Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/10/2008

Art d’Emmanuel Carrère

ecarrere.jpgUn roman russe
Emmanuel CARRÈRE
Folio n°4771, 2008

(par Frédéric Saenen)

 

Faut-il nécessairement mener une vie d’écrivain – soit digne d’intérêt au point d’être racontée – pour être écrivain ou, à l’inverse, faut-il être a priori écrivain pour saisir que tout événement qui survient est voué à devenir matériau littéraire ? C’est cette interrogation principielle, aussi insoluble sans doute que celle de l’œuf et de la poule, qu’Emmanuel Carrère approfondit, chaque fois un peu plus vertigineusement, depuis une vingtaine d’années.
L’Adversaire était à ce propos un texte des plus symptomatiques, en filigrane duquel se dressait le constat que, à la faveur d’un dramatique fait divers, la réalité avait définitivement dépassé la fiction, et que, sur le terrain du mentir-vrai, Romand avait supplanté le Roman. Le titre de l’ouvrage mériterait peut-être même d’être réévalué en ces termes, car l’écrivain semblait être tombé à son maître majuscule : le mythomane meurtrier qui, acculé à l’impératif de dévoilement, préfère dégommer un à un ses personnages en quête de mari, de fils, de père, d’amant, donc d’auteur. La réédition en format poche de Un roman russe précipite à nouveau le lecteur en plein piège, au fil d’un quinconce aussi jouissif qu’angoissant.

Lire la suite

07/10/2008

« Promenons-nous dans les bois… »

9782842303167.jpgComptines assassines de Pierre Dubois, Éditions Hoëbeke, 2008

 

(par Samia HAMMAMI)

 

Romancier, chroniqueur, scénariste, auteur de bandes dessinées, l’Ardennais Pierre Dubois est également un ami de longue date des fées, elfes, lutins et autres êtres magiques habitant nos contrées. Dans Comptines assassines, il adopte le parti, dans la lignée de son précédent opus Les contes de crimes, de revisiter, avec une plume élégante et trempée dans une noirceur opaque, les légendes de notre enfance.

Lire la suite

Le réel est mort ! Vive le réel !

artnum.jpgL’Art numérique de Christiane Paul, Thames & Hudson, 2008, nouvelle édition.

 

(par Louise Charbonnier)

 

On a cru toucher du doigt le réel. Avec la photographie, on a cru réaliser le leurre suprême de l’objectivité, de la réalité et de la vérité. On a sacrifié pour cela une part de la réalité : on a omis de souligner qu’une photographie, bien que s’approchant d’un idéal de transparence, reste un bout de papier opaque qui masque autant qu’il révèle.

Lire la suite

04/10/2008

Un été en adolescence

arton78.jpgA marée basse de Jim Lynch, traduit de l’anglais (US) par Jean Esch, éditions des 2 terres, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

« Il faut généralement plusieurs décennies pour que les gens aient une vision de l’univers, s’ils prennent la peine de le comprendre. Moi, je l’ai compris au cours d’un été délirant où je me suis retrouvé assailli par la science, la célébrité et les manifestations divines. »

 

Ainsi parle Miles, âgé de 13 ans, qui raconte son été dans les eaux de la baie de Puget Sound (Etat de Washington), où il vit.

Lire la suite