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actes sud

  • Harmonies méditerranéennes

    jpg_pdm28.jpgLa pensée de midi n° 28

    Les chants d’Orphée, musique et poésie
    Actes Sud, mai 2009

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    Les liens qu’entretiennent les mots et les sons, surtout quand ils se rencontrent dans le chant, sont indissolubles, et cette rencontre est à l’origine des deux formes esthétiques que constituent la musique et la poésie. Dès l’antiquité grecque (et la « poésie lyrique » en est le parfait raccourci), elles se combinent harmonieusement, se complètent, se situant toutes deux au cœur de la mémoire et de l’imaginaire, sacrés ou profanes. Le n° 28 de La pensée de midi, « Les chants d’Orphée », est le bienvenu dans ce monde méditerranéen où les conflits, les combats, les violences de toutes sortes font partie du quotidien. « Il demeure une fraternité humaine, une fraternité inspirée par la musique et le chant, une fraternité mise en mots par la poésie qui n’est pas une incantation illusoire. Elle donne sens et inspire un possible élan pour demain », écrit à juste titre Thierry Fabre dans son éditorial.

    Les textes qui composent cette belle publication sont représentatifs de l’exceptionnelle diversité qui, autour de l’axe commun musique / poésie / Méditerranée, révèle la richesse du patrimoine culturel ancien et actuel. Des mondes arabo-musulman et judéo-arabe à l’occident païen et chrétien, du savant au populaire, du religieux au divertissant, le périple artistique est, sinon complet, du moins instructif, surprenant parfois, émouvant souvent.

    Pour illustrer le tout, un très beau CD d’accompagnement offre des échantillons musicaux et poétiques, de L’Iliade au « Slam » d’aujourd’hui, des rivages de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud. On y revient : les mots et les sons se complètent, concrètement, dans une profonde harmonie.

    www.lapenseedemidi.org

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    www.cairn.info

  • Ulysse en Berlusconie

    benni3.jpgAchille au pied léger
    Stefano Benni
    traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli
    Actes Sud, 2005 /
    Babel, 2009

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Depuis 2700 ans, le vieil Homère suscite des iliades et des odyssées à foison, et ce n’est pas Joyce qui aura mis un point final à la série. Chez Stefano Benni, Achille a le pied léger (ou le fauteuil véloce), mais c’est Ulysse qui court, se démène, va et vient pour les autres et pour lui, déjoue des pièges, maîtrise ses peurs, cède à quelques tentations.

    Résumons (très succinctement, car le foisonnement est tel qu’on se perdrait facilement – et délicieusement – dans les itinéraires du héros). Ulysse, qui vit comme ses compatriotes sous l’autorité fascisante d’un «duce» d’aujourd’hui, lit des manuscrits pour une petite maison d’édition, et tâche d’écrire lui-même. Il aime Pilar, qui a des difficultés avec son permis de séjour, et fait la connaissance d’Achille, jeune paralytique à la personnalité envahissante et angoissante. Ils se prennent l’un pour l’autre d’une amitié exigeante (Achille) ou perplexe (Ulysse), et communiquent par ordinateur interposé, dans de longues conversations qui remettent en cause l’ordre du monde (comme toute bonne iliade) et recomposent la personnalité et la destinée du héros (comme toute bonne odyssée).

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  • Portrait de l’artiste, la nuit

    auster.jpgSeul dans le noir
    Paul Auster

    Traduit par Christine le Boeuf
    Actes Sud, 2009

    (par Anne-Marie Mercier)

    Rarement livre aura autant correspondu à son titre. La solitude y est le cœur de tout, le point central et le moteur des rares événements. Récit d’une insomnie, évoquée dans la première phrase comme « une nuit blanche de plus dans le grand désert américain », il se clôt avec cette phrase, répétée plusieurs fois dans les pages précédentes : « ce monde étrange continue de tourner ». Solitude au monde, à son pays (les USA, vu comme un « grand désert »), aux autres et à soi, tout cela se concentre en une seule nuit d’un seul individu – ou presque. En fait, August Brill n’est pas totalement seul : sa fille et la fille de celle-ci partagent le même espace et le même tourment de ne pas dormir, à des rythmes différents. Mais chacune d’elles est un autre concentré de solitude, abrite une autre forme de douleur.

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  • Le jeu troublant de l’existence

    dlachaud.jpgLe vrai est au coffre
    Denis Lachaud
    Actes Sud, 2005 / Babel 2009

     

    (par B. Longre)

     

    Des parents aimants et une atmosphère familiale relativement paisible ne pourront empêcher le petit Thomas, qui démarre son récit à l’âge de cinq ans, de peu à peu glisser dans un monde parallèle, semi imaginaire, qui annonce de façon ténue la fracture identitaire à venir. Les indices offerts au lecteur sont d’abord maigres : la création, entre autres, d’une famille virtuelle avec son amie Véronique et ses poupées, un éparpillement de réalités qui se superposent dans l’esprit du jeune narrateur et qui n’inquiètent pas d’emblée, des jeux en surface innocents qui ouvrent pourtant la voie à un malaise plus ample, qui prend corps quand Thomas (Tom pour lui-même et Toto pour ses parents…) entre à l’école primaire, et devient le bouc émissaire d’une catégorie brutale d’élèves, prompts à tourner en dérision son comportement qu’ils disent efféminé.

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  • Caujolle se livre

    caujolle.jpgSouvenirs, 2, Circonstances particulières
    Christian Caujolle
    Actes Sud, 2007

    (Par Louise Charbonnier)

    Circonstances particulières, publié chez Actes Sud, est un de ces livres sans prétention qui recèle des abîmes de plaisirs de lecture. Sans prévenir, il vous happe et vous fait oublier le temps, par une formule non contraignante (une série de petites histoires, chacune accompagnée du cliché à partir duquel elles se développent) et un style simple et fluide.

    Christian Caujolle y évoque ses amours photographiques, où se mêlent travail à Libération, escapades dans les salles de ventes, voyages en terres étrangères et multiples rencontres de photographes et artistes. Il y rappelle son engagement pour une photographie de presse interrogeant les normes traditionnelles et les stéréotypes, défrichant de nouveaux territoires et ouvrant une brèche dans laquelle allaient s’engouffrer d’autres quotidiens, à la suite du journal précurseur. Classiquement soumise à un texte qui lui fait dire ce qu’il veut, la photographie dans les médias reste encore bien souvent cantonnée au rôle de support, avec toute la passivité qu’implique ce terme. La presse l’utilisait bien souvent comme simple illustration, négligeant les spécificités photographiques. Branchée sur le référent, sur l’objet dont elle émanait, la photographie supposée neutre et objective se pliait aux exigences de la démonstration et de l’actualité journalistiques. Propre sur elle et reconduisant le système traditionnel de représentation hérité de la perspective, cette image transparente s’était mise à renvoyer à d’autres images, omettant par là même les autres rapports qu’elle aurait pu entretenir avec le réel. Mise au service d’un discours informationnel, la photographie s’était faite cliché docile. La transparence de l’image opérait paradoxalement l’opacification de l’accès au réel, masqué par un enchaînement sans fin de photographies redondantes dont le paradigme est constitué par l’image de guerre stéréotypée et son archétype (parmi d’autres) : la mère éplorée.

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  • Nos morts

    lgaude3.jpgLa porte des enfers
    Laurent Gaudé

    Actes Sud, 2008

    (par Madeline Roth)

     

    Ne pas lire les quatrièmes de couverture. Règle d’or. L’entrée dans le dernier roman de Laurent Gaudé se fait peut-être à cette condition. Les premiers chapitres glacent et embarquent, torturent le ventre. Raconter les premières scènes – et même, tenter de « résumer » le livre m’apparaît assez impossible depuis quelques jours, depuis que traînent en moi les rues de Naples et la voix de Matteo.

    « Tout ça, ce sont des histoires pour enfants, dit Matteo en regardant le sol avec dureté. Les morts ne remontent pas, professore.
    - Non, effectivement, répondit le professore avec un calme égal. Mais vous pouvez descendre, vous. »

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  • Mise en lumière

    jbenameur3.jpgLaver les ombres
    Jeanne Benameur

    Actes Sud, 2008

     

    (par Madeline Roth)

     

    Laver les ombres, c’est d’abord un très beau titre. « Laver les ombres, en photographie, signifie mettre en lumière un visage pour en faire le portrait ». Deux récits en parallèle, pour deux vies qui se rejoignent forcément. Lea est danseuse et chorégraphe. Elle tente de laisser son corps vivre cette histoire d’amour naissante avec un peintre, Bruno. Mais quelque chose empêche, et ce quelque chose, Lea va aller le chercher dans la parole de sa mère, Romilda. Un soir de tempête, Lea prend la route sans prévenir et roule des heures, les Suites de Bach en boucle, jusqu’à la petite ville près de l’océan. Ce soir Romilda lui dira ce qu’elle a tu pendant des années.

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  • Amitiés féminines au Japon

    kakuta3.jpgCelle de l’autre rive
    Mitsuyo Kakuta

    traduit du japonais par Isabelle Sakaï
    Actes Sud, 2008

    (par Myriam Gallot)

     

    Seule et unique oeuvre traduite en français de Mitsuyo Kakuta, ce roman, qui reçut le prestigieux prix Naoki en 2005, raconte en parallèle deux amitiés, à des époques différentes de la vie, l’une à l’adolescence et l’autre à la trentaine, entre des femmes à la recherche d’une vie plus libre que celle que leur offre le Japon contemporain.
    Dans cette société corsetée où la norme fait loi, raccourcir la jupe de son uniforme scolaire d’un tour de ceinture est déjà un acte hautement significatif, presque une conquête, pour Nanako et Aoï, rencontrées dans les couloirs étriqués d’un lycée pour jeunes filles.
    Quant aux femmes adultes, travailler à l’extérieur ne va pas de soi, loin de là. Si elles mettent un point d’honneur à la perfection ménagère, ce n’est qu’un piètre dérivatif à un désir d’ailleurs non étanché. Aoï, devenue chef d’entreprise célibataire, et Sayoko, la femme mariée qu’elle emploie, mais aussi bien d’autres figures féminines qui traversent le récit, résistent à la culpabilisation de la femme qui travaille, que ce soit par la belle-mère, le mari, les employés de la société, ou pire encore, les femmes au foyer, qui les accusent de délaisser leurs enfants en les confiant à la crèche, qui les rendrait brutaux (sic !)

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  • Les deux sœurs

    avisdei3.jpgL’exil d’Alexandra
    Anca Visdei

    Actes Sud, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    "Toujours ensemble", la devise des deux sœurs Popesco, est aussi le titre d’une pièce qui, depuis quelques années, est jouée dans plusieurs pays, parfois sous le titre de Puck en Roumanie. Le succès d’Anca Visdei, longuement mûri et largement justifié, est d’abord celui de son abondante œuvre théâtrale.

     

    On ne s’étonnera donc pas de voir dans L’exil d’Alexandra, roman épistolaire, une sorte de mise en récit d’un dialogue aux accents dramaturgiques entre Alexandra et Ioana : la première a fui la dictature, la seconde, restée avec leur mère et leur grand-mère, tente tant bien que mal de se débrouiller dans le vide étouffant du règne de Ceausescu. Leur échange de lettres, sur une période de plus de 15 ans (avec une longue interruption) dit la tendresse, les anecdotes, les difficultés, les rancoeurs, les jalousies, l’amour de deux êtres qui voudraient ne rien se cacher, mais qui ne peuvent s’exprimer qu’à mots voilés : « Tante Prudence », l’odieuse et imbécile censure, veille, mais aussi, parfois, s’interposent les pudeurs et les remords… Cet échange dit aussi les métamorphoses de soi, ou plutôt du monde (« Je ne change pas. C’est la vie autour de moi qui change. Si on ne se durcit pas, on ne survit pas. Et c’est notre âge qui a changé »), la liberté retrouvée (« Dans mes rêves les plus fous, je n’espérais pas vivre ça »), mais la liberté trahie par une apparence de révolution, les faux-semblants politiques et les déceptions culturelles.

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  • Résonances théâtrales

    Matéi Visniec

    Du pain plein les poches et autres pièces courtes
    Actes Sud – Papiers, 2004

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Ce recueil rassemble quatre pièces des années 1990, la première traduite du roumain par Virgil Tanase, les trois autres directement écrites en français. Un ensemble qui pourrait paraître de prime abord artificiel, mais dont la lecture permet de déceler l’unité, une unité qui résulte de caractéristiques tenant à la fois de la sobriété dramaturgique (décors discrets, petit nombre de personnages), des résonances intertextuelles (Beckett au premier plan, mais pas seulement), des jeux de miroirs, de doubles, de mise en abîme du théâtre, et des leçons de dérision, voire de désespoir que dispense cette lecture.

    Du pain plein les poches met en scène deux hommes dont l’esquisse nominale se réduit à un accessoire (« chapeau » et « canne »), et un chien invisible (mais parfois audible), puisqu’il est tombé au fond d’un puits. Le dialogue autour du puits (faut-il secourir la bête, et si oui comment et avec qui, sinon pourquoi et qu’en résultera-t-il ?), tour à tour amical, vindicatif, absurde, argumentatif, rassurant… tourne à la fable politique, sociale, humaine. La richesse symbolique de la pièce multiplie les possibilités de lecture, de l’histoire ancienne à l’actualité, et sa portée est celle d’une véritable tragi-comédie, dont la trame s’adapte à toute situation.

    Le titre suivant, Le dernier Godot, est transparent, mais la pièce a l’épaisseur et la complexité du théâtre dit « de l’absurde ». Le postulat de départ repose sur une double anomalie (ou une double audace) : Godot est enfin arrivé, on n’a plus à l’attendre, et Beckett est devenu un personnage fictif ; tous deux se mettent à ressembler à Vladimir et Estragon, cherchent des preuves de l’existence, des traces d’identité, constatant la mort du théâtre (et ainsi de l’homme, toujours en représentation). Pourrait-on qualifier Le dernier Godot de suite d’En attendant Godot ? Réponse ambiguë, ou non-réponse, puisque la pièce de Visniec finit comme celle de Beckett débute…

    Plus audacieusement encore, L’araignée dans la plaie renvoie au Nouveau Testament, précisément aux derniers instants du Christ en croix, entouré des deux larrons. Ceux-ci, effrayés par une araignée qui menace de monter vers eux, sollicitent les interventions miraculeuses de leur illustre compagnon d’agonie. Il ne peut que manifester son impuissance, et lancer son fameux « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Dérision absolue et pathétique, ce sont les deux larrons qui, dans un geste trivial et désespéré, tout simplement humain, tenteront de protéger de l’araignée de la mort le « minable bavard » en qui ils auraient voulu croire.

    Avec Le Deuxième Tilleul à gauche, triomphe le « théâtre dans le théâtre », démontant les mécanismes de l’illusion. En deux actes rigoureusement parallèles et complémentaires, un homme et une femme font croire à un compagnon-spectateur (et par la même occasion se font croire à eux-mêmes) qu’ils sont maîtres des faits et gestes de leur vis-à-vis. Marionnettistes manipulés, ils mettent en avant les renversements cause-effet / effet-cause, que l’on peut appliquer aussi bien au spectacle théâtral qu’à celui de la vie.

    Car c’est bien là l’un des mérites importants de l’art de Matéi Visniec : son écriture traduit à coup sûr une parfaite maîtrise du théâtre, qui plus est du théâtre moderne, utilisant les acquis du passé pour mieux en démonter les procédés, faisant intervenir des personnages en quête d’eux-mêmes, ne se berçant pas d’illusions et ne se privant pas de faire « réfléchir » le langage scénique sur lui-même, et ainsi de faire réfléchir le spectateur sur ce qu’il voit et entend. Mais surtout, c’est de la littérature, celle qui met l’homme devant lui-même, devant ses mensonges et ses vérités : de la littérature de tous les temps.

    http://www.actes-sud.fr

  • Patchwork impressionniste

    adaniashibli3.jpgReflets sur un mur blanc

    Adania Shibli

    traduit de l'arabe (Palestine) par S. Dujols

    Actes Sud, 2004

     

     

    (par B. Longre)

     

    L'écriture de ce roman (qui se déroule en Palestine, mais qui semble comme hors du temps et de l'Histoire) repose sur une lecture intime et singulière du réel : une vision décomposée en infimes détails qui forment un réseau d'impressions visuelles, tactiles et sonores (taches de couleur, fissures, matières écaillées — un leitmotiv) où chaque sens joue un rôle bien défini. Des personnages anonymes, désignés par leur fonction sociale ou familiale, tissent un univers entropique qui enveloppe la jeune fille, pivot submergé de la narration : comme si cette dernière, impuissante, ne pouvait influer sur les événements et les êtres qui l'entourent et la malmènent, parfois involontairement.

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  • Ancré dans le réel

    yimunyol3.jpgL'île anonyme
    Yi Munyol

    Récits traduits du coréen par Ch’oe Yun et Patrick Maurus
    Actes Sud, 2003

    (par Jean-Pierre Longre)

    À la lecture de ces cinq récits, dont la composition s’étage sur une dizaine d’années (entre 1979 et 1989), on perçoit une évolution que Ch’oe Yun, l’un des traducteurs, confirme et définit dans sa préface : de l’hésitation à caractère dialectique inhérente à toute exploration de l’âme humaine par l’écriture littéraire à la nostalgie (allant jusqu’au « plaidoyer ») d’un passé et d’une tradition révolus. Mais au-delà de ces changements progressifs, l’unité du volume justifie la publication simultanée des textes qu’il contient.
    Car tout y paraît de l’ordre du réel. Les événements relatés ici, mettant en scène des personnages du peuple, socialement repérables (ouvriers, institutrice, artisan, militaire...), tournés vers un avenir incertain ou un passé idéalisé, ces événements peuvent ou ont pu se produire dans la vie quotidienne. Mais ce réel est aussi celui des limites, des frontières entre possible et impossible, certitude et incertitude, croyance et scepticisme, passé et présent, tradition et modernité, moral et immoral... Et les questions demeurent, plus lancinantes que les éventuelles et improbables réponses, non seulement dans l’esprit des personnages, mais aussi dans celui du lecteur.

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  • Aliénation

    choe1.gifPoétique de la soif
    Ch’oe Yun
    récits traduits du Coréen par l'auteure et Patrick Maurus
    Actes Sud,
    1999

    (par B. Longre)

    Dans cet ouvrage sont regroupés quatre récits écrits à différentes périodes, mais ayant pour dénominateur commun la Corée du "miracle économique" et les répercussions dévastatrices de ces changements sur l'individu et la société entière. Une tristesse ineffable semble adhérer aux êtres qui ont un profond sentiment de solitude dans des foules anonymes : ils intériorisent leurs émotions, ne parvenant pas à communiquer dans un monde clos et oppressant. Par bonheur, l'écriture ouvragée de Ch'oe Yun leur permet d'exister et de révéler leurs peurs et leurs rêves, leurs lâchetés et leurs courts bonheurs : une écriture alambiquée, une prose empreinte d'une poésie mouvementée qui illumine les récits ; la traduction sonne juste, sans maladresse, chaque mot ou chaque figure de style semblant choisi pour l'occasion.

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