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afrique du sud

  • La trajectoire de Gecko

    Blacklaws oranges2.jpgOranges sanguines
    Troy Blacklaws
    traduit de l'anglais par Pierre Guglielmina
    Flammarion, 2008

    (par Joannic Arnoi)

    Oranges sanguines est le deuxième roman traduit en français du Sud-africain Troy Blacklaws (après le splendide Karoo Boy, qui vient de reparaître en « Points roman »). Les deux livres relèvent du même genre — le récit de jeunesse — même si Oranges sanguines embrasse une période de temps et des horizons géographiques plus vastes. Le héros-narrateur, Gecko, a sept ans lors des premières scènes et vit dans une ferme au Natal, « collines parsemées de vaches et de huttes d’argile », à l’Est du pays. Et l’histoire se clôt une douzaine d’années plus tard au Danemark, où il est parti rejoindre Zelda, sa muse.

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  • Une amitié à toute épreuve

    collen3.jpgUne affaire de femmes
    Lindsey Collen
    traduit de l'anglais (Afrique du sud) par Pascale Blanchard
    (titre original : Getting rid of it)
    Dapper littérature, 2004

    (par B. Longre)

     

    Trois jeunes femmes, amies, sœurs de misère, vivotent mais survivent malgré le carcan des lois injustes que tentent d'imposer les hommes, la religion et l'État ; elles occupent des baraques insalubres dans un bidonville de l'île Maurice, "des cabanes voisines, dressées sur les Terres de l'État. Avant, ça s'appelait Crown land, et puis maintenant c'est devenu Kowlenn. Mais officiellement c'est State Land, se sont les Terres de l'État. Elles vivent sur le versant inhabitable d'une montagne (...) Là où les eaux torrentielles balayent la terre, provoquant des dongas, déclenchant des glissements de terrain à chaque cyclone, qui menaçaient de les emporter elles aussi, leur corps et leurs huttes. (...) Le gouvernement les appelle des squatters. (...) Chacune avait eu un avis d'expulsion, collé avec de la colle artisanale, sur le mur en tôle ondulée, à côté de leur porte d'entrée. Elles avaient été averties. Mais elles n'avaient nulle part d'autre où loger. Qui voudrait vivre sur la pente d'une montagne s'il pouvait vivre dans un endroit plat ?"


    La survie au quotidien ne leur ôte cependant pas leurs aspirations plus lointaines, leur essence, leur générosité ou encore le souvenir de leurs anciennes maîtresses, à l'époque où elles étaient servantes ; trois maîtresses qui, en dépit de leur position sociale, avaient elles aussi dû subir les assauts sexistes du genre masculin et qui en sont mortes. Mais Jumila, "vendeuse de petits articles" (dont les marchandises sont régulièrement confisquées par la police), Sadna, employée à l'hôpital dans l'aile "glisser-et-tomber" (avortements illégaux et fausses couches), et Goldilox, femme de ménage dans un vaste édifice aux vitres fumées, sont elles bien vivantes et décidées à le rester ; quand débute le récit, c'est un problème en apparence insoluble qui va les réunir, tout au long d'une journée inoubliable, une journée de pérégrinations durant laquelle chacune aura l'occasion de se remémorer le passé, leurs brèves enfances, les premières épreuves.

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