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flammarion

  • Et si...

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    Ceux qui sauront
    de Pierre Bordage
    Flammarion (Ukronie), 2008

    Divergences 001 (Anthologie)
    Flammarion (Ukronie), 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Les éditions Flammarion ont lancé fin 2008 une nouvelle collection de romans de SF destinées aux ados, Ukronie. Une « uchronie », c’est un récit qui imagine une bifurcation dans l’Histoire : un événement n’a pas eu lieu, ou s’est produit autrement ; le cours des événements que nous a transmis l’Histoire en a été changé : l’invincible Armada n’a pas sombré, Pizarre a été chassé d’Amérique avant de pouvoir détruire des empires, Hitler a gagné la guerre, etc. C’est un thème qui connaît aujourd’hui une nouvelle faveur (voir Et si on refaisait l'histoire ? de Anthony Rowley  et Fabrice d' Almeida).
    L’un des ouvrages, Divergences 001, est une anthologie. Les textes, de M. Pagel, F. Colin, L. Généfort, J. Héliot, X. Mauméjan, P. Pelot, J.M. Ligny, P. Mc Auley R. Wagner et E. Henriet, sont souvent ingénieux, parfois prenants, mais l’ensemble ne convainc pas : il semble que le genre de l’uchronie s’accommode mal de la forme brève. Faute de pouvoir inventer un univers avec toutes les conséquences matérielles, intellectuelles, esthétiques, politiques, religieuses, qui auraient découlé d’une autre histoire, les plus réussis des textes sont des nouvelles réussies, mais pas des uchronies frappantes.

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  • Fantasy & cie

    9782081209831_cm.jpgLumina Princesse guerrière. Vol.1 : L’exil de la lumière
    De Alain Grousset, Danielle Martinigol, Paco Porter

    Flammarion, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Réédition en un volume de quatre des dix livres d’une série parue chez Castor Poche entre les années 2000 et 2002, ce livre épais a toute la légèreté nécessaire à ce qu’il vise. Il s’agit de faire rêver de jeunes lecteurs à des aventures pleines de suspens, d’exotisme et d’un brin de merveilleux (quelques animaux de légende : licorne, tigre ailé,…).
    Ajoutez à cela un héros qui est une héroïne, fille d’un bon roi assassiné par traîtrise, belle, naïve et tendre qui devient par obligation une fuyarde puis une guerrière solitaire, mais reste très humaine. Elle a des pouvoirs, aussi, qu’elle découvre progressivement. Il y a une secte de méchantes magiciennes à laquelle elle devrait être intégrée. Les autres méchants ont l’âme noire à souhait, on s’embarrasse peu de descriptions ni de style, le nombre des personnages secondaires est restreint afin de ne pas embrouiller. Mais une invention intéressante, celle d’un personnage qui peut être tantôt fille tantôt garçon (Ninyo ou Ninya). Quelques noms feront sourire et penser que ces trois auteurs ne se prennent pas trop au sérieux (un personnage s’appelle Tolken, un saltimbanque Médranno). Et tout cela est bien mené et reprend de bonnes vieilles ficelles efficaces, comme le montre le titre, désuet à souhait.

  • Un Troie de trop

    resize.php?ref=9782081210981&type=1&w=250&h=250&r=0.4&s=0.6Les Survivants de Troie
    vol. 2 : La Forteresse des oracles

    De Michel Honaker

    Flammarion, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Le premier volume n’était pas mal ; fidélité relative à la trame de l’Enéide, mise en lumière d’Ascagne, une dose de fantastique moderne, avec un rythme soutenu, soit. Ce deuxième volume est plus gênant. On y retrouve certes habilement adaptés quelques-uns des épisodes marquants de l’épopée, notamment le combat contre Turnus avec l’infernale Alecto. Mais d’autres sont transformés inutilement ou totalement inventés (comme l’invention du supplice d’Ascagne dans le palais de Didon). Pourquoi s’inspirer de textes existants et célèbres, si c’est pour y greffer ses propres inventions et ainsi les trahir de façon bien simpliste ?

    Le Tome 1

    Editions Flammarion 

  • La trajectoire de Gecko

    Blacklaws oranges2.jpgOranges sanguines
    Troy Blacklaws
    traduit de l'anglais par Pierre Guglielmina
    Flammarion, 2008

    (par Joannic Arnoi)

    Oranges sanguines est le deuxième roman traduit en français du Sud-africain Troy Blacklaws (après le splendide Karoo Boy, qui vient de reparaître en « Points roman »). Les deux livres relèvent du même genre — le récit de jeunesse — même si Oranges sanguines embrasse une période de temps et des horizons géographiques plus vastes. Le héros-narrateur, Gecko, a sept ans lors des premières scènes et vit dans une ferme au Natal, « collines parsemées de vaches et de huttes d’argile », à l’Est du pays. Et l’histoire se clôt une douzaine d’années plus tard au Danemark, où il est parti rejoindre Zelda, sa muse.

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  • Un monstre très humain

    doppel1.jpgDoppelgänger
    David Stahler Jr
    traduit de l’anglais par Luc Rigoureau
    Tribal, Flammarion, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Roman s’inscrivant à la fois dans la veine fantastique et dans celle de la chronique adolescente, Doppelgänger décrit un univers réaliste, socialement et affectivement très vraisemblable, alors que le narrateur est par nature un non-humain : un jeune Doppelgänger privé de nom, « une créature primitive », un caméléon qui s’approprie pour un temps la vie d’un être humain qu’il a au préalable assassiné. Un monstre ? Le narrateur « se pose la question depuis que je suis en âge de réfléchir. Je n’ai toujours pas de réponse. Ma mère estimerait que non. D’après elle, notre race n’a rien à voir avec le bien et le mal - "ces sottes conventions humaines". »

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  • L’infidélité a du bon

    honaker4.jpgLes survivants de Troie, vol.1, Le prince sans couronne
    Michel Honaker

    Flammarion, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Après l’Odyssée, voici l’Énéide en trilogie (c’est le premier tome), revue par Michel Honaker, dans un volume très bien présenté (belle maquette, belle illustration de couverture de Laurent Beauvallet, fidèle à ce qu’on trouvera dans le livre : l’accent mis sur un jeune héros et une troupe hétéroclite et errante). On ne reviendra pas sur la déception, l’agacement causé par la première série, bien loin de l’esprit de l’épopée. Ne s’attendant à rien d’autre on pourra savourer ce gros roman plein d’événements, de bruit et de fureur, moins tragique cependant que ses illustres modèles. La prise de Troie et le massacre des habitants sont évoqués rapidement et avec discrétion – par volonté d’épargner les jeunes lecteurs ?

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  • Adapter / rapprocher ?

    honaker3.jpgOdyssée
    tome II, Les naufragés de Poséidon

    Michel Honaker
    Flammarion, 2006

    (par Anne-Marie Mercier)

    L’Odyssée, adaptée par un auteur à succès comme Michel Honaker, devait être un bon moyen pour faire goûter une œuvre qui n’est plus beaucoup lue par les jeunes lecteurs (encore que les programmes de français de 6e la recommandent comme l’un des textes «fondateurs » dont l’étude est recommandée). Michel Honaker écrit bien, il manie même avec naturel les épithètes homériques, et certaines pages ont du souffle.

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  • Paul, où les tribulations d'une "petite bite".

    zi3.jpgZi
    Sébastien Combemale
    Flammarion, 2005

     

    (par B. Longre)

     

    Le titre, monosyllabe égarée cherchant vainement sa moitié pour faire sens, semble attendre qu’on le redouble ; ce sentiment d'incomplétude est au cœur de l'existence de Paul, qui examine sa condition d'homme petitement membré avec lucidité, examen tour à tour pathétique, cynique ou drolatique, frisant l'obsession pathologique, pour notre plus grand plaisir de lecteur. Paul se dit "bancal de naissance, impotent. La vie m'a estropié, amputé." Son sexe de "petite taille", pour reprendre l'un des euphémismes du narrateur, l'a laissé tranquille jusqu'à l'adolescence, époque fatidique des comparaisons et des complexes en tout genre, coïncidant avec la découverte des films pornographiques : "une scène aura suffi pour constater que je n'avais pas de quoi aimer mon prochain comme les autres. Tout juste de quoi m'y faufiler." Ce qu'il voit comme un handicap physique majeur influe désormais sur toute son existence et transforme toute interaction sociale en une souffrance. Sa vie entière se résume à ce manque, à quelques centimètres de chair dont l'absence fait de lui : "un talon d'Achille de la tête aux pieds." C'est toujours à la taille de son sexe qu'il attribue son égocentrisme, sa phobie du féminin, son manque d'amabilité, son onanisme compulsif ou encore sa reconnaissance envers sa mère, l'une "des rares femmes de ma connaissance à avoir pu légitimement s'émouvoir de mon passage en son intimité." Cette moitié d'homme (c'est lui qui le dit...) rejette en partie le besoin de compétition exacerbée qui caractérise la plupart des comportements de ses pairs et tâche de dépasser son complexe d'infériorité en cultivant une certitude secrète : celle de valoir mieux que les autres, ceux qui affichent sans crainte du ridicule leur assurance phallique et leur fierté dominatrice ; "leur aisance me déchire. Je les hais parce qu'au fond de moi je les envie. Si vulgaires et odieux soient-ils, ils sont mes héros et je ne me sens pas de taille." pense-t-il à l'adolescence, un temps de frustrations et de plaisirs solitaires.

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