taï-Marc Le Thanh, illustrations de Barroux

Gautier-Languereau, 2008

A partir de 5 ans

 

(par Myriam Gallot)

  

Mais que fait le père de ce petit garçon en slip toute la journée ? C’est qu’il est catcheur, ma bonne dame ! Un métier comme un autre, après tout… et qui rend très fier son fils. Combat Super, c’est son nom d’artiste, est certes dix fois plus grand et plus fort que (presque) tous les autres parents, mais c’est aussi un papa très présent.
Ce récit un peu toqué est débordant de tendresse et de petites anecdotes mignonnes. L’album déploie une esthétique très catch, donc très kitsch : la couverture est matelassée dans du papier argenté brillant, la technique mêle dessin, peinture, collages et humour. Une originale déclinaison du sempiternel « mon papa, c’est le plus fort ! »

 

http://www.barroux.info/

11/02/2009

Vivre dans la zone

Jeanne de la zone.jpgJeanne de la zone

Textes de Frédérique Jacquet, illustrations d’Etienne Davodeau

Editions de l’atelier, collection « L’histoire sensible », 2008

A partir de 12 ans

 

(par Myriam Gallot) 

 

Que reste-t-il de la « zone » ? Quelques expressions pas des plus flatteuses. Plus chic, la beauté moderne du poème préliminaire d’Apollinaire dans Alcools. Et puis c’est à peu près tout. Qui sait encore qu’on appelait la « zone » un cordon de 250 mètres autour des fortifications de Paris, une ancienne « zone militaire » ayant donné son nom à un quartier entre ville et campagne où sont venues s'installer les familles trop pauvres pour vivre ailleurs ?

 

Ce premier volume de la collection « L’histoire sensible » se propose de faire revivre « ce monde ancien » à travers le personnage de Jeanne, fille de chiffonnier et habitante de ce quartier à la mauvaise réputation infondée.

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09/02/2009

Petit thriller adolescent

vendeur cauchemars.jpgVendeur de cauchemars

André Benchetrit

Le Rouergue, collection « DoAdo noir », 2008

à partir de 12 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

Dans la famille « roman noir pour ado », je demande le fils et la fille. Leurs parents flambeurs ont quelques ennuis avec les huissiers. La fille est victime de visions : un insupportable nain roi de pique lui apparaît et dialogue avec elle. Le fils s’occupe de sa petite sœur tout en révisant ses cours, pendant que les parents sont au travail pour tenter d’éponger leurs dettes. C’est alors qu’apparaît un géant psychopathe déguisé en représentant de commerce au sourire tout droit sorti d’une émission de variétés. Sa marotte est de s’immiscer chez les gens et de les effrayer avant de les assassiner sauvagement.

Vendeur de cauchemars est un petit thriller en huis-clos balançant entre réalisme et fantastique, épouvante et comique de situation. La fin est heureuse, très heureuse - trop heureuse ? Sans doute qu’à rebours de tout ce qui précède, André Benchetrit a voulu conférer à son roman des vertus éducatives en rappelant aux jeunes qu’ils peuvent avoir confiance en les adultes. Y croiront-ils vraiment ?

 

http://www.lerouergue.com/

 

http://andre.benchetrit.free.fr/

31/01/2009

La vie devant soi

jolie fille rien que pour moi.jpgUne jolie fille rien que pour moi

Aurélie Antolini

Editions Intervista, collection « les mues », 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

A n’en pas douter, Aurélie Antolini s’est amusée en écrivant son premier roman. Coup de cœur de Constance Joly-Girard, directrice de la collection « les mues », Une jolie fille rien que pour moi a l’art de capturer dès les premières lignes.
Son secret ? Un savoureux langage pré-adolescent à la Romain Gary qui explose (de rire évidemment) à chaque page, mélange de jeux de mots, de réflexions de bon sens, d’images décalées et de petits détournements de textes de la vie de tous les jours (étiquettes, mots fléchés, etc)

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27/01/2009

La vieille dame du 3ème étage

mission bouille grenouille.jpgMission bouille de grenouille
Muriel Kerba
Gautier-Languereau, 2007
A partir de 5 ans

 (par Myriam Gallot)

Mais qui est cette « bouille de grenouille » ? Une vieille dame bizarrement fichue dont chaque verre de lunette est presque de la taille d’un écran plasma, et qui intrigue les jeunes occupants de son immeuble. On dit d’elle que c’est une vraie peau de vache, mais ne serait-ce pas plutôt une pauvre âme esseulée ? A coups de collages loufoques débordants de détails malicieux, Muriel Kerba peint un monde grave, mais drôle. Un album à large sourire qui apprend aux enfants que se soucier d’autrui est indispensable au bonheur et que la différence est une richesse.

22/01/2009

Oursons facétieux

oursons.gifOursons

d’isabelle Gil

L’école des loisirs, Loulou et compagnie, 2008
(de 2 à 4 ans)

 

(par Myriam Gallot)

 

Dans un album cartonné pour les petites mains, les oursons en guimauve prennent la pose pour la photo. Combien sont-ils ? 1, 2, 3, 4… 10 Il suffit de les compter. Ils sont adorables, avec leurs grands yeux ronds et leurs poses cocasses.  Et ils nous font des clins d’œil, que ce soit ourson-Ulysse encordé au mât du bateau, ourson-cerf qui fut peut-être l’amant de Diane, oursons se câlinant allongés sur une serviette de plage, ou cachés sous un sapin pendant que les autres s’adonnent aux sports d’hiver. Un album irrésistible, et pas si guimauve. C’est qu’ils sont coquins, ces animaux…

 

http://www.ecoledesloisirs.fr/

 

http://isabellegil.over-blog.com/

17/01/2009

Tribulations d’un ethnolinguiste en Afrique de l’Est

serval noir.gif

Le serval noir

Marc Vassart

Au diable Vauvert, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

Somerset Bienvenue est ethnolinguiste au musée de l’homme, menacé de fermeture suite à l’inauguration du musée du quai Branly. Un éclair de génie – à moins que ce soit de folie - le conduit au Kenya, dans le berceau de l’humanité, alors sous les bombes américaines, pour y dénicher une poterie ancienne. L’un de ses confrères a en effet découvert une machine permettant de lire dans les sillons d’une poterie comme sur ceux d’un disque vinyle, et donc de restituer les paroles prononcées pendant la fabrication d’une poterie. Si Somerset Bienvenue réussit à ramener la poterie hadzabé, il pourra peut-être remonter à la langue-mère, à l’origine de toutes les autres, et – qui sait ? – parvenir ainsi à sauver le musée de l’homme par cette découverte majeure.

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11/01/2009

Série écossaise

bon usage compliments.jpgLe bon usage des compliments

Alexander McCall Smith

traduit de l’anglais par Martine Skopan

Editions des 2 terres, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

Prolifique auteur à succès, Alexander McCall Smith est spécialisé dans la création de séries littéraires autour d’un personnage. Le bon usage des compliments est le 4ème titre de la série Isabel Dalhousie, une riche héritière écossaise passionnée de philosophie. Les trois premiers romans de la série sont parus chez 10/18 (Le club des philosophes amateurs, Amis, amants,chocolat, Une question d’attitude) et le cinquième vient de paraître en anglais.

 L’auteur dit avoir créé la série Isabel Dalhousie pour évoquer la ville où il réside, Edimbourg. Et effectivement, le roman est une charmante immersion dans la bourgeoisie d’Edimbourg, partagée entre très vieille Ecosse et modernité.

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