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cassandre

  • Cassandre et la furie

    435px-Cassandra_prophecies_MAR_Naples.jpgCassandre
    Monodrame pour comédienne, ensemble et électronique
    Michael Jarrell
    Mise en scène de Georges Lavaudant
    Livret d’après Christa Wolf
    Avec Astrid Bas
    Nuits de Fourvière, 13 juin 2009

    (par Nicolas Cavaillès)

    Statique et violente, Cassandre, vêtue de noir, clame et crie le sombre destin qui fut le sien – prédire l’avenir et ne pas être crue, connaître par avance les drames des Troyens et les voir survenir, impuissante, cantonnée dans son rôle de spectatrice trop savante pour ne pas être qualifiée de folle – âme tacite de la tragédie, conscience aphone et criante. Mis en scène par Georges Lavaudant avec une sobriété peut-être trop stylisée, sur une musique de Michael Jarrell (ensemble dirigé par Susanna Mälkki), le texte véhément de Christa Wolf que déclame la puissante Astrid Bas dans une diction rythmée, soucieuse et insistante, reconstitue l’enfance de la prophétesse, et les cruelles heures qui précédèrent la Guerre de Troie, et le cauchemar de cette même Guerre. Tout avait beau avoir déjà eu lieu pour Cassandre, dans ses tourments visionnaires, tout n’en aurait pas moins lieu. Face à quoi, Cassandre se tient, ici, excédée, statique et violente – elle que l’on imaginait pourtant faible, à jamais fragilisée, tristement lucide, jusque dans son amour. Elle qui, au cœur des catastrophes troyennes, fait figure de blanche innocente, tremblotante et compatissante, on lui prête ici une grave furie, plutôt digne de Médée, une furie de battante, d’héroïne : la douce beauté de Cassandre ne tient-elle pourtant pas justement à sa distance, dramatique, divine, à sa volonté pure et vaine d’éviter le déchaînement des furies ?