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joëlle losfeld

  • Meckert le juste

    9782070787678.gifNous sommes tous des assassins

    Justice est faite

    Jean Meckert

    Joëlle Losfeld, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    « Le style est à droite, et les idées à gauche. » S’il y a un auteur dont la fréquentation pousse à remettre ce poncif en question, c’est Jean Meckert (1910-1995), que les amateurs de polars connaissent peut-être mieux sous le pseudonyme de Jean Amila.

    Cet anar, pacifiste indéfectible, demeure une figure méconnue qui n’est plus destinée à survivre dans nos mémoires que par ses pages percutantes et la voix qu’il y a déposée, à vif, unique. L’éditeur Joëlle Losfeld lui rend depuis quelques années toute son importance en publiant ses textes les plus engagés et qu’il signa de son nom. Les deux derniers titres parus témoignent de l’originalité de sa démarche et de la souplesse de sa plume. 

    Avec Nous sommes tous des assassins (1952) et Justice est faite (1954), le matériau de base n’est pas l’actualité (comme ce fut le cas pour l’affaire Dominici, dans La Tragédie de Lurs) mais plutôt deux films de Cayatte, portant sur des sujets de société à forte teneur explosible. C’est Gallimard en personne qui passa commande de ces « novélisations » d’œuvres cinématographiques, une technique dont Meckert sera en quelque sorte l’un des pionniers en France. Notre homme aurait pu se contenter de reproduire les dialogues, de restituer les scènes filmées, de poivrer les atmosphères de quelques adjectifs bien sentis, pour emballer l’affaire. Mais consentir à la facilité, c’eût été trop mal servir la gravité des sujets mis en avant par le réalisateur, soit la peine de mort et l’euthanasie. Meckert ne transcrit donc pas, il transpose. Se détachant de son pré-texte, le texte gagne en autonomie et s’impose chef d’œuvre.

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