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le seuil

  • Bestiaire

    9782020969185.jpgDes bêtes avec du sable entre les orteils
    Des bêtes qui partagent la forêt avec le loup
    Tatsu Nagata

    Seuil jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    On connaît les albums d’histoires naturelles de Tatsu Nagata. Voici une autre formule, carrée, dans laquelle plusieurs animaux se côtoient dans un même espace naturel. L’air de rien, cet espace est le véritable personnage : de nuit, de matin, de printemps ou d’hiver, de profondeur ou de surface… chaque animal permet d’en donner une image différentes. Les images sont comme toujours parfaites, mêlant différentes techniques, parfois proches de la photo retouchée, parfois gouache et toujours avec la caricature en action de l’auteur-savant en blouse blanche qui observe de monde à travers de grosse lunettes : ou comment rendre la science proche des enfants ?

  • Rêver la terre

    livredesterres.jpgLe livre des terres imaginées

    Guillaume Duprat

    Seuil jeunesse, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Il n’existait pas, jusqu’à présent (du moins à ma connaissance), d’ouvrage jeunesse répertoriant aussi précisément les visions passées (parfois récentes) que les êtres humains ont pu avoir de la terre qui, on le sait, n’a pas toujours été ronde, mais triangulaire (selon le moine bouddhiste Vasubandhu), semblable à un bouclier (celle des mythes grecs), un plateau en équilibre sur un serpent (chez les Fons du Bénin), aplatie aux pôles (théorie de Newton), un bol renversé (dans la Chine du Ier siècle) ou encore une bille creuse (selon Edmund Haley, dans l’Angleterre du XVIIe)…

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  • Authentique ?

    djaidani.jpgBoumkoeur

    Rachid Djaïdani

    Le Seuil, collection « Points Virgule »,  2005
    (édition originale : 1999)

     

    (par Christophe Rubin)

     

    Rachid Djaïdani, employant les mots de la cité mélangés à ceux de l’école, alliant tendresse et obscénité, pourrait sembler bien vulgaire et surtout bien insignifiant au premier regard. Voici comment le narrateur du roman présente son projet d’écriture : « J’ai toujours voulu écrire sur les ambiances et les galères du quartier et j’ai toutes les cartes en main. Ma sœur m’a même offert un carnet, avec un stylo de moyenne qualité, mais, comme on dit, c’est le geste qui compte. Elle dit : si j’y mets mon cœur, je pourrais faire un joli travail. »

     

    Il y a pourtant un talent certain dans Boumkoeur, un talent reconnu assez vite, une fois n’est pas coutume. Dès la sortie de ce roman, une place inattendue lui avait été accordée par les institutions littéraires de la télévision et de la presse, notamment par un Bernard Pivot étonné face au texte et au personnage qui se tenait sur son plateau.

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  • Chroniques d’une vieille taupe - 4e épisode.

    tigrr.jpgMonique la taupe vous invite à découvrir quelques albums...

     

    (par Monique)

     

     

    Me revoilà !

     

    En pleine forme.

    J’vous avais prévenus que je reviendrais vous embêter après les vacances. Et me revoili me revoilou. Ça sent encore les vacances dans la maison des livres. Une petite odeur de vert. Sens un coup, vas-y donc de la reniflette, pour une fois qu’on t’autorise, et « on » c’est pas n’importe qui, c’est Monique. Alors, tu sens ?

    Tu dis ? Un parfum délicat de… bouse ? Tu… tu crois ? J’aurais enfin trouvé ?

    Raté. Encore raté ! C’est l’Arlésienne, ma taupe à la tête crottée. Voilà ce que c’était :

    Une vache dans ma chambre. Meuh non ! moi c’est une taupe, que j’ai dans ma chambre, Bernard de mon cœur. Mais tout de même, par curiosité, j’ai ouvert le livre avec sa vache de couverture à l’envers, dans l’eau, comme en apesanteur et là, c’est ma tête qui s’est mise à tourner, avec les mots, avec les vers libres, ah ! la poésie, ça nous rend la vie plus douce, tout de même. « J’aimerais être un ruminant pour manger l’herbe de ma chambre et digérer le silence de la nuit .» Et moi, Monique, qu’est-ce que j’aimerais être ? J’aimerais être… Si t’as une idée, aide-moi. Tu peux. J’aimerais être… Bidiou ! Je peux avoir un joker, appeler Bernard ? Pas tout de suite ? Je dois réfléchir un peu, avant ? J’aimerais être…

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  • Roman d'été

    mazard2.jpgUn cow-boy dans les étoiles
    Claire Mazard
    Seuil jeunesse, collection chapitre, 2008

     

    (par B. Longre) 

    Une fillette passe des vacances estivales à la Fariguette, où elle a retrouvé ses grands cousins, Louis et Tristan, qu’elle admire ; en leur compagnie, Anne se fait aventurière, partage leurs rêves et découvre un trésor (un vrai, qui sera en quelque sorte l’un des fils conducteurs du récit) et grandit un peu. Ces instants presque idylliques sont pourtant anéantis, peu de temps après, par un coup du sort sur lequel aucun des personnages n’aura de prise. Des années plus tard, Anne se souvient, revenant sur cette période figée dans un passé à jamais révolu, mais pourtant inoubliable, toujours vivante en elle. Une évocation nostalgique de l’insouciance bouleversée, un récit entre enfance et adolescence qui se goûte avec un plaisir rare.

  • Chroniques d’une Vieille Taupe - 3e épisode

    tetu.jpgMonique la taupe vous invite à découvrir quelques albums...

     

    (par Monique)

     

    J’suis là, youhou !
    Bon.
    Mais quand même.

    J’ai eu un moment d’absence, je sais. De désespoir. D’abandon aussi. Des trucs de vieille taupe. Je me posais des tas de questions, sur les bêtes, la vie sous Terre et l’aveuglement. Ben oui, je broyais du noir. Et quand je vois noir, c’est noir. La guerre, la mort de grand-papounet, la séparation, la peur au ventre lors de l’invasion des topinambours, tout ça a refait surface là-dessous, si je puis m’exprimer ainsi, et d’un coup.

    Et puis hier, Bernard a dit le truc qu’il fallait pour que je remue :
    - Monique, arrête de tirer une tête de cinq kilomètres, ou va t’enterrer ailleurs où j’y suis pas.

    Bref. Il était temps de réagir. Je lui ai fichu un bon coup de patte dans le museau, et je suis montée. Tu devineras jamais sur quel livre je suis tombée, direct ! La cave aux oiseaux. Une histoire où justement, de sales bombes obligent les p’tits piou-piou à se terrer dans le noir en attendant que ça passe. J’ai eu la glotte qu’a joué des castagnotte-gnettes et les quenottes qu’ont eu la tremblette-blotte. C’était tout comme moi, ça, vindiou ! Heureusement, à la fin, dans cette histoire pas rigolote, il est question de liberté. Ouf ! Sauvée, Monique.

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