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anticipation

  • Procès futuriste

    kgeorges.jpgLa mue de l’hermaphrodite
    Karoline Georges
    Ere, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    982 jours après le verdict qui l’a condamnée à la réclusion à perpétuité, l’hermaphrodite bénéficie d’une expérimentation judiciaire : elle doit, devant le public de la toile, se livrer à une performance de 97 minutes livrant le « comment du pourquoi » de son crime. Suit un long monologue, coupé de remarques techniques de son interrogateur-médecin, d’indication du nombre de captations signalant l’intérêt du public mondial, ou de notations horaires. L’hermaphrodite parle, éructe, chante, soupire, murmure sa confession, sans interlocuteur.
    Née hermaphrodite, dotée d’une aura, capable de beaucoup de choses étranges et fortes, l’être qui finit par se nommer au bout de quelques années Hermany Mésange apparaît dans la première partie de la performance comme un produit de la médecine (insémination artificielle par un procédé révolutionnaire, chez une mère à la dérive qui se suicide peu après sa naissance).

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  • Prison d’enfants

    9782748506884R1.gifMéto, tome 1 : la maison
    De Yves Grevet
    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman d’anticipation, de formation, de collège, La Maison est tout cela sous le signe général de l’enfermement. Des garçons sont réunis dans une maison qui est tout leur monde : amnésiques, ils n’ont pas accès à leur passé, sans famille ils ne se souviennent pas d’en avoir eu une. Ils n’ont pas de futur non plus, ignorant ce que deviennent ceux d’entre eux qui arrivent à l’adolescence et disparaissent. Ils ignorent aussi qu’un autre sexe existe.

    Dirigés par des hommes nommés « César » (César 1, César 2 etc.), eux mêmes portent des noms aux consonances romaines (Claudius, Crassus, Paulus…). La discipline est militaire, carcérale aussi. Les plus vieux initient les plus jeunes. L’entraînement se fait dans un jeu collectif très violent, seul dérivatif à la tension qui les habite tous, et on y joue avec la mort.

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  • No future

    maltescarrels.jpgScarrels
    de Marcus Malte
    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman étrange et noir, Scarrels se situe dans un monde lui aussi étrange et sombre. On y vit la nuit, il y pleut sans cesse, la ville est un univers clos où la foule erre sans but, les chemins sont des traits de lumière entre la maison et la ville. De curieux oiseaux, des faucons, font la police et traquent et mettent en pièces les mal pensants, les fauteurs de trouble.
    Si le narrateur est un adolescent assez proche de ceux qui pourraient être ses lecteurs, pris entre son amour pour son amie d’enfance et ses relations avec ses parents, ses amis, jeunes comme lui, sont plus improbables : Abel le géant simplet, Jona l’amie mystérieuse, Karen orpheline de nulle part de la classe des « perles », à l’allure de poupée qui teint entre ses bras son double, Tina, une poupée vivante et parlante, changeant à tout moment de costume et de personnalité (Tina-Star, Tina Baila…), un genre de Barbie animée et puissante, Steve l’adolescent borné, Tommy, celui qui sait tout… un clan des six uni par des relations fortes, mais aussi par beaucoup de non dits.

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  • La revanche du Nord

    artop.jpgLe Cantique de l’apocalypse joyeuse
    Arto Paasilina
    traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
    Denoël, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce récit, loufoque comme la plupart de ceux de Paasilina, évoque comme le titre l’indique, une progressive fin du monde : tout s’arrête et c’est pas triste ! Guerre mondiale (dont on sait peu de choses, les communications étant coupées), catastrophes atomiques, Europe bien lointaine mais vue comme un recours, effondrement des démocraties… le tableau devrait être sombre.
    Mais tout cela est vu de très loin, depuis un tout petit village du fin fond de la Laponie qui s’édifie au fil du roman et fait figure de paradis retrouvé. Partant d’une « fondation funéraire » faite pour satisfaire au vœu d’un défunt, athée et brûleur d’églises, qui pour se racheter fait construire une église (en bois) et son cimetière, le village se fait avec la venue d’écolos incapables mais sympathiques, d’artisans, d’une école, de réfugiés de divers endroits (lapons, russes, etc.) et fonctionne en autarcie.

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  • « SF congelée »

    sanvoisinfrois.jpgMathis, l’enfant qui venait du froid
    Eric Sanvoisin
    Editions Anna Chanel, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    La collection « teenager 2168 »  des éditions Anna Chanel, dédiée aux adolescents, promet de « nous plonger dans une réalité qui pourrait bien se superposer à la nôtre ». De fait, Mathis, l’enfant qui venait du froid, décline de nombreuses angoisses actuelles quant au futur de la planète et de l’humanité : la terre a été ravagée par des catastrophes causées par le réchauffement climatique, le contact des hommes avec l’univers naturel a été rompu ; ils sont obligés de vivre sous terre, ne se reproduisent plus, n’ont plus goût à rien. Dans cette société, ceux qu’on appelle les Réveillés, les malades venus du passé, gelés en attente de nouvelles découvertes médicales et progressivement ramenés à la vie sont censés tantôt la perturber, tantôt la sauver – on ne sait.

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  • SF écolo

    soon.jpgApocalypse Maya

    Frédérique Lorient

     Syros, collection Soon, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Une nouvelle collection a vu le jour aux éditions Syros : dirigé par Denis Guiot, Soon entend proposer des romans de SF intelligents, ouverts sur l’ailleurs – une façon comme une autre d’inciter à réfléchir à l’ici et au maintenant, mais aussi de divertir le lecteur. Des caractéristiques habilement conjuguées dans Apocalypse Maya, qui peut se lire de diverses manières – comme un roman d’apprentissage relatant l’éveil d’une conscience sociale et environnementale ; comme une fable qui rappellerait que l’Histoire est composée de situations cycliques et d’atrocités (il est ici question de deux génocides, à des décennies de distance) vouées à se répéter à moins d’agir pour en atténuer l’ampleur ; comme une illustration de ce qui ne manque pas d’arriver si on laisse la rentabilité l’emporter sur l’humain, sur l’éthique et sur l’équilibre naturel (le fameux « science sans conscience »…) ; ou encore comme une aventure plutôt bien menée et écrite, qui réserve nombre de rebondissements. Certaines « leçons » écologiques ou historiques sont parfois amenées de manière très explicite (trop, peut-être), mais on lit d’une traite l’histoire du jeune Jové, du vieil Indien qui le convertit à ses valeurs et de l’étonnant peuple des Suris (leur langage, en particulier, fascine, tout comme leur propension artistique), confrontés à l’organisation toute-puissante qui a colonisé la planète Maya.

    http://www.syros.fr/nouveautes.asp

  • Chronique sociale au futur de l'indicatif

    loiduplusbeau3.jpgLa loi du plus beau
    Christophe Lambert
    Autres Mondes, Mango, 2004

    (par B. Longre)

    En tant que genre, l'anticipation vise avant tout à poser des questions qui ont une résonance contemporaine, une façon détournée, mais qui ne trompe personne, de dénoncer certains comportements politiques ou sociaux et leurs dérives, en les amplifiant, parfois sur le mode de la caricature. C'est le thème de l'apparence qu'a cette fois retenu Christophe Lambert, auteur de romans d'anticipation et de science-fiction pour la jeunesse depuis 1997.

    La loi du plus beau nous projette vingt ans en avant, dans un monde urbain qui ressemble beaucoup à celui que nous connaissons (hormis quelques gadgets amusants ou autres inventions technologiques très vraisemblables) : libéralisme, chômage, difficultés sociales, etc. ; des données certes accentuées par les discriminations physiques institutionnalisées par le gouvernement : le secrétariat d'État à l'Esthétique a en effet imposé un classement intitulé «l'échelle d'Apollon», à partir duquel les individus sont étiquetés, dès l’enfance, selon leur "beauté".

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