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  • Une pédagogie de l’effroi

    sademoraliste3.jpgSade moraliste
    Le dévoilement de la pensée sadienne à la lumière de la réforme pénale au XVIIIe siècle
    Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
    Éditions Droz, Collection « Bibliothèque des Lumières », Volume 66, Genève, 2005

     

    (par Frédéric Saenen)

     


    Depuis plus d’un demi siècle, les études sadiennes psalmodiaient la même litanie au sujet du Divin Marquis : l’indiscutable vérité de cette œuvre était à chercher du côté du Mal absolu, incarné aussi bien par une vaste galerie de figures incorrigiblement licencieuses et blasphématrices, que par leur créateur lui-même, qui fut emprisonné ou interné près des deux tiers de son existence pour délits de mœurs. De Sollers à Barthes, de Klossowski à Pauvert (premier éditeur de Sade digne de ce nom), de Blanchot à une kyrielle d’universitaires en mal de frissons et de références sulfureuses, un véritable « mythe Sade » s’est forgé, basé sur une approche uniquement littéraire de critiques jaloux des prérogatives de leur interprétation.

    Et voici qu’un essai, réécriture d’une thèse soutenue il y a quelques années en Sorbonne devant Maurice Lever (une autorité en la matière), vient bouleverser les perspectives et démultiplier les pistes de lecture de l’interdit et de « l’inter-dit » sadiens. En effet, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer relève le défi de décrypter toute la production de Sade, en se fondant aussi bien sur ses proses les plus scandaleuses (les versions successives de Justine et de Juliette, les 120 journées, etc.) que sur sa très abondante correspondance, ses textes les moins lus, ses brouillons et enfin son théâtre, tenu pour ennuyeux.

     

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