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louise charbonnier

  • Caujolle se livre

    caujolle.jpgSouvenirs, 2, Circonstances particulières
    Christian Caujolle
    Actes Sud, 2007

    (Par Louise Charbonnier)

    Circonstances particulières, publié chez Actes Sud, est un de ces livres sans prétention qui recèle des abîmes de plaisirs de lecture. Sans prévenir, il vous happe et vous fait oublier le temps, par une formule non contraignante (une série de petites histoires, chacune accompagnée du cliché à partir duquel elles se développent) et un style simple et fluide.

    Christian Caujolle y évoque ses amours photographiques, où se mêlent travail à Libération, escapades dans les salles de ventes, voyages en terres étrangères et multiples rencontres de photographes et artistes. Il y rappelle son engagement pour une photographie de presse interrogeant les normes traditionnelles et les stéréotypes, défrichant de nouveaux territoires et ouvrant une brèche dans laquelle allaient s’engouffrer d’autres quotidiens, à la suite du journal précurseur. Classiquement soumise à un texte qui lui fait dire ce qu’il veut, la photographie dans les médias reste encore bien souvent cantonnée au rôle de support, avec toute la passivité qu’implique ce terme. La presse l’utilisait bien souvent comme simple illustration, négligeant les spécificités photographiques. Branchée sur le référent, sur l’objet dont elle émanait, la photographie supposée neutre et objective se pliait aux exigences de la démonstration et de l’actualité journalistiques. Propre sur elle et reconduisant le système traditionnel de représentation hérité de la perspective, cette image transparente s’était mise à renvoyer à d’autres images, omettant par là même les autres rapports qu’elle aurait pu entretenir avec le réel. Mise au service d’un discours informationnel, la photographie s’était faite cliché docile. La transparence de l’image opérait paradoxalement l’opacification de l’accès au réel, masqué par un enchaînement sans fin de photographies redondantes dont le paradigme est constitué par l’image de guerre stéréotypée et son archétype (parmi d’autres) : la mère éplorée.

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  • Le réel est mort ! Vive le réel !

    artnum.jpgL’Art numérique de Christiane Paul, Thames & Hudson, 2008, nouvelle édition.

     

    (par Louise Charbonnier)

     

    On a cru toucher du doigt le réel. Avec la photographie, on a cru réaliser le leurre suprême de l’objectivité, de la réalité et de la vérité. On a sacrifié pour cela une part de la réalité : on a omis de souligner qu’une photographie, bien que s’approchant d’un idéal de transparence, reste un bout de papier opaque qui masque autant qu’il révèle.

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  • Pour les enfants qui n’aiment pas la plage

    genevievebrisac5.jpgViolette et la boîte de sable
    Geneviève Brisac
    Mouche de L’Ecole des Loisirs, 2004

     

    (par Louise Charbonnier)

     

    C’est les vacances. Violette et son petit frère Bruno doivent se dépêcher car Maryse la baby-sitter est pressée d’aller rejoindre son amoureux à la plage. Puis Bruno part jouer avec son copain, laissant Violette seule avec son ennui. Car Violette n’aime pas la plage. Elle a beau essayer de décalquer sur le sable les formes que prennent les nuages, la mer vient inexorablement effacer son œuvre. Violette se sent plus que jamais « seule, abandonnée et sans forces » dans un monde « décidément décevant. Pas solide. Non, pas solide du tout ». C’est alors que Violette aperçoit une boîte en bois ballottée par les vagues. De cette boîte surgit tout un monde, le monde intérieur de Violette, plein de sensations agréables qui s’assemblent et esquissent un sourire.

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