18.02.2009
Karpe diem...
Karma Sutra, 30 positions à fantasmer
Maïa Brami et Barroux
Magellan & Cie, 2008
Entretien avec l'auteure.
(par B. Longre)
Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…
Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.
00:05 Ecrit par sitartmag dans Beaux livres, Curiosités, Entretiens, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kama sutra, arts, maïa brami, barroux, magellan & cie, blandine longre, érotisme
04.01.2009
Munch: cris et chuchotements
Edward Munch, l'enfant terrible de la peinture
Arnaud Cathrine
L’école des loisirs, collection Belles vies, 2008
(par Anne-Marie Mercier)
La vie du peintre norvégien Munch est évoquée par des témoignages de contemporains : sa soeur, d’autres peintres (Krogh), des écrivains (Jaeger, Goldstein, Przybyszewski), un médecin, des historiens d’art, des témoins divers. Si ces témoignages sont fictifs, leur matière ne l’est pas : les événements et les idées du peintre sont tirées de journaux, lettres, entretiens.
12:36 Ecrit par Anne-Marie Mercier dans Biographies, Essais, Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, edward munch, arnaud cathrine, belles vies, école des loisirs, anne-marie mercier, peinture
23.11.2008
Amour partagé
L’amant de Saint-Jean
Vedrana Donić
Vedrana éditions, 2007
(par B. Longre)
En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.
00:10 Ecrit par sitartmag dans Curiosités, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vedrana donić, poésie, arts, blandine longre
13.11.2008
Déshumain, trop déshumain…
La Déshumanisation de l'art
José Ortega y Gasset
Traduit de l’espagnol par Paul Aubert et Ève Giustiniani
Sulliver, 2008
(par Frédéric Saenen)
En 1925, José Ortega y Gasset n’est pas encore l’auteur de l’ouvrage qui fera de lui une figure majeure de la pensée européenne, La Révolte des masses. Il a cependant signé des articles nombreux et variés, publiés principalement dans la Revista de Occidente qu’il a fondée deux ans plus tôt. Cette revue de critique, qui ne répugnait pas à ouvrir ses pages aux avant-gardes, eut un rayonnement et une influence durables sur la génération des années 20-30. Elle accueillera les plus éminents intellectuels de l’époque, en matière de poésie, de littérature, de science ou d’esthétique.
C’est de ce dernier sujet que traite d’ailleurs l’essai La Déshumanisation de l’art. Un texte qui interroge, aujourd’hui encore, les tenants et les aboutissants de l’art moderne et dans lequel Ortega tente d’ébaucher quelques pistes de compréhension claires quant à l’évolution des formes patente depuis la fin du XIXe siècle.
01:55 Ecrit par sitartmag dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arts, josé ortega y gasset, étranger, sulliver, frédéric saenen, étrangers
10.11.2008
Les forêts dans les livres
Oméga et l’ourse
Guillaume Guéraud, Beatrice Alemagna, Editions Panama, 2008
(par Madeline Roth)
Il y a quelque part dans les livres des forêts immenses à parcourir. Il faut parfois fermer les yeux, et mettre son pas dans les pas d’un autre : ici c’est Oméga qui emmène. Le jour, Oméga rêve à l’ourse, à sa fourrure brune et à ses yeux sombres. Le soir, elle l’observe sans bouger, le front collé à la vitre. Mais lorsque le froid arrive et que les bergers rentrent les moutons, l’ourse s’approche du village le ventre vide. Elle s’approche « si près que, dans ses yeux, flottait la nuit tout entière ». Alors, « simplement », Oméga saute dans les bras de l’ourse. Leur course à travers la forêt durera des secondes, ou des semaines, jusqu’à ce que...
00:10 Ecrit par sitartmag dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : album jeunesse, guillaume guéraud, beatrice alemagna, panama, francophone, arts, madeline roth
04.11.2008
Merveilleux continent
La Princesse Hoppy ou le conte du Labrador
Jacques Roubaud
Illustrations de François Ayroles et Etienne Lécroart
Editions Absalon, 2008
(par Jean-Pierre Longre)
Que le lecteur ne compte pas sur le critique pour raconter le conte du Labrador ; il faut qu’il compte sur lui-même, le lecteur, pour se diriger dans le labyrinthe où Jacques Roubaud se complait à conter les aventures du Comte du Labrador, qu’il ne faut pas pour autant prendre pour argent comptant. Dans sa recherche, il sera peut-être content, le lecteur, de lire « L’épluchure du conte-oignon » d’Elvira Laskowski-Caujolle, qui contient un certain nombre d’explications complétant utilement « Le Conte conte le conte et compte » de Jacques Roubaud soi-même, rattachant clairement La Princesse Hoppy à l’influence de Queneau et aux contraintes oulipiennes.
01:30 Ecrit par sitartmag dans Récits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, conte, francophone, jacques roubaud, oulipo, absalon, jean-pierre longre
03.11.2008
Territoires du deuil
Rien que l’Arctique
Hanne Ørstavik
traduit du norvégien par Terje Sinding
illustrations de Pierre Duba
Six pieds sous terre, 2008
(par Myriam Gallot)
Pendant le solstice d’été 2004, des artistes français et norvégiens furent réunis par le centre culturel français d’Oslo à l’archipel du Svalbard (à 500km à l’Est du Groenland). Au cours de ce séjour, l'écrivaine norvégienne Hanne Ørstavik et le dessinateur Pierre Duba – connu en particulier dans le milieu de la bande dessinée - travaillent ensemble. Dans la froidure nordique et ses lumières barrées de noir naît un livre singulier, « Rien que l’Arctique ».
12:22 Ecrit par sitartmag dans Récits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : étranger, arts, norvège, hanne orstavik, pierre duba, six pieds sous terre, myriam gallot
13.10.2008
Caujolle se livre
Souvenirs, 2, Circonstances particulières
Christian Caujolle
Actes Sud, 2007
(Par Louise Charbonnier)
Circonstances particulières, publié chez Actes Sud, est un de ces livres sans prétention qui recèle des abîmes de plaisirs de lecture. Sans prévenir, il vous happe et vous fait oublier le temps, par une formule non contraignante (une série de petites histoires, chacune accompagnée du cliché à partir duquel elles se développent) et un style simple et fluide.
Christian Caujolle y évoque ses amours photographiques, où se mêlent travail à Libération, escapades dans les salles de ventes, voyages en terres étrangères et multiples rencontres de photographes et artistes. Il y rappelle son engagement pour une photographie de presse interrogeant les normes traditionnelles et les stéréotypes, défrichant de nouveaux territoires et ouvrant une brèche dans laquelle allaient s’engouffrer d’autres quotidiens, à la suite du journal précurseur. Classiquement soumise à un texte qui lui fait dire ce qu’il veut, la photographie dans les médias reste encore bien souvent cantonnée au rôle de support, avec toute la passivité qu’implique ce terme. La presse l’utilisait bien souvent comme simple illustration, négligeant les spécificités photographiques. Branchée sur le référent, sur l’objet dont elle émanait, la photographie supposée neutre et objective se pliait aux exigences de la démonstration et de l’actualité journalistiques. Propre sur elle et reconduisant le système traditionnel de représentation hérité de la perspective, cette image transparente s’était mise à renvoyer à d’autres images, omettant par là même les autres rapports qu’elle aurait pu entretenir avec le réel. Mise au service d’un discours informationnel, la photographie s’était faite cliché docile. La transparence de l’image opérait paradoxalement l’opacification de l’accès au réel, masqué par un enchaînement sans fin de photographies redondantes dont le paradigme est constitué par l’image de guerre stéréotypée et son archétype (parmi d’autres) : la mère éplorée.
15:47 Ecrit par sitartmag dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, arts, christian caujolle, actes sud, louise charbonnier
07.10.2008
Le réel est mort ! Vive le réel !
L’Art numérique de Christiane Paul, Thames & Hudson, 2008, nouvelle édition.
(par Louise Charbonnier)
On a cru toucher du doigt le réel. Avec la photographie, on a cru réaliser le leurre suprême de l’objectivité, de la réalité et de la vérité. On a sacrifié pour cela une part de la réalité : on a omis de souligner qu’une photographie, bien que s’approchant d’un idéal de transparence, reste un bout de papier opaque qui masque autant qu’il révèle.
14:39 Ecrit par sitartmag dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, art numérique, christiane paul, thames & hudson, 2008, louise charbonnier
29.09.2008
J'ai un truc
Moi, mon truc
M. Lisa et D. Perret
L’Atelier du poisson soluble / musée du Louvre, 2008
(par B. Longre)
Un titre du Poisson soluble à classer, une fois encore, parmi les inclassables et autres curiosités… D’abord, la couverture astucieuse de ce petit ouvrage souple offre la possibilité de l’envoyer tel quel par la poste ; mais on insistera davantage sur ce qu’il contient : une énumération de situations où l’on se sent en position d’infériorité, par la faute de petits détails en réalité bien anodins ; des situations qui sentent assurément le vécu et qui partent d’un postulat commun à nombre d’entre nous (« Quand je ne peux plus me voir en peinture… », d’où l’une des raisons du partenariat éditorial avec le Louvres). Les auteures nous offre une petite solution simple mais efficace pour s’accepter tel que l’on est – encore fallait-il y penser.
21:12 Ecrit par sitartmag dans Curiosités, Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, louvres, poisson soluble, delphine perret, blandine longre





































