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l'aube

  • Miel amer d'Ouzbekistan

    mahmoudov3.jpgLa Montagne éternelle
    Mamadali Mahmoudov
    traduit de l'ouzbek par Philippe Frison
    Editions de L'Aube, 2008

    (par Françoise Genevray)

    La liste de personnages qui ouvre le roman fait-elle craindre au lecteur de s'égarer dans une généalogie touffue ? Qu'il ne se laisse pas intimider : elle aide à s'orienter dans une fresque ambitieuse, chatoyante, mais dont la structure s'avère finalement assez simple. La Montagne éternelle déroule sous nos yeux le quotidien des petites gens d'Ouzbekistan (artisans, bergers, femmes d'intérieur, étudiants), la nature somptueuse qui façonne l'âme du pays, et aussi tout un pan de son histoire riche de valeureux guerriers, de mystiques, de lettrés, de savants. Trois protagonistes masculins se détachent, dont la stature archétypique rappelle et prolonge la riche tradition épique d'Asie centrale. Au premier rang figure Rahmat le charpentier, l'homme de la forêt profonde : fier, puissant, taciturne, le patriarche incarne la continuité familiale et les traditions ancestrales de son peuple.

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  • D'amour et de mort

    alavi3.jpgDanse macabre
    Bozorg Alavi
    traduit du persan par Renaud Salins
    L'Aube, 2004

     

    (par Blandine Longre)

     

    Bozorg Alavi, comme nombre de ses compatriotes iraniens, a préféré l'exil à la censure et à l'enfermement ; en 1953, l'écrivain part pour l'Allemagne, terre d'accueil où il s'éteindra quelque quarante années plus tard. C'est pourquoi les textes que contient ce recueil (les premiers à paraître en français) prennent des teintes occidentales tenaces et l'atmosphère parfois tchékhovienne qui s'en dégage y est tout à la fois étonnante et délicieuse. On se surprend à apprécier le classicisme de chacune des nouvelles — qui rappellent les œuvres de nombreux auteurs japonais de la première moitié du XXe siècle (eux aussi avaient emprunté à la littérature européenne, dès les débuts de l'ère Meiji, tels Akutagawa - certains des thèmes amoureux qu'il développe se retrouvent dans les nouvelles de Bozorg Alavi - ou Kafû, chantre du naturalisme japonais, influencé entre autres par Maupassant).

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