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florent fajole

  • « Le clou dans le fer » : une expérience continue

    clou.jpgLes éditions le Clou dans le fer

     

    Entretien avec Stéphane Pihet, Michaël Batalla & Florent Fajole à la suite de cet article.

     

    (par Frédéric Saenen)


    Derrière la voix des gens, en filigrane de la voix des gens, au-delà de la voix des gens, il y a la Poésie. Un rythme vertical ou concentrique. Des phrases hachées qui se cherchent, se mordent la queue, se grattent frénétiquement là où ça les démange. Des mots noirs qui vont se perdre dans le blanc originel. Des murmures si entêtés qu’on les confondrait volontiers avec des cris. Le Clou dans le fer n’est pas une énième « jeune structure éditoriale » – étiquette presque infâmante, tant elle semble porter en germe les perspectives du tarissement et de la disparition. Le Clou dans le fer est un chantier à ciel ouvert, où les artisans s’ingénient à river des matériaux volatils sur le blindage du Sens. Le Clou dans le fer est un travail de rencontres, de choix affirmés, de soigneuse mise en page, qui dénote une profonde maturité littéraire.

    À travers les quatre premiers livres de la collection « Expériences poétiques », une cohérence d’ensemble se dégage, qui jamais n’occulte les individualités en présence. Commençons par la Colonne d’aveugles d’Andrea Inglese qui se dresse au beau milieu du quotidien, et autour de laquelle s’organise progressivement l’émiettement autobiographique du poète. L’esprit, entre rêve et absence, avance en somnambule, achoppe à ses souvenirs ou aux machines sourdement présentes de l’appartement. Face « au peu de monde concédé », il se veut passant. Le lecteur oscille à sa suite, tantôt en italien dans le texte, tantôt en français au fil de la traduction – exemplaire – de Pascal Leclercq. Au sortir de ce flux d’images et de questions, une seule certitude s’impose : en poésie, deux voix valent mieux qu’une.

    On croise ensuite Arlette Robert, Alias Osiris, Salah Kaler ou encore Catherine Benoît. Ou du moins Sebastian Dicenaire nous immerge-t-il, à la faveur de quelques instantanés logorrhéiques, dans des fragments de leurs discours.

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