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jean echenoz

  • Le toucher d’Échenoz

    echenoz4.gifAu piano
    Jean Echenoz

    Éditions de Minuit, 2003

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    L’enfer, c’est la disparition des autres. Serait-ce une leçon possible du dernier roman de Jean Échenoz ? Et d’abord, y a-t-il une leçon ? Au bout du compte, non.
    Commençons par le commencement. Un jour, du côté du Parc Monceau, deux silhouettes d’hommes, un grand et un petit, s’avancent en s’entretenant du chapeau que porte l’un deux (tiens, on dirait du Flaubert – Bouvard et Pécuchet – ou du Queneau, entre Le chiendent et Exercices de style)... L’un des deux hommes est le fameux Max Delmarc, dont nous, lecteurs, savons rapidement qu’il va bientôt mourir, ce dont il ne se doute pas lui-même : avantage donné au lecteur sur le personnage, et octroyé par un auteur omnipotent qui se joue des conventions romanesques et autres pactes de lecture. Ainsi pouvons-nous observer à loisir, avec un détachement qui n’exclut pas l’attachement, la vie et la mort du protagoniste.

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  • Le bonheur là où l’on peut

    echenoz.gifJean Echenoz

    Je m'en vais
    (Editions de Minuit, 1999)
    Prix Goncourt 1999

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    « Je m'en vais » sonne un peu comme le « Allons-y » des vagabonds de Beckett. D'emblée on décide de partir, mais pour où ? Et à la fin, le désir d'y aller est toujours présent, mais on reste là à attendre Godot ou l'on ne sait quoi, l'on ne sait qui. Non, on ne restera pas vraiment : le temps de prendre un verre, de quitter sa femme, d'en voir passer quelques autres, de courir à la recherche d'antiquités exotiques dans le Grand Nord, de se faire voler les dites antiquités par un usurpateur d'identité, de négocier avec des peintres à la mode et des collectionneurs snobs.

    L'art, la virtuosité de Jean Echenoz, c'est d'évoquer les péripéties les plus diverses, en une narration qui prend tour à tour des allures de roman d'aventures (l'expédition sur la banquise), de roman policier (sur les traces des objets volés), de roman d'amour (la belle Hélène, une femme différente), de roman satirique (les excès du mercantilisme artistique), de roman existentiel (les errances sentimentales et les fragilités cardiaques du héros), et en même temps de montrer comme le temps passe, aussi vide que le métro un dimanche d'été, jusqu'à ce que tout recommence, dans une circularité digne des romans de Queneau (Queneau, que l'on retrouve au coin de certaines pages dans l'art du raccourci et de l'accélération, ou chez certains personnages dont la consistance ne s'épaissit qu'au fil des pages).

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