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castor astral

  • Bernanos, divinement illisible

    bernanos.jpgMonsieur Ouine

    Georges Bernanos

    Le Castor astral, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    « Illisible ! Inintelligible ! » C’est d’une telle litanie d’adjectifs péremptoires que les correcteurs des éditions Plon émaillèrent, en 1935, les marges du manuscrit de Monsieur Ouine. Georges Bernanos s’était mis à rédiger, ou plutôt à rêver par écrit, ce roman dès l’année précédente. Sa version définitive, complétée de chapitres inédits écrits au Brésil, ne sera publiée qu’en 1955.

    On peut donc admettre que cette œuvre, cent fois remise sur le métier, constitue le point d’orgue de la production bernanosienne. Synthèse de son art narratif et de ses réflexions sur l’éternel problème du mal, Monsieur Ouine est un absolu.

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  • Est-ce bien possible ?

    cbourgeyx3.jpgDes gens insensés autant qu’imprévisibles

    Claude Bourgeyx

    Le Castor Astral, coll. « Escales des lettres », 2008

     

     (par Christophe Rubin)

     

     Des gens insensés autant qu’imprévisibles est un recueil de nouvelles. Claude Bourgeyx semble vouloir y explorer les potentialités extrêmes de certaines types de personnalités, de situations ou de projets. On passe ainsi, presque insensiblement, du quotidien banal à un enchaînement d’actes inédits, insensés, presque absurdes, presque invraisemblables…

    Pourtant, l’écriture de ces nouvelles, volontairement plate, factuelle et endossée par un narrateur crédible, nous interroge : rien n’est totalement impossible... C’est extraordinaire et parfois effrayant, mais finalement pas davantage qu’un fait divers ou que certains accidents de l’histoire d’une société. Si fantastique il y a, ce n’est pas celui qui rendrait floue la limite entre le naturel et le surnaturel, entre le scientifiquement possible et l’inexplicable, mais plutôt entre le réel psychologique ou social qu’on croit connaître et celui qu’on n’avait pas encore imaginé comme possible dans de telles extrémités. C’est peut-être un peu l’esprit de l’émission de télé-réalité belge « strip-tease », mais sous forme de fiction littéraire et sans exclure la mort et les dérèglements mentaux ou sociaux les plus inquiétants.

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  • Désynchronisation familiale

    100prcent3.jpg100% chimique

    Doeschka Meijsing

    Traduit du néerlandais par Charles Franken

    Le Castor Astral, « escales des lettres », 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    C’est une histoire de famille, retorse et ambivalente. Une famille où les hommes n’ont jamais vraiment eu leur mot à dire et où ce sont les femmes qui occupent le devant de la scène, en premier chef la pétulante arrière-grand-mère, modiste allemande, Maria Blumenträger, puis ses filles, petites-filles, jusqu’à son arrière petite-fille, qui tente de compléter le puzzle de ces Allemands devenus Néerlandais par nécessité, « immigrés qui ont refermé la porte derrière eux. »

     

    La narratrice livre une guérilla sans merci à sa mère Ilna qui refuse de livrer ses souvenirs à sa fille, dont elle se méfie. Nous sommes 100% chimique, a entendu dire cette dernière à la télé, alors à quoi bon aller chercher l’âme de la famille ? Pourquoi vouloir inventer n’importe quoi ?

     

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