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cadex

  • Pierre Cendors

    cendors.jpgLe voyageur sans voyage

    Pierre Cendors

    Cadex éditions, 2008

     

    (par Jean-Baptiste Monat)

     

    Il est question dans ce texte court d'un train qui ne s'arrête jamais, d'un homme immobile et d'un enfant plein de pitié. Il est question des conversations des gens au sujet de ce train, de l'effroi et du rêve qu'il charrie. Difficile d'expliquer l'étrangeté qui parcourt ces lignes : sur les petites pages de la collection « Texte au carré », les mots les plus simples paraissent condenser un monde de significations. Il convient de prêter l'oreille, c'est de la poésie, et de se laisser flotter à la surface des apparences fantastiques du récit. On entendra alors parler de douleur et de souvenir, évoquer une histoire bien réelle, transfigurée. Un très beau texte, dans un format original et avenant.

     

    http://www.cadex-editions.net

     

    http://endsen.blogspot.com/

  • Les anges dans nos campagnes : une bonne nouvelle ?

    cri3.jpgUn cri

    Pierre Autin-Grenier
    illustrations de Laurent Dierick
    Cadex Editions, 2006

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Faite en principe pour une lecture d’un instant, une vraie et bonne nouvelle se lit paradoxalement avec la lenteur savoureuse de la dégustation. Cette édition illustrée par Laurent Dierick, particulièrement soignée, met justement en valeur les qualités du texte.

    Un cri est un récit bref qui prend son temps. Le cri en question est là dès le début, mais ce n’est qu’à la dernière ligne, au dernier mot que son mystère s’élucide, et encore… Le narrateur (un « nous » anonyme qui sollicite profondément le lecteur) a bien le dernier mot, mais ce dernier mot laisse à ce lecteur l’entière responsabilité de sa lecture. Entre temps, on fait la connaissance de Baptiste, paysan rude à la tâche, taciturne et bourru, qui mène la quête nocturne sur fond de ténébreuse terreur.

    Chaque terme est à sa place, chaque phrase s’emboîte parfaitement dans une narration qui penche carrément vers la poésie : on entend le cri, on voit la lune et les étoiles, on devine les ombres des arbres, on perçoit même la sonorité des pas du « curieux cortège dans les profondeurs de quelque forêt fatale ».

    De quoi rappeler que si la notoriété de Pierre Autin-Grenier repose sur ses récits, la valeur de ceux-ci repose sur la densité poétique de leur prose, sur ce que Dominique Fabre, dans la préface du présent opuscule, appelle la « langue riche et goûteuse » de cet écrivain « honnête homme et anarchiste », « inconsolable » et « comique », qui adopte volontiers et sans en avoir l’air une « posture de moraliste ». En somme, un écrivain marginal qui met la marge au cœur de nos préoccupations en nous menant quérir un cri poussé dans le lointain, au-delà des limites.

    http://www.cadex-editions.net