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les syrtes

  • Chemin brisé

    1228925977_Smaus.jpgPetite, allume un feu…
    Martin Smaus

    Traduit du tchèque par Christine Laferrière

    Editions des Syrtes, 2009

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Le clan Dunka représente, en quelque sorte, la synthèse des familles tziganes, de leurs conceptions (ou non conceptions) de l’existence. « Les Dunka ne voulaient faire de mal à personne : ils voulaient vivre. Et ils vivaient comme ils en avaient l’habitude depuis des siècles, oubliant la veille et ne voulant pas savoir ce que leur apporterait le lendemain. Ils vivaient des milliers de vies, naissaient et mouraient sans cesse chaque jour ». C’est dans ce contexte que naît et grandit Andrejko, voleur hors pair, et pour cela choyé par les petits qui profitent de ses cadeaux, jalousé par les grands qui, ne pouvant l’égaler, se dressent contre lui.

     

    Dans la Tchécoslovaquie contemporaine, des dernières années du communisme à la partition du pays, en passant par l’ouverture, la démocratisation et l'avènement du capitalisme, avec les enthousiasmes et les angoisses que cela suscite, Andrejko est ballotté, accompagné d'une famille fluctuante et se délitant peu à peu, d’un lieu à un autre : du hameau campagnard, proche de l’Ukraine, où la tribu vivait selon les traditions, aux villes grises, froides, inhospitalières (Ostrava, Prague, Plzen), d’un appartement délabré à la maison de correction…

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  • Mémoires venus du froid

    tchirkov.jpgC'était ainsi... : un adolescent au Goulag

    Iouri Tchirkov

    traduit du russe, préfacé et annoté par Luba Jurgenson

    Éditions des Syrtes, 2009

     

    (par Françoise Genevray)

     

    Iouri Tchirkov (1919-1988) est un écolier de quinze ans quand on l'arrête en 1935 avant de l'envoyer aux îles Solovki. Les chefs d'accusation relèvent de la fantaisie pure : c'est l'époque où l'article 58 fait des ravages avec sa kyrielle d'alinéas (propagande contre-révolutionnaire, « contacts avec la bourgeoisie mondiale », sabotage, espionnage, etc.) et un résultat dramatique pour des millions de gens : un soviétique sur cinq environ eut affaire au Goulag de 1930 à 1953. Sans oublier les étrangers poussés dans ces contrées glacées par la « roue rouge » (Soljenitsyne).

    Les Solovki, archipel situé en mer Blanche à soixante kilomètres du continent, abritaient un vénérable monastère, fermé en 1920 et aussitôt transformé en zone pénitentiaire. Le pouvoir soviétique va anéantir peu à peu l'ancienne élite et la vieille intelligentsia. Le peuplement initial du camp sort tout droit du défunt Empire : hauts fonctionnaires, officiers du tsar, aristocrates, intellectuels, artistes, évêques et archevêques orthodoxes, bientôt rejoints par des révolutionnaires non bolcheviks (mencheviks, anarchistes, SR), puis par des droits communs.

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  • Un marginal biblique

    samson3.jpgSamson, le nazir
    Vladimir Jabotinsky

    traduit du russe par Luba Jurgenson
    Éditions des Syrtes, 2008

    (par Françoise Genevray)

    Le lecteur français connaît peu Vladimir Jabotinsky (1880-1940), journaliste et nouvelliste natif d'Odessa. Après Les Cinq, dont la traduction par J. Imbert (2006) obtint une mention du prix Russophonie, voici avec Samson, le nazir son premier roman, publié en 1925. Il s'agit d'un volet, le seul finalement écrit, d'une trilogie prévue sur Jacob, Samson et David. Le nazir (la racine du mot hébreu signifie « séparer ») est un homme lié par un vœu qui le consacre à Dieu et qui lui impose une vie à part faite d'abstinence. Samson, juge en terre de Dan, porte une «tignasse » hirsute et des tresses qui ne sont pas le siège de sa vigueur physique, mais l'insigne de cette pureté rituelle. Jabotinsky tire du Livre des Juges le cadre général ainsi que les principaux épisodes relatifs à Samson, y compris la mâchoire d'âne brandie pour frapper l'ennemi et la monumentale porte en fer arrachée aux murailles de Gaza. Son roman traite ces données de manière à la fois libre et fidèle.

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