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20/03/2009

Rehab

tout ira bien.jpgTout ira bien
Kéthévane Dawrichewy
L’école des loisirs, 2008

(Par Caroline Scandale)

Abel a 17 ans et vient d’être interné à l’Arche, un institut de désintoxication pour jeunes personnes en perdition. Le manque lui broie les entrailles, il lui faut sa dose. Sauf qu’ici il n’aura plus rien. Le sevrage est long et douloureux. Il doit réapprendre à vivre sans cette obsession, redécouvrir les petits plaisirs simples de la vie. Abel convoque le passé qui l’a mené jusqu’ici. Sur quelle faille s’est-il construit ? Certainement celle du père dont il ne sait rien. L’hypersensibilité qui en découle le rend si écorché qu’une fois lié d’amitié il ne l’est pas à moitié. Il pense à la grâce de Lou et à ses rêves de danseuse. Et puis il pense à Antoine son modèle masculin, l’ami miroir-déformant, celui qui lui a fait découvrir le bonheur artificiel.

Son histoire est banale, celle d’une dépendance qui se fonde sur un manque qui la précède. Pour combler désespérément ce vide, Abel cherche à éprouver des sensations fortes, histoire de se sentir vivant un instant, le temps d’un fixe, quel qu’en soit le prix, quitte à en crever… « La vie est trop nue pour qu’il s’en contente ».

Malgré son thème difficile, ce roman incisif est emprunt d’une grande sensibilité et de poésie. L’évocation de la drogue y est faite en évitant les écueils habituels. Ici la descente aux enfers et la rédemption ne sont que prétextes à se souvenir de l’enfance et de l’adolescence encore bien proches.  

En 2004, Tout ira bien est d’abord sorti aux éditions Arléa en littérature générale. Il y connait un joli succès auprés de lecteurs de tous âges. Puis en 2008 il est republié dans la collection Medium de L’école des loisirs. Il touche ainsi un public jeune plus large. L’auteure confirme de cette manière que la frontière entre romans pour adultes et ceux pour adolescents est imperceptible, voir inexistante.

 http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

12/01/2009

La transfiguration du chagrin

cygnes.jpgÀ la rencontre des cygnes
Aurélien Loncke
L’École des loisirs, coll. « Médium », 2008

(par Joannic Arnoi)

Tout commence par une sortie à découvert sous la pluie. « Je suis donc resté sous une averse l’année dernière, juste pour essayer. » Timothé vient de perdre son jumeau, Amblin, et cette singulière incursion « dans les trombes d’eau » trouve une explication : « je croyais que, si la pluie pouvait me nettoyer la tête, je n’y penserais plus trop. ». Le récit qui s’ouvre ici va osciller entre souvenirs héroïques (car Amblin était un héros à sa manière) et scènes de deuil, où l’on voit le narrateur aux prises avec la douleur muette de ses parents ou essayant de surmonter sa propre dévastation.
Cela se passe dans une ville où l’hiver prend des quartiers prolongés, bordée par une forêt opaque, avec un lac en son centre. Forêt où les jumeaux font des prouesses en sculptant la neige ou vont admirer les oiseaux migrateurs ; lac où Amblin s’obstine à patiner, année après année, voulant « glisser avec la légèreté de la libellule et la rapidité du serpent ».

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