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l'arbre vengeur

  • Ici, le temps devient espace...

    jspitz.jpgL’Œil du purgatoire

    Jacques Spitz

    L'Arbre vengeur, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    Rares sont les romans qui procurent un véritable vertige en amenant leur lecteur au seuil du vide. L’Œil du purgatoire de Jacques Spitz (1896-1963) fait partie de ces cas-limites qui permettent d’éprouver pour ainsi dire physiquement l’angoisse inhérente aux concepts d’éternité ou d’infini.

    « Jacques Spitz ? Connais pas… » Normal, et qui pourra vous en faire grief ? Nous avons affaire ici à l’un des plus éminents représentants de la science-fiction à la française qui, au contraire d’un Pierre Boulle ou d’un René Barjavel, a injustement sombré dans l’oubli. L’essentiel de son œuvre, frappée du sceau de l’imaginaire scientifique, a pourtant été publié chez Gallimard dans les années 30 mais, mystère du tamisage de la postérité, elle n’a pas franchi le cap de la Seconde Guerre mondiale. C’est ainsi que L’Agonie du globe ou encore La Guerre des mouches ne sont plus guère invoqués que par quelques initiés dont le livre de chevet est la monumentale anthologie de Pierre Versins.

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  • Archéofuturisme

    afranklin.jpgLes Ruines de Paris en 4908

    Alfred Franklin

    L'Arbre vengeur, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    On ne se méfie jamais assez des bibliothécaires. Quand ils ne s’amusent pas à empoisonner le coin des pages des ouvrages sulfureux ou à se débaucher égoïstement dans l’Enfer dont on leur a confié la clef, ils affabulent, inventent des livres qui n’existent pas, signalent des cotes introuvables et échafaudent des uchronies apocryphes.

     

    Là résidait sans doute le plaisir majeur d’Alfred Franklin (1831-1917) qui fut longtemps Conservateur de la prestigieuse Mazarine, mais aussi typographe à ses heures. Dans l’une de ses nombreuses brochures, joliment rééditée par les Éditions de l’Arbre vengeur, Franklin imagine sur quoi tomberait les archéologues partis à la recherche des ruines de l’antique cité de Paris… en 4908 !

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  • Homme à vendre (vêtements compris)

    lipski3.jpgPiotrus
    Léo Lipski

    traduit du polonais par Allan Kosko, illustré par Joko
    préface d’Éric Dussert
    Éditions de l’Arbre vengeur, Collection L’Alambic, octobre 2008

    (par Frédéric Saenen)

    C’est une bien curieuse découverte que nous propose l’Arbre vengeur, avec la sagacité qui est coutumière à cet éditeur dans le choix d’auteurs rares et méconnus.
    Léo Lipski (de son vrai nom Lipschütz) est né à Zurich en 1917, mais c’est dans le quartier juif de Cracovie qu’il grandira. En 1939, alors réfugié en Galicie orientale pour fuir la terreur nazie, le jeune homme sera arrêté et déporté par la police soviétique, sous l’accusation d’être un «fuyard ». Après deux ans passés dans les terribles conditions du goulag russe, Lipski est intégré aux Brigades de l’armée polonaises et s’embarque pour l’Iran. Son destin est alors scellé, puisque c’est en Asie Mineure qu’il contracte le typhus qui allait le handicaper et le faire souffrir durant toute sa longue existence. Frappé d’hémiplégie, il s’installe après la guerre en Palestine, à la frontière entre Tel-Aviv et Jaffa. Survivant grâce à l’aide et à la générosité de quelques amis, Lipski va s’enfoncer dans la solitude et se voir inéluctablement gagné par l’immobilité. Une claustration en soi qui n’est pas sans évoquer celle endurée par son contemporain Joë Bousquet. Infirme accablé par la chaleur de l’Orient, Lipski ne trouvera guère d’autre échappatoire à son absurde et tragique condition que dans la littérature. C’est en 1960 qu’il publie Piotrus, roman bref et inclassable que la critique inscrira dans une tradition allant de Kafka à Beckett, en passant par Gombrowicz. Et le récit est à la hauteur d’un si noble lignage.

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  • José de la Cuadra

    noirequateur3.jpgNoir équateur
    José de la Cuadra

    Traduit de l'espagnol (Équateur) sous la direction de Robert Amutio
    Illustrations de Yoel Jimenez - Collection Forêt invisible
    Editions de l’Arbre Vengeur – 2008

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    L’auteur (1903 – 1941), avocat et fondateur de l’Université Populaire de Guayaquil, a écrit quelques nouvelles parmi les plus abouties de la littérature latino-américaine et deux romans, Los Monos enloquecidos (inachevé) et Los Sangurimas en 1934.

     

    Ce recueil de neuf nouvelles en grande partie inédites est représentatif de l’art de cet écrivain équatorien, adepte d’une littérature réaliste (et même naturaliste) à laquelle se mêlent des éléments mythiques et de légendes. Tous ces récits souvent violents, cruels ou macabres se déroulent dans la région côtière au sud du pays, le Montuvio, peuplé de paysans souvent isolés revendiquant leur appartenance à la « raza huancalvica ».

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  • Le Restif du XIXe siècle

    houssaye3.jpgDu danger de vivre en artiste quand on n’est que millionnaire
    Arsène Houssaye
    illustré par Anne Carreil

    postface d’Éric Vauthier
    Éditions de l’arbre vengeur, 2008

    (par Frédéric Saenen)

     

     

    La postérité a retenu bien peu de choses d’Arsène Houssaye (1815-1896). Pourtant, celui dont certains se souviennent parce qu’il fut le dédicataire du Spleen de Paris de Baudelaire en 1869 a laissé derrière lui nombre de poèmes, de romans, de nouvelles, d’articles de critique ou encore de pièces de théâtre. Bref, un auteur qui mérite d’être redécouvert, moins pour l’importance quantitative de sa production que pour le style de ses récits finement ciselés.

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  • L’ami Mirbeau

    omirbeau3.jpgLes mémoires de mon ami
    Octave Mirbeau

    Éditions L’Arbre vengeur, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    On n’en finira jamais de remettre à l’honneur le génie et la saine violence qui animent l’écriture d’Octave Mirbeau. Quand ce ne sont pas ses chroniques littéraires ou politiques qui sont republiées, c’est un roman méconnu qui resurgit et dont on ne peut interrompre la lecture, happé que l’on est par la force d’attraction de ce style dévastateur, énervé et sans concessions.

    Publié à un moment charnière de la production romanesque de Mirbeau – soit entre l’échec de Sébastien Roch en 1890 et la sortie de son chef d’œuvre, Le Journal d’une femme de chambre, en 1901 – Les Mémoires de mon ami est un récit bref, dont l’ironie de fond est noircie au charbon de la révolte.

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