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  • L’Afrique m’avait salement rattrapé

    couv_7729.jpgSarcelles Dakar
    Insa Sané
    Sarbacane, collection Exprim

    (par Christophe Rubin)

    Il faut lire Sarcelles Dakar. La seule troisième partie, racontant le voyage en Casamance d’un jeune homme de dix-neuf ans, mérite que ce roman soit acheté et lu.
    Insa Sané, slameur et comédien. D’après la liste des albums qui composent la « bande son » qui précède le texte (Erykah Badu, Bob Marley, Oxmo Puccino, Public Enemy, The Roots…), il a des oreilles. Il a aussi une vraie plume et il sait surprendre son lecteur… Ce roman de formation, qui alterne les songes prémonitoires et l’action, dénude peu à peu son héros, Djiraël, et le découvre à lui-même au fur et à mesure qu’il s’approche de l’Afrique de ses ancêtres. Au début, ce ne sont que de petites histoires de banlieue entre jeunes : amours et arnaques de débutants, avec le langage qui va avec. Tout cela semble bien superficiel, à juste titre : même le père absent – il est retourné au pays – et le malaise éprouvé par le fils semblent banals. Il s’agit dans un premier temps de dire cette banalité, en tant qu’absence de repère et de sens, dans la vie comme dans le roman.

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  • J’ai deux amours…

    ldelachair3.jpgBoris Vian et moi
    Lou Delachair

    Roman Exprim, Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    Elsa, 18 ans, arrive à Paris afin d’étudier la littérature (accessoirement) et surtout de tenter de sauver le couple déjà « vieux » qu’elle forme avec Louis, son premier « grand » amour, connu cinq ans plus tôt au lycée. Car tandis qu’Elsa est convaincue de toujours l’aimer, Louis semble s’être muré dans une indifférence qui ne fait qu’accroître le mutisme et l’angoisse de la jeune fille – incapable de rompre ce statu quo, de le quitter, de le libérer, de passer à autre chose. Ils ne s’installent pas ensemble, vivent chacun de leur côté dans la même rue du quartier latin ; et même si, imperceptiblement, tout a changé entre eux, ils continuent de se voir chaque jour, par la force de l’habitude, sans qu’il ne se passe plus grand-chose – hormis la lente agonie de leur histoire.

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  • Rêver pour vivre et vice-versa

    mademoiselles3.jpgLa vie rêvée de Mademoiselle S.
    Samira El Ayachi

    Exprim, Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    Entre deux eaux, Salima a bien du mal à réconcilier son présent et ce qu’elle éprouve (et laisse rarement sortir) – ses frustrations, sa lassitude face aux pressions qui viennent de toutes parts, ou tout ce qu’elle n’ose espérer vivre un jour. Fille d’immigrés marocains, issue d’un milieu modeste, la jeune lycéenne de terminale, pétrie de contradictions, semble ne plus savoir quelle route emprunter : certes, elle reconnaît la valeur de son travail scolaire et ses camarades lui en savent gré (profitant de « la » bonne élève comme bouée de sauvetage), tout comme ses professeurs (qui peuvent compter sur elle quand les autres les désespèrent…), mais Salima reste pourtant lucide sur la finalité de ce qu’elle apprend au lycée. Simultanément, cette étiquette d’élève brillante et consciencieuse (« dans le système, attrapée docile », dit-elle) lui pèse tout autant que certains rituels familiaux qui l’ennuient ou les incitations à « continuer ainsi » de ses parents qui veulent lui assurer le meilleur avenir possible. Alors, quoi faire ? Chercher un petit boulot ? Entrer dans la vraie vie ? Oui, mais comment ?

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  • La vie à refaire

    mcuvelier3.jpgLes mots, ça m’est égal
    Mélanie Cuvelier

    Exprim’ Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    « Avez-vous des idées noires. Je vis des idées blanches, et je me porte au plus pâle. »

     

    Résolument composé sous le signe de la poésie, avec Barbara qui veille en exergue sur les mots à venir, ce premier roman de Mélanie Cuvelier et sa narratrice Jeanne, dix-huit ans, accrochent d’emblée la sensibilité du lecteur, qui aura bien du mal à lâcher ces lignes, quel que soit le degré des souffrances, des frustrations et des brisures qu’elles renferment. Le langage prend à la gorge, tandis que Jeanne, enfermée en hôpital psychiatrique par ses parents, ces « ils » « d’où elle est née » (un constat qu’elle aimerait pouvoir invalider, enviant à certains leur statut d’orphelin) se raconte, dévide le fil de ses pensées tremblantes, de son incapacité à se « dire » à haute voix mais aussi à se résigner à son sort malgré la lassitude qui l’habite ; à pas prudents, elle énonce son désespoir, le morcellement qui la hante, sa privation de liberté, l’irritation qu’elle éprouve face à ces « blouses » anonymes, l’obsession du temps qui passe, dehors, sans elle, ou son désir de mort qui la suit comme une ombre.

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  • Cavalier seul

    chevalierb3.jpgChevalier B.
    de Martine Pouchain

    Sarbacane, Romans Exprim’ 2007

     

    entretien avec l'auteure à la suite de l’article.

     

    (par B. Longre)

     

    Barnabé Bouton aime Rosa Valet, qui ne le sait pas. Il lui écrit, mais signe ses missives de son initiale, et Rosa a beau se creuser la cervelle, elle est loin de soupçonner que c’est « le gros Barnabé » qui compose de si belles lettres, pleines d’envolées toutes bucoliques – lui qui a quitté l’école dès 16 ans. Entres deux lettres, Barnabé passe ses journées à travailler dans la ferme familiale et à écouter une vieille cassette du Concerto n°3 de Rachmaninov en compagnie de son champ de maïs (qui apprécie la musique), en laissant voguer son imagination et en rêvant à l’inaccessible Rosa ; lui vient alors une idée : pour gagner son cœur et attirer son attention, il pourrait changer le monde, et dans ce cas, autant s’attaquer à ce qu’il connaît si bien, son village, où tout ne marche pas nécessairement comme il faudrait… à commencer par le champ de maïs transgénique, qui rencontre la désapprobation de tous les habitants : « une mission parfaite pour un chevalier », se dit le jeune fermier…

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  • L’amour "global"

    amulpas3.jpg

    La fille du papillon, d'Anne Mulpas
    Sarbacane, Romans Exprim’ 2006
    à partir de 13 ans

    (par Blandine Longre)

    « Ce n’est pas un banal coup de foudre, ce n’est pas une bête histoire d’amour. Non, non et non. C’est autre chose », écrit Solveig dans le journal intime qu’elle a choisi d’écrire, en dépit de ses principes… car elle a enfin quelque chose à raconter et à confier depuis qu’elle a rencontré celui qu’elle baptise d’emblée « le Monde », le garçon qui va prendre désormais beaucoup de place dans ses pensées et dans sa vie.

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