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martine falgayrac

  • « Où est la liberté, Yacine, où est le bonheur ? »

    clefdessages3.jpgLa Clef des Sages
    Michèle Bayar et Jean-Claude Djian

    illustrations d’Arnaud Bétend
    Petit à Petit, 2003

    (par Martine Falgayrac)

    Un tapis soyeux file dans le ciel de l’Algérie contemporaine. Conduit par la magie et l’amour, «libre comme la grive», il emporte deux jeunes gens, avides de bonheur, vers la demeure d’un vieux sage…
    Yacine dévore les livres et apprécie par-dessus tout la poésie ; il ne va plus au collège depuis qu’il a pris la relève de son père, tisserand à Tlemcen. Maintenant, le jeune garçon de quinze ans, reconnu intelligent, cultivé et habile, «travaille le jour, étudie la nuit et rêve tout le temps». Il aimerait tant retourner à l’école, revoir Amina dont il est amoureux, être remarqué par le père de la jeune fille, se payer un ordinateur pour l’échoppe… Dernièrement, le vieux sage Ali Amoura lui est apparu en songe, brandissant sous son nez la clef du bonheur ! Yacine partirait bien sur un tapis volant pour aller chercher ce trésor, pour que tout s’arrange. Hélas « ce n’est pas en rêvant qu’on arrive à quelque chose » lui répète son père. Pour l’heure, il faut terminer le tapis de soie qui doit être livré demain… Zitouna, somptueuse chatte angora aux pouvoirs merveilleux, douée de parole, persuade Yacine de «prendre son destin en main» et transforme l’ouvrage en tapis volant. L’amour qui est «plus fort que toutes les magies» conduit l’équipage jusqu’à la villa d’Amina ; c’est décidé, les adolescents feront ensemble le voyage jusqu’à la grotte du sage…

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  • Parlons des Tchétchènes…

    chardon3.jpgLe Chardon Tchétchène
    Sous le rouleau compresseur russe
    Collection J'accuse..!
    Syros, 2003

    (par Martine Falgayrac)

    Laurence Binet a déjà écrit pour « J’accuse ! », collection militante des droits de l’homme : en 1997 Nakusha l’indésirable dénonçait la condition des femmes en Inde et en Afghanistan. Elle publie cette fois Le chardon Tchétchène, composé de deux récits et d’un dossier documentaire, qui s’inscrit dans le programme d’information mené par Amnesty International sur l’affrontement russo-tchétchène qui perdure. Ce conflit sans fin est marqué de part et d’autre par de graves violations des droits humains.

    Les deux premières parties du livre sont des récits mettant en scène des personnages «innocents», l’un civil tchétchène, petite fille ordinaire dans une famille tchétchène ordinaire, le second simple soldat russe exécutant son service militaire. Les deux récits suffisent pour bien comprendre la douleur et l’horreur de cette guerre civile destructrice. Nombre de jeunes lecteurs seront surpris car peu d’entre eux situent la Tchétchénie. D’ailleurs, il aurait été intéressant de placer une carte géographique au début du livre, d’y placer Grozny, Moscou, de remarquer la proximité de régions en pleine actualité (Iran, Iraq…). Les deux fictions croisent étroitement la réalité. Elles pourraient sûrement être proposées en marge du programme d’histoire géographie qui prévoit l’étude de la Russie en classe de 4e mais dans des manuels dépassés par les évènements.

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