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marcel proust

  • Albertine vade mecum

    proust.jpgPrécaution inutile
    Marcel Proust
    Le Castor Astral, « Les Inattendus », 2008

    (par Nicolas Cavaillès)

    Véritable pépite d'or que cette Précaution inutile, roman « inédit et complet », version courte de La Prisonnière. La démarche en elle-même est inédite : Proust recueille ses plus belles pages et donne une trame allégée à son roman, avec la nonchalance pragmatique et sûre qui est celle des génies. L’expansion naturelle de l’écriture proustienne, débordant en mille et unes paperolles, s’arrête ici pour mieux épouser l’écrin éditorial choisi. Sans nullement empêcher, bien au contraire, que l’on se plonge encore et toujours dans l’immensité ciselée de la Recherche du temps perdu, ce court roman s’offre comme une un petit plaisir défendu, en marge de la grande épopée, un joli chef d’œuvre aussi mystérieux qu’irrésistible, à lire « en toute innocence et en toute liberté », selon l’invitation de Frédéric Ferney, préfacier. Un tramway dans la brume matinale, le silence d’Albertine belle endormie – et le narrateur seul avec sa jalousie, amère et polie, lucide et désolée, convoquant les lois secrètes de notre cosmos sentimental pour décrire l’immense catastrophe sourdant vicieusement au cœur de tel ou tel petit mensonge dérisoire, petite griffure lâche et cruelle.

    http://www.castorastral.com/

  • Mise au point

    proust.jpgMarcel Proust, Idées reçues

    Bernard Brun

    Le cavalier bleu, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    « Les idées reçues en littérature ne sont pas forcément des idées fausses », mais plutôt des constructions soigneusement bâties par les critiques d’une part, l’auteur lui-même ainsi que ceux qui l’ont connu, et entretenues par éditeurs et manuels scolaires. Bernard Brun, très érudit sur le sujet (il est responsable du programme Marcel Proust à l’Institut des textes et manuscrits modernes, chercheur au CNRS), cherche à établir la part de vérité des clichés, à séparer la réalité du mythe avec une préoccupation constante : l’œuvre, rien que l’œuvre, à l’exclusion de tout le reste qui vient brouiller plus qu’éclaircir. Tout y passe : Proust, snob laborieux – Proust, grand malade – Balbec, c’est Cabourg – La recherche, roman de la mémoire, roman à clefs – Proust, juif sodomite, etc. Précis et rigoureux, cet ouvrage n’est pas aussi grand public que son apparence le laisse penser, et nécessite pour être apprécié une bonne connaissance de l’œuvre de Proust, dans laquelle l’auteur navigue avec une aisance de spécialiste (l’éditeur a d’ailleurs pris soin de mettre en annexes un mémento des principaux personnages de la Recherche du temps perdu, ainsi qu’un résumé des différents tomes). Une intéressante mise au point nourrie des recherches actuelles sur le texte proustien, mais à réserver aux amateurs éclairés.

    www.lecavalierbleu.com/f/index.php