Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

belfond

  • Emmurée vivante

    ofarrell.jpgL’étrange disparition d’Esme Lennox

    Maggie O’Farrell

    Traduit de l’anglais par Michèle Valencia

    Belfond, 2008

     

    (par Caroline Scandale)

     

    Deux jeunes sœurs dans les années 30. L’une fait la fierté de ses parents en se conformant à leurs attentes, l’autre refuse tout compromis.  L’histoire se déroule entre l’Inde et l’Écosse, dans une famille bourgeoise. Esme, petite fille espiègle et rêveuse grandit aux côté de sa douce sœur Kitty et de son petit frère adoré. Les prémices d’une incompréhension parentale à son égard se font sentir. Elle est indomptable et rebelle, ce qui agace et déroute ses géniteurs. Plus tard, la jeune femme repousse les avances des garçons de bonne famille qu’on tente de lui présenter. Elle refuse l’idée du mariage et veut poursuivre ses études. Mais un jour tout bascule, Esme disparaît de la circulation et de la mémoire familiale…

    Lire la suite

  • Chatons dans la nuit blanche: la nouvelle comme roman.

    murakami.jpgL’éléphant s’évapore
    Haruki Murakami
    Belfond

    (par Anne-Marie Mercier)

    « Voilà dix-sept nuits que je ne dors plus ». Cette première phrase de la nouvelle intitulée «Sommeil », l’une des plus longues du roman, longue comme une nuit où l’on ne trouve pas le sommeil (ce qui est un type de nuit blanche particulier, voir Le Passage de la nuit, du même auteur) ou comme une sieste profonde dont on sort hébété par un jour de grande chaleur, pourrait être le titre de ce recueil, tant les textes qui le composent offrent des portraits hallucinés de personnages qui dépassent, mais à peine, la limite de ce qui est possible, de ce qui est permis, de ce qui est correct, et semblent flotter entre deux mondes.
    Un coup de fil inquiétant, une faim insatiable, qui amène à l’attaque d’un mac Donald, le dérapage d’un préposé aux lettres de réclamations, les petites choses insignifiantes qui font qu’on se rencontre ou surtout qu’on se manque (terrible), qu’on se sépare, qu’on se hait. Les idées qu’on se fait sur les autres (les chinois, par exemple, les étapes de la vie, la disparition d’un éléphant sans effraction…

    Lire la suite

  • La tragédie et l’espérance, ou le roman d’une Rom

    zoli2.jpgZoli
    Colum McCann

    Traduit de l’anglais (Irlande) par Jean-Luc Piningre, Belfond, 2007 / 10-18, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre) 

     

    Marienka Novotna, dite Zoli, restera pour toujours marquée par la tragédie inaugurale de son existence : le massacre de sa famille entière par les Hlinkas, ces fascistes qui dans les années 1930 en Slovaquie firent le lit des nazis. Seuls la petite fille de six ans et son grand-père échappèrent à la noyade sadique, et c’est ainsi que Zoli, sous la houlette du vieil homme sage et savant, commença une vie errante et exceptionnelle. Contrairement aux autres fillettes du peuple rom, elle apprit à lire et à écrire : « Très tôt, j’ai aimé tenir un crayon entre mes doigts ».


    Après avoir survécu au nazisme, comment ne pas fêter dans les chants et la liesse la liberté apparemment revenue, Tziganes et « Gadje » au coude à coude ? Et Zoli, remarquée par le journaliste Stansky, séduite par l’idéaliste Stephen Swann venu s’installer dans la Tchécoslovaquie communiste et lui-même fasciné par la jeune femme, va devenir une idole officielle, applaudie par les foules et le régime bénissant ses poèmes qui chantent l’épopée rom.

    Lire la suite

  • Histoire d'exil

    jsoler4.jpgLes exilés de la mémoire
    Jordi Soler

    traduit de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu,
    10-18, 2008 (Belfond, 2007)

     

    (par Jean-Baptiste Monat)

    Les exilés de la mémoire est le premier livre traduit en français de Jordi Soler, écrivain mexicain qui se replonge ici dans son histoire familiale. Il est plus particulièrement question de celle de son grand-père, Arcadi, combattant républicain espagnol ayant fui au moment de la chute de Barcelone. Commence alors pour cet homme qui, comme ses frères d'armes, pensait rallier l'Espagne quelques mois plus tard, un long périple à la fois épique et tragique qui se termine par l'acceptation déchirante de l'exil au Mexique.


    Mais la première étape de ce périple, l'une des plus douloureuses, confrontera le lecteur français à un oubli, voire un déni sidérant d'un épisode historique. Henri-François Imbert avait consacré un film magnifique (No Pasaran) à ce trou de mémoire collectif touchant l'existence des camps sur les plages d'Argelès-sur-Mer, puis à Saint-Cyprien et Le Barcarès, où furent regroupés plusieurs centaines de milliers de réfugiés espagnols

    Lire la suite

  • Le livre d’Hanna

    gbrooks3.jpgLe livre d’Hanna
    Geraldine Brooks
    Traduit de l’américain par Anne Rabinovitch
    Belfond, 2008

    (par Annie Forest-Abou Mansour)

    « le fait d’être un homme compte plus que d’être juif, musulman, catholique ou orthodoxe »

    Le livre d’Hanna a pour principal héros un livre sacré, appartenant à la communauté juive, la Haggadah. La narratrice, une jeune australienne passionnée de livres anciens, entretient avec l’objet livre des rapports quasi charnels : « Chaque fois que j’ai travaillé sur des objets beaux et rares, ce premier contact a été une sensation étrange et puissante. Comme de frôler un fil sous tension et en même temps, de caresser la nuque d’un nouveau-né. » Elle est réveillée une nuit, à deux heures, par Amitaï, un spécialiste des livres sacrés juifs. Il lui apprend qu’elle a la chance incroyable et inattendue d’être chargée de « travailler sur l’un des volumes les plus rares et les plus mystérieux qui existent au monde », la très ancienne Haggadah de Sarajevo, «un manuscrit hébreu orné de magnifiques enluminures, fabriqué à une époque où la croyance juive était fermement opposée à toute iconographie ».

    Lire la suite

  • Secret de famille

    jjohnston.jpgDe Grâce et de vérité
    Jennifer Johnston
    raduit de l’anglais (Irlande) par Anne Damour
    Belfond, 2007
    t

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Un secret de famille hante une actrice dublinoise. Entre deux rôles, son compagnon la quitte, la guerre du Golfe est déclarée. Elle survit, hébétée devant les images de la guerre à la télévision, entre les coups de fil de son agent, les rencontres avec les amis et les disputes avec son ex-compagnon. Puis elle finit par penser que l’instabilité de sa vie vient du secret de sa naissance : sa mère, une femme brisée par on ne sait quoi, est morte sans lui avoir jamais dit qui était son père. Le père de sa mère, glacial, qu’elle appelle « l’évêque » – il est évêque protestant – est le dernier à détenir (peut être) la vérité. Les plus belles pages de ce livre sont celles qui évoquent la solitude de cette femme et en contrepoint le désert affectif vécu par les générations précédentes. Le puritanisme et ses ravages sont ici évoqués avec une force glaçante qui fait que le crime finit par susciter la pitié. La révélation viendra finalement, une vérité très amère, que le personnage, comme l’Œdipe tragique, aurait préféré ignorer. Si l’évêque bénit ses fidèles en invoquant « grâce et paix », le titre du roman montre bien ce que le livre illustre : là où il n’y a pas de vérité, il ne peut y avoir de paix.

    http://www.belfond.fr

  • Thriller littéraire

    colapinto3.jpgAbout the author
    de John Colapinto -
    Fourth Estate, 2002

    Auteur en sursis
    traduit de l’anglais par Cécile Arnaud - Belfond, 2003

    (par B. Longre)

     

    La poursuite de la célébrité peut se décliner de multiples façons, souvent sur le mode satirique. Avec About the author, les amateurs de suspense et d'humour trouveront leur compte, car ce premier roman (palpitant, admettons-le) ne manque pas d'efficacité (on serait tenté de dire "à l'américaine"). Mais sous des dehors de thriller littéraire un peu facile, le récit est avant tout une confession angoissée, écrite dans l'urgence par un homme qui a longtemps caché son jeu, et qui a donc beaucoup à nous apprendre : Cal Cunningham revient ainsi sur ses pas et raconte comment, fraîchement sorti de l'université, il s'installe à Manhattan dans l'espoir de devenir écrivain, mais surtout, "célèbre". Il vivote pourtant, trouve un emploi dans une librairie et partage un sordide appartement avec un colocataire rigide et ennuyeux : Stewart Church, un jeune étudiant en droit, qui s'enferme des journées entières dans sa chambre, avec pour seule compagnie son ordinateur. Cal, lui, passe ses soirées à écumer les bars du "Village", où il vit de brèves aventures avec des filles un peu crasseuses, qui se prétendent artistes... sa façon à lui de se forger une expérience, un "matériel" personnel qu'il pourra ensuite exploiter dans le fameux roman dont il n'a toujours pas écrit une seule ligne...

    Lire la suite