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04/06/2009

Pauvres contemporains

Culicchia été mer.jpgUn été à la mer
de Giuseppe Culicchia

traduit de l’italien par Françoise Brun
Editions Albin Michel, 2009

(par Myriam Gallot)

On aurait tort de passer à côté des romans de Giuseppe Culicchia, contempteur amusé et désespéré de ses contemporains. Son dernier roman traduit en français ne fait pas exception, en racontant les vacances siciliennes d’un couple d’Italiens en lune de miel, pendant que l’équipe de foot nationale remporte la coupe du monde.
 Les personnages sont banals. Banalement détestables.
Elle: superficielle, envieuse, et obsédée par la conception d’un enfant
Lui : défaitiste, rabat-joie et lâche.

« Un été à la mer », c’est l’occasion pour Culicchia de décocher ses traits favoris contre le consumérisme, la misère sexuelle, le conformisme mal assumé, le fiasco amoureux. Tout cela sans jamais se départir de ce rire noir, qui excelle dans le comique de répétition et le grotesque – sa marque de fabrique. On referme son roman avec une lucidité navrée, entre amertume et jubilation.
A lire aussi, du même auteur : Paso Doble (Rivages poche), Patatras (Rivages poche) et Le pays des merveilles (Albin-Michel)

http://www.albin-michel.fr/

12/03/2009

"Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, était fort amoureux d'une fée..."

ogre moscovie.jpgL’ogre de Moscovie

Textes de Victor Hugo, illustrations de Sacha Poliakova

Editions Gautier-Languereau, 2008

A partir de 6 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

On le sait peu, mais Victor Hugo, quand il ne fait pas dans le grandiloquent et le sublime, sait aussi manier le second degré. « L’ogre de Moscovie » est une délicieuse fable comique racontant l’histoire d’un ogre maladroit « fort amoureux d’une fée », qui, sans penser à mal, croque le « marmot » de sa dulcinée… Morale de l’histoire : « aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d’astuce ; N’allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien. » Illustrée par une dessinatrice russe dans un album très grand format, la fable s’incarne en personnages marionnettes, où les ficelles et les manipulateurs apparaissent… et où l’ogre n’est pas forcément celui qu’on croit. Une interprétation astucieuse bien dans le ton de la fable, qui s'adresse peut-être plus aux adultes, capables de percevoir le décalage ludique.

28/02/2009

Brosses à dents en folie

9782070620982.gifLes Brosses à dents
De Pittau et Gervais

Gallimard jeunesse (Giboulées), 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Variations sur les brosses à dents. Elle sont portraiturées comme dans une encyclopédie qui les montre de profil, en couleur, et sous toutes les formes jusqu’aux plus improbables : de la brosse à dents noire de l’aveugle à celle hérissée d’aiguilles du couturier, plantée de tulipes du fleuriste, nuageuse du météorologue…

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15/12/2008

Poilant

loup tout nu.gifUn loup tout nu

De Thierry Robberecht, illustrations de Loufane

Balivernes (collection Calembredaines), 2008

A partir de 5 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

L’habit fait-il le moine ? A n’en pas douter oui, puisque le loup, sitôt son pelage déchiré, se retrouve à poil et ne fait plus peur à personne. Même les moutons se moquent de lui, c’est tout dire ! Une poulette couturière accepte certes de lui confectionner un nouveau pelage, mais rien n’est gratuit, et il faudra bien que le loup accepte ses conditions.

Edité par une jeune maison de la région lyonnaise, Un loup tout nu est un album pétillant qui rappelle l’esprit Looney tunes, par l’humour et le style des illustrations. Les formes rondes et les couleurs vives raviront les petits enfants, qui n’auront plus jamais peur du grand méchant loup.

 

http://www.balivernes.com

13/12/2008

Folies musicales

le_quatuor.jpgCorps à Cordes

Spectacle musical proposé par le Quatuor

Mise en scène Alain Sachs

Théâtre des Célestins, Lyon, 9-31 décembre 2008.

 

(par Françoise Anthonioz)

 

Ils se présentent toujours en queue de pie et nœud papillon avec leurs instruments à cordes, gage de l’apparence du sérieux ! Et cela dure depuis plus de 20 ans... Musiciens, chanteurs, poètes, clowns, danseurs, acrobates, ils savent tout faire. Ils nous entraînent pendant plus d’une heure et demie dans leur délire musical, s’amusant autant que nous, public, dans leur joie contagieuse. Les trouvailles succèdent aux trouvailles sur un rythme effréné dans des tableaux aux thèmes précis : il y a les saisons, l’Espagne, la musique tsigane, les musiques religieuses, les musiques modernes, le rap, le blues , le rock, les variétés, le tout suivant une mise en scène inventive et farfelue.

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06/11/2008

De la vie des abeilles rêveuses

E111512.gifLes rêves de Pauline
De Chris Donner

L’Ecole des loisirs (Mouche), 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Pauline est une abeille qui n’a pas d’ailes et qui s’endort à tous moments. Mais elle a un talent : elle rêve et ses rêves distraient la reine qui la favorise et la protège. Cette fable pourrait soutenir de nombreux propos lénifiants sur le handicap, ou d’autres qui le sont moins, sur les délices de la paresse, la place des artistes dans un monde utilitariste, la vie en collectivité, le caprice des puissants…
Mais Chris Donner ne la prend pas au sérieux et mène son récit avec humour, désinvolture, et un ton délicieusement narquois qui évite à cette histoire de tomber dans la leçon de morale à l’usage des écoles. Le dernier rêve de Pauline est d’ailleurs un cauchemar d’école. « Comment peux-tu rêver des choses aussi affreuses ?» dit la maîtresse. « Je ne sais pas. Il faudrait demander à celui qui écrit le livre sur moi ». Nous le direz-vous, Chris Donner ? Pauline est-elle un masque de l’écrivain? Nous le saurons (peut-être) au prochain épisode.
En attendant, ce tout petit récit est délicieux.

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

06/09/2008

Est-ce bien possible ?

cbourgeyx3.jpgDes gens insensés autant qu’imprévisibles

Claude Bourgeyx

Le Castor Astral, coll. « Escales des lettres », 2008

 

 (par Christophe Rubin)

 

 Des gens insensés autant qu’imprévisibles est un recueil de nouvelles. Claude Bourgeyx semble vouloir y explorer les potentialités extrêmes de certaines types de personnalités, de situations ou de projets. On passe ainsi, presque insensiblement, du quotidien banal à un enchaînement d’actes inédits, insensés, presque absurdes, presque invraisemblables…

Pourtant, l’écriture de ces nouvelles, volontairement plate, factuelle et endossée par un narrateur crédible, nous interroge : rien n’est totalement impossible... C’est extraordinaire et parfois effrayant, mais finalement pas davantage qu’un fait divers ou que certains accidents de l’histoire d’une société. Si fantastique il y a, ce n’est pas celui qui rendrait floue la limite entre le naturel et le surnaturel, entre le scientifiquement possible et l’inexplicable, mais plutôt entre le réel psychologique ou social qu’on croit connaître et celui qu’on n’avait pas encore imaginé comme possible dans de telles extrémités. C’est peut-être un peu l’esprit de l’émission de télé-réalité belge « strip-tease », mais sous forme de fiction littéraire et sans exclure la mort et les dérèglements mentaux ou sociaux les plus inquiétants.

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