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  • Mais qu’allons nous faire de tant de bonheur ?

    les moindres petites choses.jpg

    Les moindres petites choses
    Anne Herbauts
    Casterman, 2008

     

    (par Caroline Scandale)

     

    Les moindres petites choses, qui donnent son titre à ce bel album, composent de manière indicible et bouleversante notre existence. À travers ces sensations, Anne Herbauts explore la conscience de soi et l’impuissance humaine à formuler ses émotions face à la beauté du monde qui nous dépasse.
    Madame Avril possède une petite maison, un jardinet et un lapin. On pourrait croire ces lieux confinés et son existence étriquée mais il n’en est rien. Certains jours, quand elle réfléchit, le jardin s’agrandit… Le quotidien se déploie, sort du cadre. Et de là, nait un sentiment d’infini lui faisant penser qu’elle est bien trop minuscule pour ces moindres petites choses. Elle se laisse alors submerger par des sentiments inexprimables, indéfinissables et inattendus… Que peut-elle faire de tant de bonheur ?

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  • Sous le silence, le sens

    anneherbauts3.jpgPetites météorologies

    Anne Herbauts
    Les albums Duculot, Casterman, 2006

     

    (par B. Longre)

     

    Une missive vogue de page en page, traversant des paysages gris ou ternes, un nuage de vapeur rose sorti d’une cafetière s’en va rejoindre un comparse bleu échappé d’une seconde cafetière… Sous les autres nuages, derrière des portes ou des fenêtres à rabats, des personnages, des objets, quelques scènes de la vie quotidienne, des instantanés en concentré d’un instant T. sur un espace circonscrit par les bords du livre.

    D’un point de vue esthétique, le travail d’Anne Herbauts est irréprochable, et l’on plonge avec curiosité dans ses créations qui nous happent par leur illisibilité première, procurant un sentiment de spontanéité ; des pleines pages silencieuses qui pourtant nous parlent, disent de multiples petits riens qui, en se combinant et en s’accumulant, racontent plusieurs histoires croisées, de brèves émotions, dont la plupart vont s’accorder à l’univers imaginaire de chaque lecteur. La lecture se fait ici acte individuel et intime, par le biais d’une observation vagabonde – l’auteure n’imposant aucun sens de lecture, ni explication prémâchée.

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  • Dix-sept reflets d'un pays aux mille visages

    17japon3.jpgLe Japon vu par 17 auteurs
    ligne éditoriale Frédéric Boilet et Masanao Amano
    Casterman, Ecritures, 2005

     

    (par B. Longre)

     

    La pluralité est de rigueur dans cet ouvrage collectif séduisant, qui réunit dix-sept auteurs, dont neuf francophones (invités en résidence dans divers endroits du pays, deux semaines durant) et huit Japonais ou résidents au Japon. Chacun d'entre eux a accepté de composer une histoire inédite en noir et blanc, des planches qui tiennent, pour certaines, de l'autobiographie, et pour d'autres du reportage ou de la fiction, l'unique contrainte étant celle du lieu, fil conducteur qui se subdivise en une multiplicité d'atmosphères et de récits bien différents. Quant aux illustrations, toutes les mouvances graphiques se sont données rendez-vous dans cet ouvrage, de la plus classique à la plus dissonante. Nécessairement éclectique, donc (les auteurs ne s'étant nullement concertés), cet album de plus de 250 pages nous conduit sur diverses routes, souvent imprévisibles, et forme un bel ensemble de visions croisées ou divergentes, qui ne prétendent pas à l'exhaustivité, mais qui sont simplement le reflet de points de vue subjectifs, qui parfois mettent en relief quelques préjugés mutuels - tout en soulignant cependant l'idée d'une fascination mutuelle entre deux cultures, un lien déjà naissant au XIXe siècle (en particulier à l'ère Meiji, quand le Japon s'ouvrit sur l'occident) dans les milieux littéraires japonais.

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  • Q-Ta Minami, mangaka

    qta.jpgJeux d'enfant
    Q-Ta Minami
    Casterman, coll. Sakka, 2005

    (par B. Longre)

    La collection Sakka, désormais bien installée, ne cesse de faire connaître au lectorat francophone de nouveaux auteurs japonais, tels Satoshi Kon ou Kiriko Nananan. Q-Ta Minami, mangaka qui appartient à la même génération que les précédents, signe un album (à lire de droite à gauche, selon la tradition) se présentant comme une ébauche autobiographique dans l'ensemble assez cocasse - en dépit d’un parcours archi classique : une jeune fille se cherche, ne sachant comment remplir son existence, jusqu'au moment où elle se découvre une passion pour le manga…
    Une fraîcheur certaine se dégage de cette histoire au demeurant assez banale, mais la galerie de personnages permet à l'auteure d’explorer divers modes d’expression graphique.

    L'éditeur

  • La sirène d'Amidé

    kaikisen3.jpgKaikisen, retour vers la mer
    Satoshi KON

    Casterman, collection Sakka, 2004

     

    (par Blandine Longre)

     

    S'inspirant d'une mythologie poétique qui prête à l'ondine (représentée ici sous les traits de la femme-poisson, telle que nous la connaissons) des pouvoirs sur la mer et ses créatures, Kaikisen se présente comme un manga émouvant, palpitant et engagé, dont l'action se déroule à Amidé, une petite ville côtière imaginée par l'auteur, et qui s'accroche à son passé tout en essayant de s'adapter à une modernité galopante, avec la promesse d'un essor économique sans précédent. L'histoire débute sur un œuf mystérieux dont Yôsuké, un jeune homme rêveur et respectueux des traditions, sera bientôt l'unique gardien, comme l'est encore son grand-père, prêtre Shintô. Ce dernier, en dépit de son grand âge et du cancer qui le ronge, a encore la force de s'opposer vivement aux desseins de son fils, le père de Yôsuké, qui a "vendu son âme" en osant sortir l’œuf de son sanctuaire et le donner en pâture aux médias, à l'affût de nouveautés depuis que la petite ville de pêcheurs se transforme.

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  • Leçon d’humanisme

    charlesmasson3.jpgSoupe froide
    Charles Masson

    Casterman, Écritures, 2003

    (par B. Longre)

    Quand frappe l'hiver, on a tous quelques pensées fugaces pour les plus démunis ; les journaux et les radios se chargent de nous le rappeler et entonnent une litanie (c'est la faute à la froidure...) qui, à force d'être répétée, perd de son sens et devient, comme beaucoup d'autres sujets, une façon de combler le vide. La mauvaise conscience refait surface, mais tout s'efface très vite des esprits qui habitent des corps à l'abri du froid, de la faim et de la déchéance. L'ouvrage de Charles Masson est exemplaire, car il force le lecteur à l'intimité d'un rude face à face : impossible de détourner les yeux, de refermer l'ouvrage et d'ignorer le cheminement d'un homme aux portes de la mort, impossible de se boucher les oreilles et de ne pas entendre la voix de cet anonyme abandonné de tous et son long monologue entrecoupé de jurons et de regrets. D'emblée, le lecteur comprend que ce clochard (avec sa grossièreté, sa brusquerie et son corps qui se délite) n'aura pas la chance de survivre, que son corps va lâcher et que ses pensées, que nous sommes les seuls à connaître, seront les dernières.

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