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  • Pour l’amour des mots

    stanislas.jpgAbécédaire illustré de Stanislas
    Stanislas Barthélémy
    Thierry Magnier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Illustré par l’un des fondateurs de l’Association (BD indépendante), cet abécédaire est à la fois classique et original : classique par le graphisme et la mise en couleurs qui évoquent les « illustrés » des années 30, et par le dispositif : une lettre en écriture bâton, et des mots qui vont avec. Mais chaque page propose une infinité d’objets et de mots associés et c’est tout un jeu que de les mettre ensemble, de chercher les raisons pour lesquelles on a montré un coq le cœur battant devant une casserole (cocotte minute), et pourquoi l’homme en armure tient un ananas au bout de son épée.
    Quelques doubles pages rompent cette unité en proposant des thèmes (loisirs, métiers…), un planisphère sommaire, un jeu de l’oie des mots.
    C’est un album dans lequel se perdre… à condition d’avoir l’amour des mots, qu’ils soient usuels ou rares, longs ou courts et de prendre son temps.

  • Adolescence en fuite

    9782844206848.jpgDans sa peau
    De Benoît Broyard

    Thierry Magnier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce pourrait n’être qu’un roman social de plus : le héros de l’histoire est un adolescent qui fuit sa famille après avoir incendié une grange. Père alcoolique et chômeur (était-ce bien nécessaire ?), mère à antécédents psy (était ce bien nécessaire ?) et alcoolique elle aussi. Rien d’exaltant, donc, sur le plan du cadre de l’histoire.

    Mais ce roman touche pourtant juste et fort. Tout d’abord par le choix de la voix qui le porte : celle du personnage dont on ne saura pas le nom, et qui se choisit le prénom d’un autre, Antoine. Une écriture à la première personne très habitée et saturée elle-même d’autres voix, celles de son passé qui sont restées inscrites en lui, comme gravées par la souffrance, voix du père, voix de la mère. Ce que disent ces voix ne relève pas de l’exception qu’aurait pu induire le contexte médico-social choisi, mais du banal, avec ses expressions triviales, trop entendues : une façon de dénoncer le langage des adulte très ordinaires lorsqu’ils s’adressent à leurs enfants.

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  • La fin est trop belle ?

    jpnoziere10.jpgTu peux pas rester là de Jean-Paul Nozière - Thierry Magnier, 2008
     
    (par Madeline Roth)

    Jean-Paul Nozière découpe parfois des faits divers dans les journaux. Il fait aussi des livres sur le terreau le plus friable qui soit, la somme des lâchetés et des silences. A Sponge, la ville qu’il a imaginée, on croise au fil de ses textes des enfants, des adolescents qui n’aspirent qu’à comprendre le monde dans lequel ils vivent. Leur combat, c’est peut-être avant tout celui-là. Comprendre, creuser dans les silences des adultes ou du monde autour, avant même de se battre ou d’abdiquer.

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  • Contact Direct avec les morts

    cprice3.jpgCe qu’ils savent

    Charlie Price

    traduit de l’anglais (US) par Pierre Charras

    éditions Thierry Magnier, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    La disparition d’une adolescente à la sortie du gymnase où elle s’entraîne en tant que pom-pom girl est le point de départ de ce roman noir, qui se distingue par sa subtilité.

     

    L’inspecteur Gates mène l’enquête, et il est bien forcé de constater que la réalité n’est pas nécessairement réduite à sa stricte rationalité : pour résoudre cette tragique énigme, il lui faudra aussi tenir compte de récits a priori invérifiables, au risque d’être moqué par sa hiérarchie. Celui d’un jeune homme souffrant d’amnésie, d’abord, mais aussi les voix qu’entend Murray, adolescent ombrageux qui aime fréquenter la nécropole et s’entretenir avec ses morts, qu’il considère comme des amis.

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  • Cavalier bleu

    cavalierbleu.jpgLe cavalier bleu

    Philippe Lechermeier, illustré par Delphine Jacquot

    Thierry Magnier, 2007

     

    (par F. Mattes)

     

    C’est une histoire noire et… bleue…Le bleu du « cavalier que l’on ne voit jamais mais qu’on entend passer », le cavalier qui finira sa vie en fuyant inlassablement pour semer des poursuivants. Le début est plutôt rose, un enfant est déposé devant la porte d’un roi et d’une reine qui se lamentaient de ne pouvoir avoir de fils. Les premières années sont très heureuses, ils sont tout à leur bonheur d’éduquer cet enfant tombé du ciel. Mais cela ne dure qu’un temps, le roi est rapidement exaspéré par la douceur de cet enfant dans lequel il se reconnait si peu. Il congédie donc épouse, nourrices et précepteur et décide de s’occuper lui même de l’éducation de son fils. Une éducation « à la dure » où on lui apprend la ruse du renard, la cruauté de l’aigle, l’agressivité du loup… L’enfant devenu adulte ressemble plus à une bête qu’à un humain… Il est craint de tous. A la mort de son père (heureux d’avoir façonné son fils à son image), le cavalier part à la recherche d’une épouse… mais malgré sa puissance, n’arrive pas à ses fins et finit enchaîné dans un cachot. Celle qu’il avait convoitée a pitié de lui et le libère de sa prison… Un album grand format où les illustrations prennent toute leur place et renforcent admirablement la tension sous-jacente. Une histoire un peu sombre mais fort bien écrite.

  • Photoroman

    portillo.jpgEt que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe

    Chantal Portillo et Hally Pancer (photographies)

    T. Magnier, collection photoroman, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    « Une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure alors dans l’écriture d’un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer » : tel est le point de départ de la jolie collection carrée « photoroman ». Les personnages inventés par Chantal Portillo glissent comme la nuit sur le bleu de la jupe de Bleuet, une jeune prostituée muette installée dans un village, et qui présente la particularité de faire la chose debout. Tous ressemblent plus à des esquisses qu’à de véritables personnages, jusqu’au mystérieux Tim, revenu de ses frasques à la capitale pour se régénérer, et qui réussira enfin, à faire coucher Bleuet. L’auteur a cherché à créer une atmosphère proche de celle du photographe, plus qu’à rebondir sur le potentiel narratif des images, avec lesquelles elle prend une grande liberté. L’intégration des photos dans le récit n’est pas totalement convaincante, et la contrainte se transforme un peu en artifice, laissant une impression d’inachevé à ce petit roman, pourtant pas dénué d’un certain charme.

  • Chronique d’une métamorphose

    annepercin3.jpgPoint de côté, d'Anne Percin
    Editions T. Magnier, 2006
    à partir de 14 ans

    (par Blandine Longre)

    Le premier roman d’Anne Percin (« réécrit 3 fois en 15 ans ») est l’aboutissement d’un travail de longue haleine et, à la lecture, l'on sent à quel point l’auteure s’est attachée à son personnage ; elle l'examine avec compassion, décrivant avec précision l’état d’extrême solitude d’un adolescent que la vie étouffe. Et malgré le désespoir palpable de Pierre, les trois cahiers qui composent son journal conservent une fraîcheur de ton et une autodérision qui laissent penser qu’il va parvenir à s’extraire de sa dépression (cette « vieille envie de ne plus en être »), qui n’en finit pas de perdurer.

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