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20/11/2008

Le cuisinier, le coiffeur, le peintre, leurs femmes et leur maître

cdovey.jpgLes liens du sang
De Ceridwen Dovey
traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Jean Guiloineau
Editions Héloïse d’Ormesson, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Roman à la façon de Garcia Marquez qui évoque le renversement d’une dictature dans un pays non identifié, l’entrecroisement des destinées, le perpétuel retour du même, le livre de Ceridwen Dovey est tout cela. Mais il est radicalement autre à bien des égards et on peut comprendre que des critiques aient trouvé aussi une parenté avec les romans de Coetzee, compatriote de l’auteure (qui est née en Afrique du Sud et vit à New York) : les rapports entre hommes et femmes, parents et enfants, maîtres et serviteurs sont remarquablement esquissés à travers toute une série de tableaux d’abord bien distincts, puis qui se mêlent de façon inextricable.

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02/11/2008

Guère littéraire

djacob.jpgLa Guerre littéraire
Didier Jacob
Ed. Héloïse d’Ormesson, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Sous titré « critique au bord de la crise de nerfs », ce texte est un texte de crise. Plutôt que d’une crise de la littérature, il est traité ici presque exclusivement d’une crise de sa médiatisation.
Auteurs paranos (il y a de quoi), critiques harcelés, prix truqués, bonnes pages de Match ou VSD… on est loin de la littérature elle-même. Les auteurs cités ne sont pas ceux auxquels on penserait comme sujet de l’écriture de notre temps mais plutôt ceux dont on parle (Angot, Beigbeder, BHL…).

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07/04/2008

Une vie pour la démocratie

benazir bhutto autobio.jpgFille de l’orient

Benazir Bhutto

Autobiographie traduite de l’anglais par Simone Lamblin et Isabelle Taudière

Editions Héloïse d’Ormesson, janvier 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

L’autobiographie de Benazir Bhutto devait à l’origine être sous-titrée « Demain la liberté ! », le sort en a décidé autrement puisque son auteur est tuée dans un attentat quelques semaines à peine avant la date de sortie prévue, en décembre 2007, et l’éditeur a substitué à la mention initiale le sous-titre « une vie pour la démocratie ».

 

Cette volumineuse réédition est très détaillée jusqu’en 1988, date de première édition (avant que l’auteur ne soit premier ministre). Elle propose quelques ajouts : le prologue et le dernier chapitre, qui résument les années 1988-2007, dont on peut regretter qu’elles ne soient par conséquent que peu développées par rapport à ce qui précède.

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18/04/2005

Le poète clandestin

chenez3.jpgLe Resquilleur du Louvre
Bernard Chenez
Editions Héloïse d’Ormesson, 2005

(par B. Longre)

Pensant pénétrer dans l'univers d'une humanité aux abois, celle des abandonnés rencontrés par hasard au coin d’une rue (et dont on évite soigneusement de croiser le regard, par crainte d'y lire, justement, trop d'humanité) le lecteur entre sans grande méfiance dans le récit d'un "sans domicile fixe" ; de magouilles en combines, entre débrouillardise et roublardise, entre désespérance lucide, nostalgie et illusion comique, le narrateur anonyme se métamorphose pourtant en sage éclaireur, philosophe dépenaillé mais détenteur d'une vérité unique. Les apparences étant ainsi inévitablement trompeuses, ce qui pourrait être une peinture crûment réaliste de la misère s'avère être un roman savoureux où la fantaisie le dispute à une noirceur existentielle qui transcende la simple description des privations matérialistes et des stratégies de survie.

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