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musique et littérature

  • Un enfant gâté à Kansas City

    gerber6.jpgCharlie

    Alain Gerber
    Fayard, 2005

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    Il y a eu Louie (Armstrong), il y a eu Chet (Baker), il y a maintenant Charlie (Parker, dit aussi Bird). Le feuilleton jazzy se poursuit, roman sonore et continu, illustration ô combien littéraire des émissions que l’auteur a assurées pour France-Musiques, témoignage (s’il en fallait) d’une écriture polyphonique, dont la musique n’est pas seulement le thème central, mais aussi la grille formelle, le principe même d’élaboration.

    Paradoxalement, et à la différence de ce qui se passe dans les deux romans précédents, Charlie Parker (1920-1955), le saxophoniste de génie, n’est pas la seule figure importante du livre ; et d’ailleurs son génie n’y figure pas du tout. Certes, Alain Gerber le montre, enfant adulé par sa mère, capricieux et tyrannique, brutal et exigeant, débutant laborieux et plein d’illusions, en quête de modèles et d’idoles, comptant sur une reconnaissance trop immédiate et une gloire trop facile. Disons qu’il le montre en pointillés, et en abrégé, puisqu’il l’abandonne à sa destinée notoire à l’âge de 18 ans, s’éloignant de Kansas City après avoir acquis la maîtrise de son instrument sous la férule de grands maîtres (dont Lester Young), après avoir « assimilé toutes les connaissances » et jeté sa gourme.

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  • Musiques, mirages

    gerber4.jpgChet

    Alain Gerber
    Fayard, 2003

    parution en poche - Le Livre de Poche, 2007

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    « La musique, vieux, c’est un truc vraiment bizarre et là-devant, tu as beau progresser, tu te sens de plus en plus petit ». Cette phrase, mise sous la plume de Chester Henry Baker Jr, alias Chet, par Alain Gerber, ne résume pas complètement la destinée du fameux et énigmatique trompettiste, mais donne le ton d’un livre qui avance à coups de témoignages véridiques (de Chet lui-même, de sa mère, de quelques-uns de ses compagnons), et surtout à coups de monologues fictifs de personnes réelles (jazzmen amis et rivaux, femmes ou maîtresses, amateurs et passionnés) ou de personnages imaginaires. Textes convergents ou divergents, admiratifs ou exaspérés, justes ou injustes, subjectifs ou objectifs, qui bâtissent le dédale romanesque par lequel l’auteur tente (avec succès du point de vue littéraire, à coup sûr, et du point de vue documentaire, certainement) de percer les mystères de la personnalité de Chet.

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