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03/07/2009

Peter Rabbit: roman historique

E112131.gifMiss Charity
De Marie-Aude Murail

Illustré par Philippe Dumas
L’école des loisirs, 2008

(par Anne-Marie Mercier)


C’est une surprise de trouver chez L’école des loisirs un ouvrage d’une telle dimension : un format inhabituel, un volume de 500 pages, cela fait beaucoup, même si les nombreuses illustrations de Philippe Dumas aèrent le texte. C’est une autre surprise de voir Marie-Aude Murail s’adonner à une biographie imaginaire proche à la fois du roman historique et du conte.
L’ensemble est composé d’éléments très divers et cependant a une grande unité. Le personnage est inspiré de la vie de Beatrix Potter (le lapin de Charity s’appelle Peter) et Philippe Dumas imite à merveille ses images (certaines sont presque des copies) tout en gardant son propre style. Béatrix-Charity recueille toutes sortes d’animaux quand elle est enfant, les peint lorsqu’elle est jeune « jeune-fille », vend des images à l’unité, puis écrit une histoire à partir de croquis de Peter faits pour distraire un enfant malade. Viennent ensuite des histoires de crapaud, souris, etc. Elle fait la cruelle expérience de la rapacité des éditeurs et de la difficulté à mener une vie indépendante pour une jeune fille de sa condition.
Charity écrit son histoire. Mi-journal, mi-autobiographie, le récit suit la vie d’une jeune fille solitaire de la bonne société anglaise, de son enfance à son mariage, tardif : fille unique avec quelques talents, puis fille à marier difficile à placer, puis personnage inclassable et déclassé, « vieille fille », originale, elle devient une artiste.

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03/06/2009

Une ado sans peurs (et sans reproches?)

E113978.gifAilleurs
de Moka

L’école des loisirs (medium), 2009

(par Anne-Marie Mercier)

Moka (qui fait traîner son Sorcier ! en ajoutant volume après volume à sa série), livrerait ici généreusement une trilogie en un seul volume? En fait, c'est une réédition de titres parus à partir de 1991.
Les aventures de Francès, dite Frankie gagnent à être ainsi ramassées car les trois intrigues sont fortement liées par l’amour que la jeune fille de 15 ans voue à un Major de l’armée de l’air, quarante ans, veuf, et père d’un garçon à peine plus jeune qu’elle. A la fin des trois tomes, elle arrivera à ses fins. Désolée de griller ainsi le suspens, mais il faut bien dire que ce texte rompt avec les habitudes prudentes de la littérature de jeunesse.
Rupture sur bien d’autres points assez bien vus même si celui-ci est le plus risqué face aux protecteurs de l’enfance : elle fréquente des jeunes gens pas recommandables et un peu voyous, mais les héritiers des puissants de la ville sont bien pires. Elle fait une fugue et entraîne un plus jeune avec elle, et court de grands dangers, mais sauve un plus petit encore, et puis, il faut bien se faire entendre par les adultes, non ? Elle fait une vie d’enfer à sa sœur conformiste et à sa mère, mais il faut bien que celui (celle) qui a raison toujours, soit le chef, non ? et si ça va pas, on cogne. La négociation n’est pas son fort et elle n’a pas toujours tort en cela.
Bref, pas très conventionnelle, pas dans le discours, pas féminine pour un sou, ni même raffinée, mais attachante, généreuse et sincère, un ovni efflanqué en tee shirt qui lutte contre le racisme, l’hypocrisie, les pyromanes, les dragueurs, l’exploitation des enfants,… et qui n’a peur de rien.

07/02/2009

Blanche-neige au miroir

E113792.gifBelle comme le jour
Gail Carson Levine
Traduit par Agnès Desarthe
L’école des loisirs (Neuf), 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Depuis Ella l’ensorcelée, Gail Carson Levine s’est fait une spécialité des contes revisités. Ici, on ne devine qu’assez tard qu’il s’agit de Blanche Neige (le titre anglais, « Fairest » était plus parlant) malgré les indices livrés dès les premières pages : l’héroïne est une enfant trouvée fort laide ; trop brune dans un pays de gens clairs, trop pâle, aux lèvres trop rouges, mais aussi trop grande. Elevée par des aubergistes, elle arrive au château par une succession de hasard et devient la confidente de la belle princesse au miroir (« dis moi, miroir… »). Cette femme si belle est aussi la perversité même et entraîne la pauvre Aza dans son sillage, amenant le royaume au bord de la ruine, et empoisonnant Aza (avec une pomme, et on connaît la suite) lorsque celle ci devient plus belle qu’elle.

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