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banlieue

  • Corneille, Céline et Audiard à Sarcelles

    insasane.jpgDu plomb dans le crâne

    Insa Sané

    Sarbacane, collection « Exprim’ », 2008

     

     (par Christophe Rubin)

     

    Deux ans après Sarcelles-Dakar, Insa Sané publie ce nouveau roman, qui est en quelque sorte la suite du premier : l’action se déroule toujours à Sarcelles et les personnages (« nés du mauvais côté du périph’ ») ont des liens avec les précédents, mais le centre de gravité s’est déplacé d’une famille à l’autre. Le personnage principal de Sarcelles-Dakar est toujours présent, mais il est cantonné à l’arrière-plan. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir lu ce précédent roman pour aborder le nouveau, qui sonne d’ailleurs un peu différemment.

    Cette fois, les frères-ennemis, Prince et Sony, qui constituent à eux deux le double personnage principal, ne sont pas originaires du Sénégal mais de la Martinique. Le roman familial est d’ailleurs entaché de beaucoup de violence. Mais si l’ambiance est parfois racinienne, entre inceste et folie, la plume d’Insa Sané est explicitement plus attirée par l’énergie cornélienne.

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  • Authentique ?

    djaidani.jpgBoumkoeur

    Rachid Djaïdani

    Le Seuil, collection « Points Virgule »,  2005
    (édition originale : 1999)

     

    (par Christophe Rubin)

     

    Rachid Djaïdani, employant les mots de la cité mélangés à ceux de l’école, alliant tendresse et obscénité, pourrait sembler bien vulgaire et surtout bien insignifiant au premier regard. Voici comment le narrateur du roman présente son projet d’écriture : « J’ai toujours voulu écrire sur les ambiances et les galères du quartier et j’ai toutes les cartes en main. Ma sœur m’a même offert un carnet, avec un stylo de moyenne qualité, mais, comme on dit, c’est le geste qui compte. Elle dit : si j’y mets mon cœur, je pourrais faire un joli travail. »

     

    Il y a pourtant un talent certain dans Boumkoeur, un talent reconnu assez vite, une fois n’est pas coutume. Dès la sortie de ce roman, une place inattendue lui avait été accordée par les institutions littéraires de la télévision et de la presse, notamment par un Bernard Pivot étonné face au texte et au personnage qui se tenait sur son plateau.

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