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08/06/2009

Vérité pour soi, vérité des autres


Sois près de moi
Andrew O’Hagan
Traduit de l’anglais par Robert Davreu
Christian Bourgois, 2008

(par Joannic Arnoi)

Au milieu de la cinquantaine, le père David Anderton a changé de paroisse pour se rapprocher de sa mère qui « prenait de l’âge » à Édimbourg. C’est ainsi qu’il est arrivé à Dalgarnock, dans l’Ayrshire, une région sinistrée, et travaillée par les conflits de l’Irlande du Nord si proche. Dans une Écosse prolétaire, David Anderton est immédiatement perçu, par son éducation et sa langue, comme un symbole malgré lui de l’Angleterre patricienne, et prêtre catholique sur des terres orangistes.

Son récit est d’emblée marqué par la fatalité d’un environnement hostile : « Des ennuis comme les miens commencent, comme ils finissent, dans des milliers d’endroits, mais mon année en Écosse pourrait bien servir de révélateur. Il n’y a pas d’autre façon de présenter l’affaire. Dalgarnock apparaît maintenant comme le lieu central dans une histoire qui m’était familière depuis le début, comme si chaque année et chaque heure tranquille de ma vie professionnelle n’avaient été qu’une préparation à la noirceur de cette ville, où l’espoir ressemble à une campanule dont les clochettes sonnent la nuit. » (p. 15)

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09/06/2008

Mort naturelle et sagesse indienne

jharrison3.jpgRetour en terre
Jim Harrison

traduit de l’anglais par Brice Matthieussent
Christian Bourgois, 2008

 

(par Nicolas Cavaillès)


Tel Tolstoï pour La Mort d’Ivan Ilitch, il a fallu à Jim Harrison une certaine maturité (une bonne dizaine de très bons romans) pour approcher le thème de la mort et s’aventurer dans ces contrées éprouvantes, insupportables si l’on se garde de sombrer dans le mélo-dramatique. Son dernier ouvrage, Retour en terre, s’inscrit d’emblée sur le fil de cette corde raide, précisément pour raconter les déboires d’une famille confrontée à la mort précoce du pater, Donald, métis Indien-Finnois atteint d’une sclérose en plaques : comment mourir, comment vivre avec un mourant, comment survivre à un mort – il faut une certaine expérience à la fois de la vie et de la littérature pour servir en romancier cette manne universelle et délicate, souvent traitée, très souvent maltraitée. Puisant dans la spiritualité indienne, et armé comme toujours de son extraordinaire verve truculente et humaniste, Jim Harrison traverse avec justesse et sensibilité la forêt sombre et sauvage de la mort et du deuil, poursuivant par ailleurs l’immense fresque de l’Amérique dont son œuvre chante les drames distendus et les menus répits.

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23/01/2002

Mises au point

robbegrillet1.gifLe Voyageur

Alain Robbe-Grillet
Articles et entretiens réunis et présentés par O.Corpet avec la collaboration d'E.Lambert
Christian Bourgois Éditeur, 2001

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

À l'automne 2001, un triple événement a consacré une manière de retour sur la scène éditoriale d'un Robbe-Grillet buriné mais toujours alerte (80 ans) : La reprise, roman (Minuit), un double numéro de Critique (n° 651-652, août-septembre 2001), et Le voyageur, Textes, causeries et entretiens (1947-2001) ; sans compter les articles, intervious (orthographe robbe-griettienne), dossiers et autres publications voulus par la circonstance.

Le voyageur fut, de l'aveu même de l'auteur, le premier titre de son roman Le voyeur (1955) : le romancier circule, et dans ses déambulations perçoit et analyse à la fois les choses et sa propre perception des choses. Selon le même principe que Pour un nouveau roman, paru en 1963, Le voyageur se présente comme un recueil de textes théoriques rassemblés dans un ordre chronologique, suivis d'entretiens publiés dans des journaux et revues entre 1959 et 2000.

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