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arts

  • Karpe diem...

    karmasutra.jpgKarma Sutra, 30 positions à fantasmer
    Maïa Brami et Barroux

    Magellan & Cie, 2008

     

    Entretien avec l'auteure.

     

    (par B. Longre)

     

    Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…

    Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.

     

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  • Munch: cris et chuchotements

    E109939.gifEdward Munch, l'enfant terrible de la peinture
    Arnaud Cathrine

    L’école des loisirs, collection Belles vies, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    La vie du peintre norvégien Munch est évoquée par des témoignages de contemporains : sa soeur, d’autres peintres (Krogh), des écrivains (Jaeger, Goldstein, Przybyszewski), un médecin, des historiens d’art, des témoins divers. Si ces témoignages sont fictifs, leur matière ne l’est pas : les événements et les idées du peintre sont tirées de journaux, lettres, entretiens.

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  • Amour partagé

    stjean.jpgL’amant de Saint-Jean
    Vedrana Donić

    Vedrana éditions, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.

     

    http://www.vedranaeditions.com/

  • Déshumain, trop déshumain…

    ortega.jpgLa Déshumanisation de l'art

    José Ortega y Gasset

    Traduit de l’espagnol par Paul Aubert et Ève Giustiniani

    Sulliver, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    En 1925, José Ortega y Gasset n’est pas encore l’auteur de l’ouvrage qui fera de lui une figure majeure de la pensée européenne, La Révolte des masses. Il a cependant signé des articles nombreux et variés, publiés principalement dans la Revista de Occidente qu’il a fondée deux ans plus tôt. Cette revue de critique, qui ne répugnait pas à ouvrir ses pages aux avant-gardes, eut un rayonnement et une influence durables sur la génération des années 20-30. Elle accueillera les plus éminents intellectuels de l’époque, en matière de poésie, de littérature, de science ou d’esthétique.

     

    C’est de ce dernier sujet que traite d’ailleurs l’essai La Déshumanisation de l’art. Un texte qui interroge, aujourd’hui encore, les tenants et les aboutissants de l’art moderne et dans lequel Ortega tente d’ébaucher quelques pistes de compréhension claires quant à l’évolution des formes patente depuis la fin du XIXe siècle.

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  • Les forêts dans les livres

    omega.jpgOméga et l’ourse
    Guillaume Guéraud, Beatrice Alemagna, Editions Panama, 2008

    (par Madeline Roth)

    Il y a quelque part dans les livres des forêts immenses à parcourir. Il faut parfois fermer les yeux, et mettre son pas dans les pas d’un autre : ici c’est Oméga qui emmène. Le jour, Oméga rêve à l’ourse, à sa fourrure brune et à ses yeux sombres. Le soir, elle l’observe sans bouger, le front collé à la vitre. Mais lorsque le froid arrive et que les bergers rentrent les moutons, l’ourse s’approche du village le ventre vide. Elle s’approche « si près que, dans ses yeux, flottait la nuit tout entière ». Alors, « simplement », Oméga saute dans les bras de l’ourse. Leur course à travers la forêt durera des secondes, ou des semaines, jusqu’à ce que...

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  • Merveilleux continent

    roubaud.jpgLa Princesse Hoppy ou le conte du Labrador
    Jacques Roubaud

    Illustrations de François Ayroles et Etienne Lécroart

    Editions Absalon, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Que le lecteur ne compte pas sur le critique pour raconter le conte du Labrador ; il faut qu’il compte sur lui-même, le lecteur, pour se diriger dans le labyrinthe où Jacques Roubaud se complait à conter les aventures du Comte du Labrador, qu’il ne faut pas pour autant prendre pour argent comptant. Dans sa recherche, il sera peut-être content, le lecteur, de lire « L’épluchure du conte-oignon » d’Elvira Laskowski-Caujolle, qui contient un certain nombre d’explications complétant utilement « Le Conte conte le conte et compte » de Jacques Roubaud soi-même, rattachant clairement La Princesse Hoppy à l’influence de Queneau et aux contraintes oulipiennes.

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  • Territoires du deuil

    rien que l'arctique.jpgRien que l’Arctique

    Hanne Ørstavik
    traduit du norvégien par Terje Sinding

    illustrations de Pierre Duba

    Six pieds sous terre, 2008

     

    (par Myriam Gallot) 

     

    Pendant le solstice d’été 2004, des artistes français et norvégiens furent réunis par le centre culturel français d’Oslo à l’archipel du Svalbard (à 500km à l’Est du Groenland). Au cours de ce séjour, l'écrivaine norvégienne Hanne Ørstavik et le dessinateur Pierre Duba – connu en particulier dans le milieu de la bande dessinée - travaillent ensemble. Dans la froidure nordique et ses lumières barrées de noir naît un livre singulier, « Rien que l’Arctique ».

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  • Caujolle se livre

    caujolle.jpgSouvenirs, 2, Circonstances particulières
    Christian Caujolle
    Actes Sud, 2007

    (Par Louise Charbonnier)

    Circonstances particulières, publié chez Actes Sud, est un de ces livres sans prétention qui recèle des abîmes de plaisirs de lecture. Sans prévenir, il vous happe et vous fait oublier le temps, par une formule non contraignante (une série de petites histoires, chacune accompagnée du cliché à partir duquel elles se développent) et un style simple et fluide.

    Christian Caujolle y évoque ses amours photographiques, où se mêlent travail à Libération, escapades dans les salles de ventes, voyages en terres étrangères et multiples rencontres de photographes et artistes. Il y rappelle son engagement pour une photographie de presse interrogeant les normes traditionnelles et les stéréotypes, défrichant de nouveaux territoires et ouvrant une brèche dans laquelle allaient s’engouffrer d’autres quotidiens, à la suite du journal précurseur. Classiquement soumise à un texte qui lui fait dire ce qu’il veut, la photographie dans les médias reste encore bien souvent cantonnée au rôle de support, avec toute la passivité qu’implique ce terme. La presse l’utilisait bien souvent comme simple illustration, négligeant les spécificités photographiques. Branchée sur le référent, sur l’objet dont elle émanait, la photographie supposée neutre et objective se pliait aux exigences de la démonstration et de l’actualité journalistiques. Propre sur elle et reconduisant le système traditionnel de représentation hérité de la perspective, cette image transparente s’était mise à renvoyer à d’autres images, omettant par là même les autres rapports qu’elle aurait pu entretenir avec le réel. Mise au service d’un discours informationnel, la photographie s’était faite cliché docile. La transparence de l’image opérait paradoxalement l’opacification de l’accès au réel, masqué par un enchaînement sans fin de photographies redondantes dont le paradigme est constitué par l’image de guerre stéréotypée et son archétype (parmi d’autres) : la mère éplorée.

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  • Le réel est mort ! Vive le réel !

    artnum.jpgL’Art numérique de Christiane Paul, Thames & Hudson, 2008, nouvelle édition.

     

    (par Louise Charbonnier)

     

    On a cru toucher du doigt le réel. Avec la photographie, on a cru réaliser le leurre suprême de l’objectivité, de la réalité et de la vérité. On a sacrifié pour cela une part de la réalité : on a omis de souligner qu’une photographie, bien que s’approchant d’un idéal de transparence, reste un bout de papier opaque qui masque autant qu’il révèle.

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  • J'ai un truc

    truc.jpgMoi, mon truc

    M. Lisa et D. Perret
    L’Atelier du poisson soluble / musée du Louvre, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Un titre du Poisson soluble à classer, une fois encore, parmi les inclassables et autres curiosités… D’abord, la couverture astucieuse de ce petit ouvrage souple offre la possibilité de l’envoyer tel quel par la poste ; mais on insistera davantage sur ce qu’il contient : une énumération de situations où l’on se sent en position d’infériorité, par la faute de petits détails en réalité bien anodins ; des situations qui sentent assurément le vécu et qui partent d’un postulat commun à nombre d’entre nous (« Quand je ne peux plus me voir en peinture… », d’où l’une des raisons du partenariat éditorial avec le Louvres). Les auteures nous offre une petite solution simple mais efficace pour s’accepter tel que l’on est – encore fallait-il y penser.


    http://www.poissonsoluble.com/main.html

  • « Le droit à la beauté et à la poésie »

    mercure3.jpgMercure liquide, revue littéraire et graphique

    Numéro 8 (janvier 2008)

     

    (par Myriam Gallot)

     

    « Mercure liquide construit, depuis huit numéros maintenant, une esthétique de la diversité et de la sensibilité. Son moteur est toujours le sentiment d’une urgence : celle d’un dialogue créatif entre les arts.»

     

    Petite promenade subjective dans ce dernier numéro.

     

    Tout de suite explose à la figure la déflagration des mots de « Party incendiaire »,  qui vomit la société française et sa reproduction de la caste dominante. FP. Meny, « à la rue », exclu d’un système absurde et violent, le dénonce avec l’énergie de celui qui ne veut pas crever : « Je n’ai demandé qu’une chose. Elle m’a toujours été refusée. J’ai lutté pour l’obtenir, vraiment. Cette chose, mes semblables l’ont sans la chercher. Cette chose n’est ni l’argent, ni l’amitié, ni la gloire. C’est une place parmi les hommes, une place à moi, une place qu’ils reconnaîtraient comme mienne sans l’envier, puisqu’elle n’aurait rien d’enviable. »

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  • Sous le silence, le sens

    anneherbauts3.jpgPetites météorologies

    Anne Herbauts
    Les albums Duculot, Casterman, 2006

     

    (par B. Longre)

     

    Une missive vogue de page en page, traversant des paysages gris ou ternes, un nuage de vapeur rose sorti d’une cafetière s’en va rejoindre un comparse bleu échappé d’une seconde cafetière… Sous les autres nuages, derrière des portes ou des fenêtres à rabats, des personnages, des objets, quelques scènes de la vie quotidienne, des instantanés en concentré d’un instant T. sur un espace circonscrit par les bords du livre.

    D’un point de vue esthétique, le travail d’Anne Herbauts est irréprochable, et l’on plonge avec curiosité dans ses créations qui nous happent par leur illisibilité première, procurant un sentiment de spontanéité ; des pleines pages silencieuses qui pourtant nous parlent, disent de multiples petits riens qui, en se combinant et en s’accumulant, racontent plusieurs histoires croisées, de brèves émotions, dont la plupart vont s’accorder à l’univers imaginaire de chaque lecteur. La lecture se fait ici acte individuel et intime, par le biais d’une observation vagabonde – l’auteure n’imposant aucun sens de lecture, ni explication prémâchée.

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