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  • Gus, un enfant d'aujourd'hui

    gus.jpgLe petit Gus
    Claudine Desmarteau
    Panama, 2008

    A partir de 9 ans

     

    (Par Catherine Gentile)

     

    Le 29 mars 1959, la première histoire du Petit Nicolas paraît dans Sud-Ouest dimanche et conquiert rapidement les faveurs du public. Aujourd’hui ce personnage et ses copains font toujours rire les enfants et les grands, malgré leur ancrage dans les années soixante, il y a donc bien longtemps …

    Le 28 août 2008, Le petit Gus (dédié à René Goscinny et à Jean-Jacques Sempé) paraît au Panama, imaginé, écrit et dessiné par Claudine Desmarteau qui fait preuve d’une belle énergie et d’une langue drôle et inventive. Espérons qu’il aura une aussi belle longévité !

     

    Gus, notre narrateur, c’est donc Gustave, « tout ça parce que les vieux prénoms moches étaient à la mode le jour où je suis né. » Il a dix ans, un père qui perd ses cheveux, une mère petite et brune, qui fait un régime, une grande sœur de 14 ans, Delphine, qui écoute Nirvana en boucle sur son i-Pod, un plus grand frère, Romain, 17 ans, qui porte des pantalons trop horribles complètement collés aux mollets, mais qui sont « style » d’après lui (prononcer « style » comme dans « ail »), trois grands-parents (parce que l’une de ses grands-mères est « dessoudée » !), et une chatte, Monica, (à cause de Monica Belluchi) qui attend des chatons. Gus va à l’école, il est en CM2 avec Arthur, Victor, Aboubakar, Romane, Sofiane, Ahmed, Rachid, Guondo, Alice, Jamila et Ryan. Pas en avance, le Ryan : 13 ans, 80 kg, qui « traverse toujours la cour de l’école comme un taureau sans regarder en dessous de lui si un humain croise sa route ».

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  • Que la force...

    lleborgne3.jpgJe suis ta nuit
    Loïc Le Borgne

    Intervista 2008 (collection 15-20)

     

     (par Catherine Gentile)

     

     

    Loïc Le Borgne, écrivain journaliste, s’est fait connaître en littérature avec sa trilogie publiée chez Mango, dans la collection Autres mondes : Le Cycle d’Eden. Destiné aux adolescents, ce Space opera entraîne les lecteurs dans un voyage à la fois poétique et très animé, en compagnie de la jeune Marine et de ses compagnons embarqués à la recherche d’un mythique Monde bleu. L'auteur revient aujourd’hui en force avec un roman fantastique d’une rare intensité, dans lequel il explore les terreurs de l’enfance.
    Le narrateur, un homme de 37 ans, n’a rien oublié de son enfance à Duarraz, petit village breton proche de Rennes, de ses amis disparus, des heures noires vécues avec eux, et surtout du Bonhomme noir qui a hanté leurs jours et leurs nuits. Pour un temps seulement, cela s’était estompé, bulle de répit illusoire, mais voilà que cela revient aujourd’hui, alors que son fils, Tristan, dix-sept ans, veut se rendre seul à l’enterrement de son amie, parce que l’on ne peut pas lutter contre le temps, on ne peut pas effacer.

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  • Mu, Le feu sacré de la terre

    mu3.jpgLa trilogie du gardien, tome 1 : Mu Le feu sacré de la terre
    de David Klass

    traduit de l’anglais par Julien Ramel
    Intervista, 2007 - collection 15-20 ans

     

     (Par Catherine Gentile)

     


    Une nouvelle collection chez Intervista, co-dirigée par Denis Guiot
    et Constance Joly-Girard : « 15-20 ».

     

     

    Denis Guiot explique que la démarche éditoriale qu’il a choisi d’adopter avec Constance Joly-Girard vient combler le « no man’s land éditorial » que l’on constate en ce qui concerne les jeunes adultes. Ceux-ci ne se retrouvent ni dans la littérature de jeunesse, justement trop ciblée pour les enfants et les adolescents, ni dans la littérature pour adultes. Captés bien souvent par d’autres centres d’intérêt, ils délaissent alors la lecture.
    Denis Guiot précise encore : « La collection « 15-20 » proposera des romans en prise avec les grands enjeux de notre société, des romans pour rêver et prendre conscience, des romans d’apprentissage où les héros devront « mouiller leur chemise », des romans écrits dans une langue claire, dynamique et naturelle. Notre politique éditoriale s’appuie sur du divertissement de qualité au service d’une ouverture sur la vie, et prend en compte les pratiques culturelles de la tranche d’âge visée. Les titres que nous publions en 2008 parleront du danger que court la planète, du suicide des jeunes, de l’immigration clandestine, de la ghettoïsation des banlieues, etc. Mais sans prêchi-prêcha et en gardant toujours à l’idée que lire n’est ni une obligation, ni une occupation démodée, ni une activité élitiste, ni une fuite hors du monde, mais un plaisir simple, intense et actuel, qui fait partie de la Vie. »

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  • Tu ne me connais pas

    klass.jpgTu ne me connais pas
    David Klass

    traduit de l’anglais par
    Jean et Claude Demanuelli
    Seuil jeunesse, 2002

    (Par Catherine Gentile)

    Dès l’entrée dans le roman, on entre de plein fouet dans le désarroi du narrateur, John, un adolescent malheureux qui s’adresse à sa mère et ne s’exprime que par la négation : elle ne le connaît pas, l’homme qui vit avec elle n’est pas son vrai père, son école est une anti-école, sa maison n’est pas la sienne… John souffre de l’apparente indifférence de sa mère, une femme usée par le travail en usine et surtout, de la violence de son beau-père, qui le « corrige » sans laisser de traces. John n’épargne donc personne, pourtant son récit n’est pas un règlement de comptes.

    Ouvrir le roman, c’est surtout entendre la voix de cet adolescent, une voix fière et forte, un garçon malheureux qui s’avère pourtant plein de ressources. Il montre une lucidité étonnante et raconte le monde qui l’entoure avec un humour décapant, ce qui lui permet de le trouver sans doute plus supportable. Il a aussi recours à son imaginaire en s’inventant une tribu exotique, les Palulu du Lashasa, et en se demandant ce que ferait cette tribu dans telle situation vécue par lui. Il raconte aussi ses premiers pas dans le domaine amoureux, d’une manière à la fois très pudique et désopilante.

    On a rarement aussi bien parlé de l’adolescence et ce roman mérite vraiment le détour. Un texte étonnant et juste qui montre bien la difficulté de se construire à cette période de la vie. A conseiller à de bons lecteurs à partir de 13 ans, garçons et filles.

  • De luttes en luttes...

    davodeau3.jpgLes Mauvaises gens
    Etienne Davodeau -
    Delcourt, 2005

     

    sélection Prix public du meilleur album - Prix du Scénario
    Angoulême 2006

     

    (par Catherine Gentile)

     

    La première de couverture, construite en symétrie, est explicite : « les mauvaises gens » se tiennent entre l’église et l’usine. Les mauvaises gens vivent dans la région des Mauges, un coin de campagne entre Angers et Cholet, à l’écart des voies de passage, où les notables locaux font la loi et pratiquent un catholicisme fervent et très fermé.

     

    Etienne Davodeau est né et a grandi dans cette région farouche, dont le nom, les Mauges, viendrait d’une contraction de l’expression « mauvaises gens ». C’est l’histoire de ses parents que Davodeau raconte ici et, à travers eux, la manière dont ont évolué les mentalités et le pays. Marie-Jo et Maurice sont nés dans deux villages voisins, dans des familles modestes et catholiques : leurs deux pères étaient pour le premier ouvrier agricole et le second garde champêtre, les enfants fréquentent l’école catholique jusqu’à leur certificat d’études, école majoritaire dans la région, qui joue son rôle pleinement en assénant l’idée que la place de chacun est délimitée une fois pour toutes et que l’on ne peut en changer. Une fois les courtes études terminées, si l’on n’est pas détecté par les enseignants, on va travailler dans les usines que possèdent les petits seigneurs du coin, qui gèrent leurs fabriques d’une poigne paternaliste. C’est ainsi que, ne dérogeant pas à la règle, les parents d’Etienne Davodeau entrent très vite dans le monde du travail.

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