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18/02/2009

Karpe diem...

karmasutra.jpgKarma Sutra, 30 positions à fantasmer
Maïa Brami et Barroux

Magellan & Cie, 2008

 

Entretien avec l'auteure.

 

(par B. Longre)

 

Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…

Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.

 

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04/02/2009

Le jeu troublant de l’existence

dlachaud.jpgLe vrai est au coffre
Denis Lachaud
Actes Sud, 2005 / Babel 2009

 

(par B. Longre)

 

Des parents aimants et une atmosphère familiale relativement paisible ne pourront empêcher le petit Thomas, qui démarre son récit à l’âge de cinq ans, de peu à peu glisser dans un monde parallèle, semi imaginaire, qui annonce de façon ténue la fracture identitaire à venir. Les indices offerts au lecteur sont d’abord maigres : la création, entre autres, d’une famille virtuelle avec son amie Véronique et ses poupées, un éparpillement de réalités qui se superposent dans l’esprit du jeune narrateur et qui n’inquiètent pas d’emblée, des jeux en surface innocents qui ouvrent pourtant la voie à un malaise plus ample, qui prend corps quand Thomas (Tom pour lui-même et Toto pour ses parents…) entre à l’école primaire, et devient le bouc émissaire d’une catégorie brutale d’élèves, prompts à tourner en dérision son comportement qu’ils disent efféminé.

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29/01/2009

Abrutissement généralisé

debris.jpgDébris

Dennis Kelly

traduit de l’anglais par  Philippe Le Moine et Pauline Sales

Editions théâtrales, Culturesfrance, collection Traits d'union, 2008

 

(par B. Longre)

 

« Pauvre maman. Elle n’avait pas compris que les gens dans le poste ne sont pas réels, ce n’est qu’un écran magique, les mots ne sont plus qu’une collection chaque jour plus abstraite de sons dans les airs. La réalité était bel et bien dans son ventre, la réalité grandissait là, c’était moi la réalité. Une enfant-plante suçant la mort par sa langue-pomme de terre – c’était ça la réalité. »

 

Texte saisissant, Débris traite de la déliquescence familiale, sociale et humaine et examine avec acuité la manière dont les rapports (de force ou d'amour) entre les générations évoluent, corrompus par l’incommunicabilité, elle-même engendrée par la télévision, omniprésente : un mal déréalisant qui provoque une perte des repères, du sens et pire encore. Il s’agit là d’un théâtre essentiellement allégorique, où l’horreur des situations exposées sert avant tout à mettre l’accent sur les dysfonctionnements qui agitent les rapports humains, en particulier la relation parent-enfant.

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18/01/2009

Le bonheur est dans la forêt

doppler3.jpgDoppler
Erlend Loe
traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
Gaïa, collection taille Unique, 2006 / parution en 10-18 janvier 2009

 

(par B. Longre)

 

Qui est réellement ce Doppler qui donne son nom au quatrième roman d’Erlend Loe publié en français et qui, soit dit en passant, nous fait tant rire ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ? Ou tout simplement un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse et enfants, d’aller trouver refuge dans la forêt proche d’Oslo et d’adopter un jeune élan comme seul compagnon ? Certes, Doppler reconnaît ouvertement sa misanthropie en admettant ne pas aimer les gens (surtout les Norvégiens…) et son départ s’accorde à la logique jusqu’au-boutiste qu’il a décidé de suivre désormais. Avide de silence, il vit depuis six mois dans la forêt où il a planté sa tente dans un coin tranquille et érige petit à petit un système de valeurs dont le premier commandement est le suivant : fuir l’application humaine, qui caractérisait la vie étriquée qu’il menait avant, faite de petites obsessions matérielles et de préoccupations déshumanisantes, vécue au rythme des Teletubbies, héros de son fils téléphage, ou des élucubrations tolkieniennes de son adolescente de fille.

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10/01/2009

De l'indianité, de l'humanité.

shermanalexie3.jpg

Dix Petits indiens
Sherman Alexie
traduit de l'anglais par Michel Lederer
Albin Michel, Terres d'Amerique, 2004
Parution en 10-18, janvier 2009

 

Ten Little Indians (Secker & Warburg, 2004)

 

(par B. Longre)

 

Le titre de ce recueil évoque instantanément la chansonnette des "Dix petits nègres" (aux affreux relents colonialistes, popularisée par Agatha Christie dans un roman policier devenu en politiquement correct And Then There Were None) et l'autre version de la comptine, plus connue aux États-Unis, qui parle de « dix petits indiens » ; mais contrairement à l'écrivaine britannique, Sherman Alexie est conscient de la provocation contenue dans ce titre : peut-être une manière de mettre sur le même plan Noirs et Indiens d'Amérique (les deux peuples ayant subi des souffrances plus ou moins similaires de la part des "colons" américains) ou bien une façon de contrer les stéréotypes indélébilement attachés au "Native American", l'Amérindien. Car Sherman Alexie, Indien Spokane/Cœur d'Alène, né en 1966 dans une réserve de l'État de Washington, sait de quoi il parle quand, tout au long de ses récits et de ses romans, il ne cesse de raconter la condition indienne, thème récurrent de son œuvre ; mais ces parcours spécifiques (moins pathétiques ici que dans son recueil précédent, Phoenix, Arizona, qui se centrait sur la vie à l'intérieur de la réserve) lui permettent aussi d'explorer avec finesse les dysfonctionnements inhérents à la société américaine et de remonter aux sources de ce qui compose la «spécificité» de l'identité indienne — pour peu qu'on puisse la définir vraiment — et plus généralement, les méandres et les complexités de l'âme humaine et la difficulté d'être différent, ou... des avantages que l'on peut en tirer.

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31/12/2008

Olga, la compil

olga.jpgLe grand livre d'Olga
Geneviève Brisac, illustrations Michel Gay
L'Ecole des loisirs, 2008

(par Blandine Longre)

Excellente idée que de rassembler les douze histoires d’Olga, la jeune héroïne imaginée par Geneviève Brisac il y a déjà quelques années (en 1990, pour être exact, date de sa première apparition dans la collection Mouche) dans un seul volume grand format d’une belle épaisseur, ponctué des esquisses de Michel Gay : pas moins de 420 pages d’aventures familiales qui mettent en scène une fillette, entre candeur et lucidité, toujours prompte à s’interroger et à enquêter (sur l’existence du Père Noël, dans Le Noël d’Olga), à remettre en question l’ordre des choses, à s’inquiéter de ce qui pourrait passer pour des broutilles aux yeux des adultes (quand il s’agit d’inviter des amies qui risquent de se moquer de sa maison « nid de souris », dans Olga fait une fête), ou à se révolter face à des injustices flagrantes – comme dans Olga et les traitres (où l’arrivée d'une remplaçante terrifiante incite certains enfants à céder à la peur), Chaque histoire dévoile habilement les appréhensions, les bonheurs et les difficultés qui font grandir, à travers les expériences quotidiennes d’une petite fille volontaire et attachante, dans une famille ou la liberté d’expression prévaut.

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

28/12/2008

Explorer l'espace du livre

lesgrandsarbres.jpgLes Grands Arbres
Anne Vauclair et Marc Bellini
roman photo (photographies d'identité) en 15 cartes postales. 10.5 x 15, 15 cartes retenues par une bague, imprimées en quadrichromie offset sur couché semi-mat - La Diseuse.

 

(par Blandine Longre)

 

La Diseuse, association de micro-édition co-dirigée par Marc Bellini et Lilas Seewald, propose d’aborder le livre et la lecture autrement… en publiant des livres-objets, en mettant en place des collaborations parfois inattendues entre auteurs, dessinateurs, artistes, en mettant aussi l’accent sur l’innovation graphique.
J’ai récemment découvert quelques-uns de leurs ouvrages, dont une série de quinze cartes postales intitulée Les grands Arbres, qui combine des textes d’Anne Vauclair et des photographies de Marc Bellini, dont le travail inclut un usage original du photomaton.

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16/12/2008

Vivre avec les loups

dhearst3.jpgLes Chroniques du Loup, tome 1, la promesse des Loups
Dorothy Hearst

traduit de l’anglais par Marina Boraso
Albin Michel, 2008

(par B. Longre)

« Ne jamais se mêler aux humains.
Ne jamais tuer un humain sans provocation.
Ne jamais laisser en vie un loup de sang mêlé... »


Telles sont les trois règles qui régissent les meutes de la Grande Vallée. Aussi, le jour où Ruuqo, chef de meute, égorge les frères et les sœurs de la jeune Kaala et bannit sa mère qui a enfreint la loi en choisissant un mâle extérieur à la vallée, la petite louve épargnée se voit traitée en étrangère par la plupart de ses compagnons. Elle s’adapte malgré tout à la vie collective et se fait des amis, dont Ázzuen, louveteau malingre mais futé, et Tlitoo, un corbeau qui veille sur elle.
Cette saga préhistorique qui se déroule il y a 14 000 ans, quelque part dans le sud de l’Europe, est un beau roman des origines qui mêle mythologie, onirisme, fable politique et morale (les femelles, progressistes, s’opposent souvent aux mâles – réactionnaires, figés par la loi), pragmatisme de la survie et spiritualité, et met en scène des loups qui, tout en se comportant en animaux (instinct, sauvagerie, sens aiguisés, rivalités et hiérarchie de la meute, etc.) n’en possèdent pas moins des capacités intellectuelles et une émotivité propres aux humains.

04/12/2008

Une vie de Pumpkins

392580919.jpgThe Smashing Pumpkins / Tarantula Box Set
Claire Fercak
Le mot et le reste, 2008

 

(par B. Longre)

 

 « Dans notre sang, cadences nerveuses et mélopées fantastiques. »

 

Quand vous écoutez certaines paroles-et-musiques en boucle depuis des années et que vous ouvrez un livre qui vous raconte que cela n’arrive pas qu’à vous, il y a de quoi se réjouir. Après, aimer (ou du moins connaître en néophyte) les Smashing Pumpkins est-il une condition indispensable pour qui voudrait goûter pleinement à cette inclassable fiction musicale ? Pas nécessairement, car dans la trentaine de « pistes » composée par Claire Fercak, on trouve non seulement un fil narratif cohérent (l’histoire d’une fille-chanson enfermée dans sa boîte-refuge, un coffret de musiques d’où elle refuse obstinément de sortir), mais aussi une écriture qui épouse à merveille les sensations, les détresses, les errances et les aventures de l’héroïne changeante, se modifiant au fil des musiques, à l’instar des décors et des atmosphères.

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25/11/2008

Miracle de l'écriture

remington.jpgRemington
Joseph Incardona
Fayard Noir, 2008

 

(par B. Longre)

« On a beau dire, on écrit pour se raconter soi-même, le plus souvent, les autres ne sont qu’un prétexte. Meubler le vide est une imposture. »

On s’attend parfois à lire un polar (et tout l’indique – ne serait-ce que le titre de la collection ou le titre tout court), et on se trouve littéralement pris de court, plongé dès les premières pages dans une chronique désenchantée où la froideur de ton le dispute à la désespérance, où le quotidien du narrateur, cadré, organisé, ne suffit pas à nous duper sur le mal-être qui l’habite, ni sur les émotions qui le malmènent. Matteo Greco n’est ni flic, ni voyou. Il mène au contraire une vie réglée, disciplinée, même, et sans drames (si l’on omet les faits divers qu’il découpe dans les journaux) et parvient à cumuler plusieurs activités, alternant brèves missions pour une agence de sécurité (par nécessité financière), entraînements de boxe et séances d’écriture, qui se déroulent à sa table de cuisine, sur laquelle séjourne une vieille Remington portative. Il écrit des nouvelles (inspirées, justement, des petites coupures qu’il collectionne) et, bientôt, un roman, sur lequel il reste malgré tout très discret.

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23/11/2008

Amour partagé

stjean.jpgL’amant de Saint-Jean
Vedrana Donić

Vedrana éditions, 2007

 

(par B. Longre)

 

En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.

 

http://www.vedranaeditions.com/

21/11/2008

Rêver la terre

livredesterres.jpgLe livre des terres imaginées

Guillaume Duprat

Seuil jeunesse, 2008

 

(par B. Longre)

 

Il n’existait pas, jusqu’à présent (du moins à ma connaissance), d’ouvrage jeunesse répertoriant aussi précisément les visions passées (parfois récentes) que les êtres humains ont pu avoir de la terre qui, on le sait, n’a pas toujours été ronde, mais triangulaire (selon le moine bouddhiste Vasubandhu), semblable à un bouclier (celle des mythes grecs), un plateau en équilibre sur un serpent (chez les Fons du Bénin), aplatie aux pôles (théorie de Newton), un bol renversé (dans la Chine du Ier siècle) ou encore une bille creuse (selon Edmund Haley, dans l’Angleterre du XVIIe)…

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17/11/2008

C’est quoi, ce livre ?

quoi6.jpgLe livre des c’est quoi
Alain Korkos, Illustrations Véronique Deiss

La Martinière Jeunesse, 2008

(par B. Longre)

Après Le livre des Qui, Alain Korkos et Véronique Deiss commettent un nouvel ouvrage sur le mode questions-réponses (71 en tout), à partir d’interrogations que les enfants curieux (la majorité, donc) sont susceptibles de se poser. Dans un langage limpide, mais de façon développée et parfois érudite, l’auteur répond à des questions aussi éclectiques que : « C’est quoi une merveille du monde ? Tirer le diable par la queue ? La vengeance ? Pousser à bout ses parents ? Roter ? Péter ? L’instinct ? Une gargouille ? Un blog ? »… Inutile d’en énumérer davantage, cet échantillonnage illustrant la variété des thématiques et des champs disciplinaires qui sont mis à contribution suffira. Aussi, les explications seront tour à tour scientifiques, historiques, psychologiques ou facétieuses, et surtout intelligentes et adaptées au lectorat visé (à partir de 7-8 ans). Pour accompagner le tout, on retrouve les illustrations de Véronique Deiss, qui réinterprète avec impertinence et drôlerie chaque question, et l’on appréciera certains dessins en apparence très simples qui racontent, à eux tous seuls, une histoire venant se superposer aux propos de l’auteur.

http://www.lamartinierejeunesse.fr  

08/11/2008

Un monstre très humain

doppel1.jpgDoppelgänger
David Stahler Jr
traduit de l’anglais par Luc Rigoureau
Tribal, Flammarion, 2008

 

(par B. Longre)

 

Roman s’inscrivant à la fois dans la veine fantastique et dans celle de la chronique adolescente, Doppelgänger décrit un univers réaliste, socialement et affectivement très vraisemblable, alors que le narrateur est par nature un non-humain : un jeune Doppelgänger privé de nom, « une créature primitive », un caméléon qui s’approprie pour un temps la vie d’un être humain qu’il a au préalable assassiné. Un monstre ? Le narrateur « se pose la question depuis que je suis en âge de réfléchir. Je n’ai toujours pas de réponse. Ma mère estimerait que non. D’après elle, notre race n’a rien à voir avec le bien et le mal - "ces sottes conventions humaines". »

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29/10/2008

Méfions-nous des apparences

bnicodeme.jpgMensonges

Béatrice Nicodème
Timée, 2008

 

(par Blandine Longre)

 

Rien ne va plus entre Jacques Valette, chirurgien renommé qui a entamé la rédaction de ses mémoires, et son épouse Jeanne, journaliste, partie vivre à Paris. Depuis leur séparation, il habite une grande maison isolée, sans se douter qu’un inconnu s’apprête à lui rendre visite et à le séquestrer, pour des raisons encore obscures. Un cambrioleur de passage ? Un ancien patient venu régler ses comptes, suite à une opération qui aurait mal tourné ? L'intrus est en tout cas esthète et habile comédien, comme en témoignent son goût pour la mise en scène et son sens de la théâtralité. De son côté, Jeanne se morfond depuis la disparition de son amant, qui l’a quittée comme « un mirage », et elle se confie à un ami policier. Ensemble, ils retracent les pas du fuyard et découvrent que Valette le connaîtrait…

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25/10/2008

Enfance chinoise, entre gris et rouge.

maoetmoi.jpgMao et moi
Chen Jiang Hong
L’Ecole des loisirs, 2008 

(par B. Longre)

 

Chen Jiang Hong, peintre et illustrateur vivant en France depuis une vingtaine d’années, est né dans une grande ville du nord de la Chine, là où commence son récit autobiographique : une suite d’anecdotes et de souvenirs qui défilent dans l'ordre chronologique et laissent apparaitre, en filigrane, la douceur de la vie quotidienne, auprès de parents et de grands-parents aimants, et sa dureté. En 1966, il a trois ans, quand débute la révolution culturelle dont on connaît les conséquences désastreuses qu’elle a pu avoir sur le pays et les individus.

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14/10/2008

c’était les années 70...

1993115357.jpgMes années 70
Claudine Desmarteau
Panama, 2008

 

(par B. Longre)

 

Un album grand format que je recommande tout particulièrement : le dernier-né de Claudine Desmarteau, qui donne sacrément envie de (re)descendre dans la rue, de clamer « peace and love » ou d’écouter du Janis Joplin… L’impertinence salutaire et l’humour vivifiant de ce revival se goûtent sans modération et l’auteure, qui parle d’expérience, a l’habileté de mêler souvenirs personnels (sa garde-robe, ses lectures, ses goûts et ses activités, etc.) et thèmes plus vastes (libération de la femme, interdits et progrès sociaux, mode et musique, politique, etc.).

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12/10/2008

Dans un livre, tout est permis

mammouth.jpgLes mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite sœur
Alex Cousseau, illustrations Nathalie Choux
, Sarbacane, 2008

(par B. Longre)

Cet album en apparence inoffensif (si l’on se contente de se fier à la mine sympathique des personnages et au rose bonbon de la couverture) dissimule en réalité des questions retorses (mais essentielles) qui permettent à la fois de découvrir, à travers quelques décors fantaisistes, le parcours d’un jeune narrateur fort curieux et de s’interroger sur le livre en tant que création (et collaboration) : une mise en abîme que l’on trouve rarement dans cette catégorie littéraire.

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08/10/2008

Partira ? Partira pas ?

candelaria_double.jpgCandelaria ne viendra pas
de Mercedes Deambrosis
vu par Marko Velk
éditions du Chemin de fer, 2008

 

(par B. Longre)

 

 

Un mari qui l’humilie avec une cruauté désormais inscrite dans la banalité du quotidien, des enfants égoïstes qui la méprisent ouvertement, une vieille mère capricieuse : voilà à quoi se résume l’existence d’une mère de famille madrilène au tempérament peu affirmé...

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29/09/2008

J'ai un truc

truc.jpgMoi, mon truc

M. Lisa et D. Perret
L’Atelier du poisson soluble / musée du Louvre, 2008

 

(par B. Longre)

 

Un titre du Poisson soluble à classer, une fois encore, parmi les inclassables et autres curiosités… D’abord, la couverture astucieuse de ce petit ouvrage souple offre la possibilité de l’envoyer tel quel par la poste ; mais on insistera davantage sur ce qu’il contient : une énumération de situations où l’on se sent en position d’infériorité, par la faute de petits détails en réalité bien anodins ; des situations qui sentent assurément le vécu et qui partent d’un postulat commun à nombre d’entre nous (« Quand je ne peux plus me voir en peinture… », d’où l’une des raisons du partenariat éditorial avec le Louvres). Les auteures nous offre une petite solution simple mais efficace pour s’accepter tel que l’on est – encore fallait-il y penser.


http://www.poissonsoluble.com/main.html