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futuropolis

  • Détour

    dtronchet.jpgLa gueule du loup
    Didier Tronchet

    Futuropolis 2008

     

    (par Jean-Baptiste Monat)

     

    Créateur de la série BD culte Jean-Claude Tergal et pilier de la bande de Fluide Glacial, Didier Tronchet s'autorise souvent des détours dans d'autres genres : un styliste sensible et drôle s'était révélé dans l'excellent essai intitulé Petit traité de Vélosophie (à faire avaler de force à tous les grincheux automobilistes) et plus récemment dans Nous deux moins toi (Flammarion, 2007). Il aborde ici la bande dessinée d'aventure tout en conservant les ingrédients qui ont fait le succès des Jean-Claude Tergal et autres Raymond Calbuth : l'humour noir, d'attachants personnages de débiles profonds et d'adultes régressifs. L'histoire est tortueuse, rebondissante à souhait, penche vers le polar politique et met aux prises un gynécologue un peu paumé avec un réseau mafieux roumain. Une histoire d'amour s'intercale naturellement. Volontiers fleur bleue, parfois franchement naïf, Tronchet livre une bonne bande dessinée à la fois classique (sans folies graphiques) et très personnelle dans son ton.

  • Par les chemins noirs, David B.

    davidb.jpgPar les chemins noirs, Prologues
    de David B.

    Futuropolis, 2007

    (par B. Longre)

    Un poète au pouvoir

    Pour ce premier récit d’une série thématique destinée à parcourir l’Europe de l’entre-deux-guerres, David B. s’est emparé d’un épisode étonnant de l’histoire italienne, provoqué par le poète révolutionnaire Gabriele D’Annunzio ; avec ses troupes, il investit la ville portuaire de Fiume en septembre 1919 et proclame l’avènement de la république – une république chaotique qui ne jure que par la liberté. Cette toile de fond se mêle habilement aux histoires croisées de plusieurs individus qui profitent de l’anarchie pour s’enrichir – comme Lauriano, un jeune truand cultivé et raffiné, qui rencontre la chanteuse Mina Linda, d’origine incertaine, dont on ne sait si elle fut espionne. Aux portraits expressifs (personnages aux traits marqués, mises en scène légèrement déconstruites) s’intercalent aussi quelques tableaux plus abstraits, qui évoquent les atrocités du passé récent et annoncent celles à venir. La relation de Lauriano et Mina apparaît comme la seule parcelle d’espoir dans cette ville coupée du monde, où l’on ne cesse de s’entretuer ou de se battre, mais où les individus se passionnent plus que jamais pour la politique…

    L'éditeur