16.04.2009
Lueurs de l’intérieur
La maison des lumières
Didier Van Cauwelaert
Albin Michel, 2009
(par Radu Bataturesco)
L’illusion prend le pas sur le réel. Dans “Mille et une nuits” comme dans la vie.
Didier Van Cauwelaert, amphitryon d’un établissement à stroboscope ! Le nouveau numéro d’illusionnisme concocté par “Magic Didier” s’appelle, à plus d’un titre, La maison des lumières. Encore un tour de passe-passe littéraire (voir sur www.sitartmag.com la chronique de “La nuit dernière au XVème siècle”) et pas des moindres, si l’on en juge le pitch : un apprenti boulanger d’Arcachon, Jérémie Rex (!), entre dans un tableau de maître pour revivre pendant 4 minutes 30 le bonheur paroxystique de son histoire d’amour, passion qui se trouve en cul-de-sac ! La ficelle est grosse et pourtant, on la mange comme du petit pain chaud, s’il vous plaît. D’un trait, d’un seul. D’une mastication. Pétrie par DVC, la pâte du paranormal a, dans votre assiette, le goût du soleil et du croissant de lune.
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21.02.2009
Conte à régler, conte à rebours
La nuit dernière au XVème siècle
Didier Van Cauwelaert
Albin Michel, 2008
(par Radu Bataturesco)
Qu’est-ce qu’un écrivain digne de ce nom? Évidemment, pas celui qui noircit les pages à la queue leu leu, ni celui qui publie et même vend des dizaines de milliers d’exemplaires. Un écrivain digne de ce nom a le style (limpide), le savoir-faire (au zénith) et la liberté (intérieure), construit un monde et une œuvre propres, avec des thèmes et des livres singuliers et complémentaires pour soutenir l’édifice, et surtout, surtout, un écrivain digne de ce nom est touché par la grâce. À travers cette grille, les écrivains, les vrais, se comptent sur les doigts d’une main en territoire francophone. À travers cette grille, malgré leur imposante stature (médiatique), Houellebecq et Sollers (par exemple) paraissent tout à coup un tantinet laborieux ou trop appliqués pendant que Modiano et Van Cauwelaert se retrouveraient tout naturellement aux premières loges. Deux plumes, deux mesures : chez Modiano, entre les lignes, se dessinent des couchers de soleil, des univers sépia et des temps suspendus entre chien et loup, chez Van Cauwelaert, entre les lettres, danse le feu follet des petites lumières : éclairs généreux, regards d’intelligence, connivences rayonnantes rendent l’écriture de ce dernier ensoleillée, habitée. Habités sont aussi ses personnages principaux, miroirs de l’auteur projetés dans une double dimension.
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