Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/05/2009

"Que tu es belle..."

libens.jpgAmours crues

Christian Libens

Luc Pire, 2009

 

(par Samia Hammami)

 

Christian Libens est un esprit curieux et, surtout, un infatigable explorateur. Les villes, les rues, les gens, la littérature, ses champs d’investigation n’ont de cesse de se multiplier. Auteur de guides érudits, de récits, de chroniques, de préfaces, de livres pour enfants et pour adultes, de poèmes, il nous délivre avec Amours crues un roman, longuement couvé et enfin éclos, s’inscrivant dans une veine voluptueuse.

Rien de vulgairement trash ici, ni de grivois inutile. Comme le titre le suggère, les êtres et leurs unions sont mis à nu, certes sans fard, mais avec doigté. Plus qu’un énième texte érotique, ces pages se veulent un hommage. C’est d’abord une célébration de la femme (Macha, Maryse, Marie-Marthe, Maria et les autres Marie) à travers les courbes, les peaux, les chevilles, les pieds, les chevelures, mais également les lacérations, les mutilations et les cicatrices. Les tabous se révèlent alors religion du corps malmené par la grossesse, la torture ou une tache de vin. De la sublimation, pas du sublime.

Lire la suite

25/03/2009

D’encre et de bois

Masereel2.jpgFrans Masereel. Une biographie.

Joris van Parys

Archives du Musée de la Littérature / Luc Pire, 2009

 

(par Frédéric Saenen)

 

Un soldat au regard halluciné, rampant et hurlant « Assez ! » face au feu de l’ennemi. Le corps d’une femme se précipitant sous un pont dans des eaux sombres, marquées du mot « désespérance ». Un inconsolé enfouissant son visage dans la poitrine d’un amour vrai – ou peut-être vénal. Un couple enlacé sous une lune complice et l’œil bienveillant d’un chat. La silhouette d’un pendu qui se découpe dans l’encadrement d’une fenêtre. Des grévistes en colère, des marchands de canons repus, des ivrognes vacillant sous le lampadaire. Et puis surtout des villes, foisonnantes, aux mille tentations, aux millions d’embûches et de destinées.

Tous ces arrêts sur images encrés sur bois, dont le noir tranche sur le blanc avec force, portent la même signature : celle de l’artiste gantois Frans Masereel (1889-1972). Témoin des deux conflits mondiaux, ce peintre et illustrateur a saisi avec une lucidité âpre mais généreuse les tourments individuels et les tourbillons collectifs qui agitèrent les années 20 et 30.

Lire la suite